Pop-corn et oreille de chien
Films à voir (ou pas) et pages papier à corner
4 mars 2026
L'île haute
Et la joie de vivre
J’avais acheté ce livre après avoir entendu son autrice à La Grande Librairie puis sur France Inter et après avoir lu son interview dans ELLE. Je voulais avant tout prendre le temps de lire ses mots après l’avoir entendue raconter avec tant de calme l’ignominie qu’elle a traversée. Comprendre cette femme que je trouve profondément lumineuse.
La lecture est rude. Parce qu’il faut accepter une idée presque insoutenable : que de telles atrocités aient été commises par des hommes que l’on aurait pu croiser dans la rue. Des hommes ordinaires en apparence. Admettre aussi qu’il semble parfois ne pas exister de limite à la perversion et à la cruauté.
Et pourtant le livre est à l’image de son autrice : lumineux, digne, intensément fort.
Elle y raconte tout : l’amour immense, la confiance aveugle, puis le bourreau aux airs de mari ordinaire et la perversion de 51 inconnus. Sans jamais céder une once de place à la vulgarité, elle raconte surtout son désir de vivre et la manière dont elle est restée debout. Vacillante parfois, mais debout.
Fait étonnant : j’ai commencé ce livre dans un petit café de ma ville. Une femme d’une soixantaine d’années s’est approchée de ma table et m’a dit : « Vous avez raison de le lire en public ». J'ai beaucoup repensé à cette inconnue qui avait pris le temps de se lever pour venir me parler. Elle savait sans doute combien il est important de montrer notre solidarité. Et surtout de remettre la honte du bon côté.
2 mars 2026
Les vivants
Ambre Chalumeau, c'est cette jeune femme pleine de peps et de charme qui anime une chronique culturelle dans Quotidien. Chaque épisode de sa chronique me séduit par sa justesse et cette envie contagieuse de lire ou de regarder tout ce qu’elle recommande.
Son premier livre, Les Vivants, raconte l’histoire de Diane, 18 ans, sur le point d'entrer en classe préparatoire littéraire. C'est l'été, les amis et les soirées sont au programme. Mais tout bascule quand son meilleur ami Simon tombe dans le coma à la suite d’une méningite.
Au chevet de ce dernier, Diane et Cora ses deux meilleurs amies, évoquent des souvenirs d’enfance, des moments de leur adolescence et leurs angoisses face à l’avenir. La mort, la séparation, ou la possibilité de se retrouver : tout cela est au cœur de leurs préoccupations. Dit ainsi ca pourrait paraitre triste voire sordide mais c'est là le coup de maitre, elle nous fait rire; et pas qu'un peu ! Le livre regorge de punchlines bien senties (j'ai mis des croix dans toutes les marges), de métaphores à la fois loufoques et profondes, et de références pointues.
En somme, le portrait plein d'humour d’une génération en proie au doute. Drôlement efficace comme thérapie !
Réviser la pharmacologie, en BD
L’intention est claire : moderniser la pédagogie, aider nos jeunes étudiants à mémoriser grâce à un support visuel des plus réussis sans concession sur la rigueur scientifique. La promesse n’est pas de simplifier excessivement, mais plutôt de proposer un autre accès à la complexité de notre discipline.
Tout est astucieux dans cet ouvrage : aussi bien la forme (une planche de BD additionnée de questions de réflexion et de quelques QCM suivis ensuite des éléments de correction) que le fond.
En termes de contenu, tous les grands domaines de la pharmacologie sont abordés : endocrinologie, infectiologie, psychiatrie, cardiologie… Sans oublier un focus particulier sur la pharmacovigilance, avec de nombreuses situations de iatrogénie. Qu’il est bon de voir médecins et pharmaciens s’allier et se creuser la cervelle pour comprendre cette constipation opiniâtre chez Monsieur I ou encore les céphalées résistantes chez ce patient migraineux. Les interactions ne sont pas épargnées : CBD, antiviraux, médicaments à marge thérapeutique étroite… Autant de situations complexes rendues accessibles grâce à des cas de la vraie vie mis en couleurs. Chaque planche a été relue, retravaillée pour arriver à ce résultat « haute couture ». Pour l’avoir (discrètement) vu s’enrichir jour après jour, cas après cas, je peux vous assurer qu’il leur en a fallu des heures de travail et de relectures pour parvenir à ce résultat.
