13 octobre 2021

Frangines

Ma rencontre avec Adeline Bréau est récente avec un énorme coup de cœur pour son roman, l’odeur de la colle en pot qui m’a fait remonter le temps avec un plaisir non dissimulé...

Dans ma lancée, j'ai dévoré "frangines", l’histoire de 3 sœurs en vacances dans la propriété familiale, aussi différentes qu’attachantes, qui a su convoquer sur le banc des souvenirs tant de références  personnelles.

Le lieu d’abord : une bâtisse qu’on imagine volontiers, ouverte sur le jardin, où les gens passent, où l’on se ballade pieds-nus sur le carrelage, où l’on mange sur la terrasse à des heures tardives, où l’on prépare la plancha en buvant l’apéro. Bref, la maison de famille par excellence.

Les présentations ensuite. Mathilde, élégante, bourgeoise, un poil dirigiste, ancienne danseuse classique qui débarque de Paris avec ses deux mômes. Puis  Violette, la belle plante rousse, un peu bobo, qui s’est enfin épanouie après avoir grandi dans l'ombre de sa sœur. Enfin, Louise la cadette, infirmière libérale, restée vivre dans le coin, plus secrète, très proche de sa mère et attentive aux autres en général. Et leur mère, Jeanne, maman et mamie louve. Il y a aussi les maris, les compagnons, les ex un peu toujours dans les parages, les enfants….

Depuis l’enfance, elles vivent leurs plus belles heures dans cette maison. Sauf que cette année, les choses sont un peu bouleversés par l’absence de leur père, parti faire un bout de chemin avec la pharmacienne du village !

Comme dans toutes les familles, il y a la tendresse, les câlins, les souvenirs d’enfance et d’adolescence, avec tout ce qu’on y met de douceur, de rancœur ou de non-dit aussi. Le roman décrit fort bien la complexité de la sororité, les ambivalences des sentiments et les rôles de chacune au sein de la famille. Il montre aussi à quel point, les choses qui semblent figées, peuvent parfois évoluer au gré des aléas de la vie.

Un bon moment de lecture.

16 septembre 2021

L'odeur de la colle en pot

Est-ce parce je suis née en 1982 ? Parce qu'en 1994, je sentais poindre la complexité de l'adolescence ? Est ce parce que comme Caroline, l’héroïne, j'ai eu un sac Hervé Chapelier (pour aller à la danse) et rêvé d’être invitée à une boum  ?  Parce que je regardais assidument "la petite maison dans la prairie" et une famille en or (moins assidument heureusement) que ce livre m'a emportée ? Sans nul doute. 

En 300 pages dévorées, j'ai eu l'impression de retourner sur les bancs du collège, de faire un voyage dans le temps, dans cette  fenêtre temporelle qui va de 1990 à 1999.  C'est d’ailleurs ce qui freinera (peut-être) certains : ceux qui sont nés un peu trop tôt ou un peu trop tard et qui ne verront  dans ce récit qu'une addition de souvenirs beaucoup trop datés...

Personnellement, j’ai été épatée par la précision de l'auteur. Tout est si bien retranscrit : de nos conversations sans fin sur le téléphone familial, nos espoirs et désillusions à chaque retour à pied avec l'être chéri (parfois de façon unilatérale) jusqu'à l'odeur des chaussettes mouillées sur le radiateur de la colonie de vacances. Merci Adèle Bréau de m'avoir permis de revivre cette époque où notre découverte du monde semblait si naturelle et progressive. Oui, on n'avait pas Youtube sur un smartphone à 14 ans, ni la réponse instantanée à des questions qu'on ne se posait même pas. Mais on avançait chaque jour vers l'age adulte, bercés par des heures de cours, des rédactions de français le dimanche soir après la lecture en cachette de Jeune et Jolie et des souvenirs extras de classes de neige !

