Pop-corn et oreille de chien
Films à voir (ou pas) et pages papier à corner
18 juin 2026
Nos père, nos frères, nos amis. Dans la tête des hommes violents
28 mai 2026
Chère Maman. Les mères aussi peuvent être toxiques
Le pitch, c’est l’histoire d’Alix, une jeune femme à la vie accomplie : mère épanouie, mariée à un homme attentif, présent, aidant, bref, un type franchement bien, disons-le.
Côté parents, du moins côté maternel, c’est beaucoup plus compliqué. C’est en accompagnant une amie en train de perdre peu à peu sa mère qu’Alix réalise qu’elle n’a jamais connu ce type d’attachement. Cette comparaison fait remonter une question qu’elle repoussait depuis des années : pourquoi les mots de sa propre mère la blessent-ils encore autant ? Et pourquoi continue-t-elle à les encaisser ?
Les rencontres familiales sont chaque fois l’occasion de nouvelles remarques acerbes. À chaque visite, Alix anticipe, esquive, tente d’éviter l’affrontement. Mais rien n’y fait vraiment : sa mère la rattrape toujours, et avec elle cette sensation d’être diminuée, comme privée d’air.
Quand Alix voit apparaitre une grosseur au niveau de sa gorge et que les examens médicaux confirment que la situation est sérieuse, ce choc va agir comme un révélateur. Alix comprend alors que ce qu’elle supporte depuis si longtemps n’est pas seulement pénible : c’est une emprise, et cette emprise l’abîme.
Sur le plan graphique, j’ai beaucoup aimé le travail de Mlle Caroline, qui rend visible la dureté de cette mère en l’affublant d’une silhouette noire, presque menaçante, opposée à la luminosité d’Alix et des êtres bienveillants qui l’entourent.
Le résultat : un roman graphique dévoré en deux jours, avec cette idée qui reste longtemps après la lecture: oui, on peut être élevé(e) par une mère qui n’aime pas, ou qui aime mal.
18 avril 2026
Nous traverserons des orages
Une vraie merveille ! Un de ces livres qui donne envie de se réveiller plus tôt, juste pour « lire un peu », profiter de la pause dej pour quelques pages et s’impatienter de rentrer chez soi le soir pour retrouver ces personnages si attachants.
Un récit haletant de vies meurtries qui ont vu passer les guerres, d’héritages familiaux, d’amours contrariées, de secrets et de traumatismes ! Résultat : 500 pages dévorées en 5 jours.
La question majeure : que lire après tant d’émotions ?
4 mars 2026
L'île haute
Et la joie de vivre
J’avais acheté ce livre après avoir entendu son autrice à La Grande Librairie puis sur France Inter et après avoir lu son interview dans ELLE. Je voulais avant tout prendre le temps de lire ses mots après l’avoir entendue raconter avec tant de calme l’ignominie qu’elle a traversée. Comprendre cette femme que je trouve profondément lumineuse.
La lecture est rude. Parce qu’il faut accepter une idée presque insoutenable : que de telles atrocités aient été commises par des hommes que l’on aurait pu croiser dans la rue. Des hommes ordinaires en apparence. Admettre aussi qu’il semble parfois ne pas exister de limite à la perversion et à la cruauté.
Et pourtant le livre est à l’image de son autrice : lumineux, digne, intensément fort.
Elle y raconte tout : l’amour immense, la confiance aveugle, puis le bourreau aux airs de mari ordinaire et la perversion de 51 inconnus. Sans jamais céder une once de place à la vulgarité, elle raconte surtout son désir de vivre et la manière dont elle est restée debout. Vacillante parfois, mais debout.
Fait étonnant : j’ai commencé ce livre dans un petit café de ma ville. Une femme d’une soixantaine d’années s’est approchée de ma table et m’a dit : « Vous avez raison de le lire en public ». J'ai beaucoup repensé à cette inconnue qui avait pris le temps de se lever pour venir me parler. Elle savait sans doute combien il est important de montrer notre solidarité. Et surtout de remettre la honte du bon côté.
2 mars 2026
Les vivants
Ambre Chalumeau, c'est cette jeune femme pleine de peps et de charme qui anime une chronique culturelle dans Quotidien. Chaque épisode de sa chronique me séduit par sa justesse et cette envie contagieuse de lire ou de regarder tout ce qu’elle recommande.
Son premier livre, Les Vivants, raconte l’histoire de Diane, 18 ans, sur le point d'entrer en classe préparatoire littéraire. C'est l'été, les amis et les soirées sont au programme. Mais tout bascule quand son meilleur ami Simon tombe dans le coma à la suite d’une méningite.
Au chevet de ce dernier, Diane et Cora ses deux meilleurs amies, évoquent des souvenirs d’enfance, des moments de leur adolescence et leurs angoisses face à l’avenir. La mort, la séparation, ou la possibilité de se retrouver : tout cela est au cœur de leurs préoccupations. Dit ainsi ca pourrait paraitre triste voire sordide mais c'est là le coup de maitre, elle nous fait rire; et pas qu'un peu ! Le livre regorge de punchlines bien senties (j'ai mis des croix dans toutes les marges), de métaphores à la fois loufoques et profondes, et de références pointues.