Et parce que l’idée est de
pouvoir accompagner les étudiants tout au long de leur cursus, les auteurs
n’ont pas oublié les repères pédagogiques. Vous
retrouverez pour chaque cas, la thématique, les items de l’internat
correspondants et les compétences visées pour le parcours officinal dans un
grand tableau introductif. Il ne vous reste plus qu’à piocher en fonction de la
classe pharmacologique à réviser !
18 février 2026
L’aube sera grandiose
Parce qu’à la salle de sport, on pédale beaucoup mais qu’on parle aussi beaucoup de lectures, nous avons créé un petit club de lecteurs ! Ça s’appelle le RPM : pour Rencontre des Passionnés de Mots (pour ceux qui pratiquent le cycling, ou RMP, vous l’avez ?). On cause bouquins (ceux qu’on a aimés comme ceux qu’on a détestés, ceux qui nous font frémir ou pleurer), on fait des trocs, on se refile les livres en fin de séance.
Il y a quelque temps, notre super prof et super lectrice V m’a parlé d’un petit bijou qu’elle a dévoré. Ça s’appelle L’aube sera grandiose d’Anne-Laure Bondoux, dont j’ai déjà lu un roman.
Me voilà donc embarquée avec Nine et sa mère Titiana pour une nuit de confidences…
Le pitch est le suivant : Nine, seize ans, est embarquée un soir de fête de lycée par sa mère Titania vers un lieu tenu secret de l’adolescente. C’est une cabane isolée, au bord d'un lac. Au cours de cette nuit sans chargeur de téléphone et sans réseau (au grand dam de la jeune Nine, qui peste un peu de ne pas être avec ses copines), sa mère va lui conter l’histoire des siens et leurs secrets jusque-là enfouis. On y fait la connaissance des jumeaux Octo et Orion, et de la très libre Rose-Aimée, mais aussi de personnages ô combien attachants comme Vadim ou Jean Ba. Les quitter s’est révélé déstabilisant, tant mon attachement a été profond.
Par ailleurs, j’ai découvert que ce roman est un roman jeunesse (édité en broché chez Gallimard Jeunesse et chez Folio en poche) et qu’il a connu un beau succès auprès des ados ! Nos petits jeunes auraient-ils vraiment bon goût ?
On tourne les pages avec délectation, oscillant entre passé (le charme des années 60 jusqu’au rock and roll des années 80) et présent (et la relation intense entre Nine et sa mère), entre tendresse et vrais moments de rire (on se souviendra d’un match de foot, merveille d’humour).
Encore bravo à Anne-Laure Bondoux de nous avoir entraînés dans cette aventure familiale hors norme, et à V pour ce joli conseil littéraire.
La littérature « jeunesse », c’est aussi pour les grands, finalement !
4 janvier 2026
22 novembre 2025
Nourrices
29 octobre 2025
Il nous restera ça
Dans cet opus, conseillé par une copine, Jeanne est veuve et peine à payer les factures de sa grande maison. En deux temps trois mouvements, elle dégotte deux colocataires : Iris, jeune femme très fraîchement libérée des violences de son ex, et Théo, un jeune pâtissier sans le sou qui dort dans sa voiture mais fait des gâteaux de compétition.
Vous la voyez, la couche de chocolat Kinder ? C’est sucré, c’est fondant, presque écœurant de gentillesse, mais on y va quand même à deux pieds. La fin, c’est comme la couleur de la surprise Kinder (jaune) : totalement attendue dès le premier croc — ou plutôt dès le premier chapitre. Tout ce petit monde va s’entraider, s’épauler, se découvrir pour une happy end larmoyante.
Allez, je refais une pause de quelques mois avant le prochain… mais je suis sûre que j’en remangerai un jour.
10 septembre 2025
La vie rêvée des chaussettes orphelines
Quand elle trouve un job dans une start-up fantasque dont le but est de réunir les chaussettes orphelines, sa vie va forcément être bousculée !
En résumé : une lecture qui fait le job pour les vacances, mais qui ne m’a pas totalement convaincue.