Nostalgique, moi ? Oui sans doute un peu, pas de mon adolescence en tant que telle, mais de cette époque où on s'ennuyait un peu, pour mieux apprendre à grandir doucement.




25 août 2021

Mes prochaines critiques

Trois de Valérie PERRIN

Envoyé un peu spécial de Julien Blanc GRAS

Ensemble, on aboie en silence de GRINGE

(oui, je sais, suis un peu à la bourre!)

Même les méchants rêvent d'amour

Un roman intelligent qui, sous des allures de roman léger, questionne joliment nos rapports aux êtres chers et vieillissants.  Pour nous rappeler chaque jour de leur laisser nous raconter leur passé...avant qu'ils ne soit trop tard.

Une douce lecture estivale ! 

PS : en plus, il vient d'une très chouette librairie d'Angoulème, entre deux coups de pédales vers Rochefort! 

Note : **

Modern Love

Oh qu'il fait du bien ce livre ! Recueil des chroniques du New York Times, kaléidoscope sur l'amour sous toutes ces formes, filial,  passionné, cabossé, vieillissant... Quarante-deux chapitres qui questionnent notre façon d’aimer au 21e siècle.

J'ai assurément dévoré ces chroniques de 3 ou 4 pages sans jamais être déçue. Tous les personnages sont attachants, par leur sincérité, leurs fêlures ou l'écho avec nos histoires passées. 

A lire d'urgence ! 

Note :  ***


Les demoiselles

Sur les conseils d'une bonne amie et lectrice assidue, je m'achète les Demoiselle de Anne Gaëlle Huon, auteur que j'affectionne pour ses romans "feelgood", sans critique de ma part.  D'autant que pour avoir croisé l'auteur lors d'un salon du livre et la suivre sur Instagram, j'ai une vraie tendresse pour ce qu'elle est (pimpante, nature) et pour ses stories pleines d'humour et de joie de vivre !

"Je n'ai pas pu le poser " me dit mon amie ...Cela ne sera pas vrai pour moi ! Je ne le classe pas parmi mes livres inoubliables, je ne me levais pas plus tôt le matin pour pouvoir dévorer en douce, quelques chapitres mais il m'a fait voyager dans le pays basque des années 30, à l'occasion de notre randonnée vélo!  On y découvre un monde méconnu, le petit village basque de Mauléon, l'univers coloré et festif des Demoiselles, le champagne et les plaisirs de la chair, mais aussi le monde ouvrier de ces jeunes espagnoles, les Hirondelles, qui traversaient l’Espagne pour venir travailler dans des fabriques d'Espadrilles pour quelques sous.

Le talent de Anne Gaelle Huon est dans doute cette facilité déconcertante à mixer sujets sensibles (et oh combien casse g... ) : le monde ouvrier, les violences conjugales, l'avortement, le deuil, et l'univers des cabarets parisiens et la volupté des années folles au travers des portraits de femmes puissantes, cultivées et indépendantes !  Et dans cette époque tourmentée, il est bon de parler de ces femmes libres d'il y à presque 100 ans.


Note : **

24 août 2021

Vertige Coquelicot


Petite pépite de mon été. 

70 éditoriaux compilés dans ce joli livre, plein d’intelligence, de références, d'humour. 

Nicolas Espitalier est rédacteur en chef du Mag de Sud-Ouest. C'est aussi assurément un poète, un auteur et un merveilleux observateur du monde qui nous entoure. En une centaine de pages, il nous livre un bien joli regard sur le temps qui passe, notre quotidien, en passant par nos armoires en bois, nos SMS ou nos gares!

Ça se picore, ça se savoure, ça se relit, à haute voix, c'est absolument SAVOUREUX.

A mettre entre toutes les mains pour une parenthèse de poésie.

Note : ****

Frangines

Ma rencontre avec Adeline Bréau est récente avec un énorme coup de cœur pour son roman, l’odeur de la colle en pot qui m’a fait remonter ...