En somme, le portrait plein d'humour d’une génération en proie au doute. Drôlement efficace comme thérapie !
Réviser la pharmacologie, en BD
L’intention est claire : moderniser la pédagogie, aider nos jeunes étudiants à mémoriser grâce à un support visuel des plus réussis sans concession sur la rigueur scientifique. La promesse n’est pas de simplifier excessivement, mais plutôt de proposer un autre accès à la complexité de notre discipline.
Tout est astucieux dans cet ouvrage : aussi bien la forme (une planche de BD additionnée de questions de réflexion et de quelques QCM suivis ensuite des éléments de correction) que le fond.
En termes de contenu, tous les grands domaines de la pharmacologie sont abordés : endocrinologie, infectiologie, psychiatrie, cardiologie… Sans oublier un focus particulier sur la pharmacovigilance, avec de nombreuses situations de iatrogénie. Qu’il est bon de voir médecins et pharmaciens s’allier et se creuser la cervelle pour comprendre cette constipation opiniâtre chez Monsieur I ou encore les céphalées résistantes chez ce patient migraineux. Les interactions ne sont pas épargnées : CBD, antiviraux, médicaments à marge thérapeutique étroite… Autant de situations complexes rendues accessibles grâce à des cas de la vraie vie mis en couleurs. Chaque planche a été relue, retravaillée pour arriver à ce résultat « haute couture ». Pour l’avoir (discrètement) vu s’enrichir jour après jour, cas après cas, je peux vous assurer qu’il leur en a fallu des heures de travail et de relectures pour parvenir à ce résultat.
Et parce que l’idée est de
pouvoir accompagner les étudiants tout au long de leur cursus, les auteurs
n’ont pas oublié les repères pédagogiques. Vous
retrouverez pour chaque cas, la thématique, les items de l’internat
correspondants et les compétences visées pour le parcours officinal dans un
grand tableau introductif. Il ne vous reste plus qu’à piocher en fonction de la
classe pharmacologique à réviser !
18 février 2026
L’aube sera grandiose
Parce qu’à la salle de sport, on pédale beaucoup mais qu’on parle aussi beaucoup de lectures, nous avons créé un petit club de lecteurs ! Ça s’appelle le RPM : pour Rencontre des Passionnés de Mots (pour ceux qui pratiquent le cycling, ou RMP, vous l’avez ?). On cause bouquins (ceux qu’on a aimés comme ceux qu’on a détestés, ceux qui nous font frémir ou pleurer), on fait des trocs, on se refile les livres en fin de séance.
Il y a quelque temps, notre super prof et super lectrice V m’a parlé d’un petit bijou qu’elle a dévoré. Ça s’appelle L’aube sera grandiose d’Anne-Laure Bondoux, dont j’ai déjà lu un roman.
Me voilà donc embarquée avec Nine et sa mère Titiana pour une nuit de confidences…
Le pitch est le suivant : Nine, seize ans, est embarquée un soir de fête de lycée par sa mère Titania vers un lieu tenu secret de l’adolescente. C’est une cabane isolée, au bord d'un lac. Au cours de cette nuit sans chargeur de téléphone et sans réseau (au grand dam de la jeune Nine, qui peste un peu de ne pas être avec ses copines), sa mère va lui conter l’histoire des siens et leurs secrets jusque-là enfouis. On y fait la connaissance des jumeaux Octo et Orion, et de la très libre Rose-Aimée, mais aussi de personnages ô combien attachants comme Vadim ou Jean Ba. Les quitter s’est révélé déstabilisant, tant mon attachement a été profond.
Par ailleurs, j’ai découvert que ce roman est un roman jeunesse (édité en broché chez Gallimard Jeunesse et chez Folio en poche) et qu’il a connu un beau succès auprès des ados ! Nos petits jeunes auraient-ils vraiment bon goût ?
On tourne les pages avec délectation, oscillant entre passé (le charme des années 60 jusqu’au rock and roll des années 80) et présent (et la relation intense entre Nine et sa mère), entre tendresse et vrais moments de rire (on se souviendra d’un match de foot, merveille d’humour).
Encore bravo à Anne-Laure Bondoux de nous avoir entraînés dans cette aventure familiale hors norme, et à V pour ce joli conseil littéraire.
La littérature « jeunesse », c’est aussi pour les grands, finalement !
4 janvier 2026
22 novembre 2025
Nourrices
29 octobre 2025
Il nous restera ça
Dans cet opus, conseillé par une copine, Jeanne est veuve et peine à payer les factures de sa grande maison. En deux temps trois mouvements, elle dégotte deux colocataires : Iris, jeune femme très fraîchement libérée des violences de son ex, et Théo, un jeune pâtissier sans le sou qui dort dans sa voiture mais fait des gâteaux de compétition.