24 juin 2025
Les lettres d’Esther de Cécile PIVOT
Mon amie D. (courageuse ou non avertie de mes exigences) se risque à m’offrir un livre pour mon anniversaire « Les lettres d’Esther ». La 4e de couverture est accrocheuse. Il est question d’un roman épistolaire dans lequel des personnages de tous horizons s’échangent des lettres manuscrites dans le cadre d’un atelier d’écriture. L’organisatrice c’est Esther, une libraire endeuillée par la mort de son père et qui souhaite rendre hommage à la correspondance précieuse qu’elle entretenait avec lui.
Résultats des courses : carton plein ! J’ai tout simplement adoré. Tous les personnages sont attachants, plein de failles et d’aspérités. Il y a Jeanne, 70 ans, en colère contre ce monde moderne ; Juliette et Nicolas un couple à la dérive, perdu face à une dépression post-partum ; Jean, l’homme d’affaires désabusé ; et Samuel (mon personnage préféré) longtemps dans l’ombre (tellement immense) d’un frère malade et qui trouve une forme de survie dans la lecture des livres préférés du disparu frangin.
Chaque participant correspond avec deux autres, se livrant peu à peu au fil des chapitres. À travers leurs lettres, ils racontent leur vie, leurs fêlures, leurs paradoxes, puis attendent, parfois fébrilement, la réponse de leurs correspondants. C’est toute la beauté de ces échanges : loin de l’immédiateté des mails ou des SMS, la lettre impose un temps d’attente, une respiration, propice à une écoute plus profonde, presque silencieuse, que l’on devine entre les lignes. Grâce à l’écriture de ces vraies lettres, celles que l’on poste puis qu’on attend, ces cabossés vont retrouver une forme d’apaisement et commencer la phase de de cicatrisation.
Un livre qui donne envie d’écrire, de coucher ses émotions sur papier comme une forme de catharsis.
Jeanne, Jean, Samuel, Nicolas, Juliette, Esther…. je ne suis pas prête de vous oublier !
Merci Delphine pour cette très belle lecture
4 juin 2025
Les secrets de la femme de ménage (tome 2) (ou l'effet PRINGLES)
Quelques éléments de contexte : je viens de finir la femme de ménage (tome 1) avec l'impression étrange d'un paquet de Pringles, vite englouti et sans plaisir. Le problème des chips, on le connait: c'est gras, c’est salé, tu remets la main dedans et tu regrettes après, te jurant que jamais plus ...
Sauf que quelques jours plus tard, nous partons à Londres l’amoureux et moi. Je n'ai pas acheté de livre avant de partir, la gare du Limoges regorge de propositions. Que vois-je ? La 2e boite de Pringles (celui à la couverture rouge) me tend les bras. Un peu affamée, j'ai re-craqué et j'ai re-regretté.
Pour ma défense, j'ai attaqué en français, puis j'ai acheté la version anglaise en arrivant à Londres et terminé en VO !
Conclusion : c'est excessivement facile à lire (y compris en anglais) c'est archi mal traduit : "a cube of lamb", traduit par "un cube d’agneau" ("morceau" ça devait être trop compliqué). C'était l’avantage d'avoir les deux versions, j'ai pu vérifier les traductions.
Quant à l'histoire, elle est encore plus bête que dans le premier.
Cette fois, c'est terminé. Adieu chips ...je retourne à des plaisirs plus sains.
1 juin 2025
La femme de ménage
Mon amie S. m'ayant gentiment prêté l'objet des débats et bien décidée à me faire ma propre opinion, je démarre ma lecture un samedi après-midi.
Commençons par les personnages. Il y a donc Millie, la fameuse femme de ménage. Mince, tonique et souriante. Seule ombre au tableau, elle sort de dix ans de prison, visiblement pas trop ravagée (la cantine de la prison devait être healthy). La recherche d'un job s'annonce difficile avec un CV pareil. Fort heureusement, elle est embauchée chez une bourgeoise new-yorkaise frappadingue et empâtée (c'est important). La foldingue est étonnamment affublée d'un mari parfait et sexy. Oui, globalement les hommes sont tous sexys chez Freida Mc Fadden. La bourgeoise est terriblement méchante avec Millie et lui mène la vie dure, l'obligeant à coucher au grenier. Heureusement que gentil mari est très très à l'écoute. Et puis il y a aussi Enzo, le jardinier italien, musclé (pas parce qu'il fait du crossfit, non, parce qu'il ratisse beaucoup et porte des sacs de terreau). Enzo ne parle pas beaucoup (il a du mal avec l'anglais) mais son corps parle de lui-même; Enzo porte toujours des t-shirt très moulants qui laissent voir, sueur oblige, ses abdominaux.
