4 mars 2026

Et la joie de vivre

Je ne pensais pas qu’un livre pouvait provoquer un tel séisme intérieur. Des cauchemars, d’abord. Puis des pensées envahissantes. La sensation très nette qu’on ne sort pas indemne d’une telle lecture.

J’avais acheté ce livre après avoir entendu son autrice à La Grande Librairie puis sur France Inter et après avoir lu son interview dans ELLE. Je voulais avant tout prendre le temps de lire ses mots après l’avoir entendue raconter avec tant de calme l’ignominie qu’elle a traversée. Comprendre cette femme que je trouve profondément lumineuse.

La lecture est rude. Parce qu’il faut accepter une idée presque insoutenable : que de telles atrocités aient été commises par des hommes que l’on aurait pu croiser dans la rue. Des hommes ordinaires en apparence. Admettre aussi qu’il semble parfois ne pas exister de limite à la perversion et à la cruauté.

Et pourtant le livre est à l’image de son autrice : lumineux, digne, intensément fort.

Elle y raconte tout : l’amour immense, la confiance aveugle, puis le bourreau aux airs de mari ordinaire et la perversion de 51 inconnus. Sans jamais céder une once de place à la vulgarité, elle raconte surtout son désir de vivre et la manière dont elle est restée debout. Vacillante parfois, mais debout.

Fait étonnant : j’ai commencé ce livre dans un petit café de ma ville. Une femme d’une soixantaine d’années s’est approchée de ma table et m’a dit : « Vous avez raison de le lire en public ». J'ai beaucoup repensé à cette inconnue qui avait pris le temps de se lever pour venir me parler. Elle savait sans doute combien il est important de montrer notre solidarité. Et surtout de remettre la honte du bon côté.

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