Vous la voyez, la couche de chocolat Kinder ? C’est sucré, c’est fondant, presque écœurant de gentillesse, mais on y va quand même à deux pieds. La fin, c’est comme la couleur de la surprise Kinder (jaune) : totalement attendue dès le premier croc — ou plutôt dès le premier chapitre. Tout ce petit monde va s’entraider, s’épauler, se découvrir pour une happy end larmoyante.
Allez, je refais une pause de quelques mois avant le prochain… mais je suis sûre que j’en remangerai un jour.
10 septembre 2025
La vie rêvée des chaussettes orphelines
Quand elle trouve un job dans une start-up fantasque dont le but est de réunir les chaussettes orphelines, sa vie va forcément être bousculée !
En résumé : une lecture qui fait le job pour les vacances, mais qui ne m’a pas totalement convaincue.
24 juin 2025
Les lettres d’Esther de Cécile PIVOT
Mon amie D. (courageuse ou non avertie de mes exigences) se risque à m’offrir un livre pour mon anniversaire « Les lettres d’Esther ». La 4e de couverture est accrocheuse. Il est question d’un roman épistolaire dans lequel des personnages de tous horizons s’échangent des lettres manuscrites dans le cadre d’un atelier d’écriture. L’organisatrice c’est Esther, une libraire endeuillée par la mort de son père et qui souhaite rendre hommage à la correspondance précieuse qu’elle entretenait avec lui.
Résultats des courses : carton plein ! J’ai tout simplement adoré. Tous les personnages sont attachants, plein de failles et d’aspérités. Il y a Jeanne, 70 ans, en colère contre ce monde moderne ; Juliette et Nicolas un couple à la dérive, perdu face à une dépression post-partum ; Jean, l’homme d’affaires désabusé ; et Samuel (mon personnage préféré) longtemps dans l’ombre (tellement immense) d’un frère malade et qui trouve une forme de survie dans la lecture des livres préférés du disparu frangin.
Chaque participant correspond avec deux autres, se livrant peu à peu au fil des chapitres. À travers leurs lettres, ils racontent leur vie, leurs fêlures, leurs paradoxes, puis attendent, parfois fébrilement, la réponse de leurs correspondants. C’est toute la beauté de ces échanges : loin de l’immédiateté des mails ou des SMS, la lettre impose un temps d’attente, une respiration, propice à une écoute plus profonde, presque silencieuse, que l’on devine entre les lignes. Grâce à l’écriture de ces vraies lettres, celles que l’on poste puis qu’on attend, ces cabossés vont retrouver une forme d’apaisement et commencer la phase de de cicatrisation.
Un livre qui donne envie d’écrire, de coucher ses émotions sur papier comme une forme de catharsis.
Jeanne, Jean, Samuel, Nicolas, Juliette, Esther…. je ne suis pas prête de vous oublier !
Merci Delphine pour cette très belle lecture
4 juin 2025
Les secrets de la femme de ménage (tome 2) (ou l'effet PRINGLES)
Quelques éléments de contexte : je viens de finir la femme de ménage (tome 1) avec l'impression étrange d'un paquet de Pringles, vite englouti et sans plaisir. Le problème des chips, on le connait: c'est gras, c’est salé, tu remets la main dedans et tu regrettes après, te jurant que jamais plus ...
Sauf que quelques jours plus tard, nous partons à Londres l’amoureux et moi. Je n'ai pas acheté de livre avant de partir, la gare du Limoges regorge de propositions. Que vois-je ? La 2e boite de Pringles (celui à la couverture rouge) me tend les bras. Un peu affamée, j'ai re-craqué et j'ai re-regretté.
Pour ma défense, j'ai attaqué en français, puis j'ai acheté la version anglaise en arrivant à Londres et terminé en VO !
Conclusion : c'est excessivement facile à lire (y compris en anglais) c'est archi mal traduit : "a cube of lamb", traduit par "un cube d’agneau" ("morceau" ça devait être trop compliqué). C'était l’avantage d'avoir les deux versions, j'ai pu vérifier les traductions.
Quant à l'histoire, elle est encore plus bête que dans le premier.
Cette fois, c'est terminé. Adieu chips ...je retourne à des plaisirs plus sains.
Nos père, nos frères, nos amis. Dans la tête des hommes violents
Je crois que je suis dans une lancée. Après le livre autour de Gisèle Pélicot, qui m’a littéralement laissée à terre, j’ai enchaîné avec ...
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Mais qu'allais-je donc faire dans cette galère ? Quelques éléments de contexte : je viens de finir la femme de ménage (tome 1) avec l...
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Ceux qui me connaissent un peu savent que m’offrir un livre n’est pas facile. Je suis peu éclectique, certains diront un poil chiante ! Je l...
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Alice a quitté les États-Unis pour recommencer à zéro à Paris. Planquée dans son appart avec son chat David, elle enchaîne insomnies, TOC et...