Voila, on en est là niveau personnages.
Niveau écriture, c'est effarant de pauvreté stylistique. "Parfois, les secrets qu'on cache sont les chaînes qui nous retiennent prisonniers, jusqu'à ce qu'on ait le courage de les affronter." Ou est-ce la traduction qui est catastrophique ? (nous en reparlerons).
Niveau scénario, il faut attendre la moitié du livre pour le twist tant attendu, qui donne enfin un peu de peps à cette pénible lecture. Les dernières pages nous en offrent un second (peut être le plus malin) pour rassurer le lecteur d'être arrivé jusque là.
Reste à savoir pourquoi (et comment) je l'ai terminé en une soirée, lisant à haute voix à mon mec (affligé) les paragraphes les plus savoureux. Morceaux choisis : "Ma robe est encore remontée sur mes cuisses. Cette satanée robe, c'est elle qui a causé tous mes problèmes !" ou encore "La sueur dessine un V sur son t-shirt qui lui colle à la peau et met en valeur chacun de ses muscles". Et lors d'une étreinte torride "ça faisait si longtemps que j'avais peur qu'il ne doive m'enlever les toiles d'araignée" (sic).
Et encore plus mystérieux, comment j'ai pu acheter le second ? J'ai encore du mal à l'expliquer.
Bref, c'est navrant, passez votre tour ...sauf à la rigueur pour ricaner avec les copines d'avoir lu une daube pareille.
La dernière allumette
Déjà conquise par l’écriture efficace de Marie Vareille découverte dans « désenchantées », je lorgnais depuis plusieurs mois sur son petit dernier « la dernière allumette ». Sa sortie en poche m’a donné enfin l’occasion de le lire.
Et quelle bonne surprise! J’ai été happée par ce livre d’utilité publique qui nous emporte avec une intrigue très bien fichue et un twist final des plus mémorables.
Mais comment en parler sans divulgacher ? Simplement vous dire que le roman traite avec énormément de justesse des violences conjugales et domestiques, explorées à travers le vécu de celles et ceux qui les subissent. En donnant la parole à différents personnages et en naviguant entre passé et présent grâce au journal intime d’Abigaëlle, Marie Vareille dévoile peu à peu l’impact profond et durable de ces traumatismes sur des enfants marqués à jamais, dont l’innocence s’efface au fil des pages.
La fin est particulièrement belle et originale ; la preuve, j’ai fini en larmes dans un TER bondé, entourée de vacanciers un peu surpris de me voir si émue.
22 février 2025
Il faudra bien redescendre
Tout d'abord merci à Babelio et l’opération masse critique pour l'envoi de ce recueil de nouvelles.
L'auteur (Bertrand Runtz) y explore l'âme humaine dans toute sa complexité : ses contradictions, ses désirs, ses élans et ses silences.
D'abord sceptique…j'avoue avoir eu un peu de mal à entrer dans les premières nouvelles auxquelles je trouvais un goût d'inachevé.
Pourtant, à mesure que les pages se tournaient, quelque chose s'est imposé : une justesse, une émotion sourde.
Certaines nouvelles m'ont particulièrement touchée (« chez papa », « l'amour est une souris qui ronge mon coeur » ou « une vie à l'ombre ») par leur capacité à saisir ces moments fugaces où tout bascule sans bruit. À certains égards, ce livre m'a rappelé le génial « à quoi songent ceux que le sommeil fuit » de Gaelle Josse : la même attention portée aux détails, la même façon de donner voix aux âmes discrètes, à ces existences en équilibre.
Finalement, ce recueil est une bien belle surprise. Il ne cherche pas à séduire immédiatement, mais s'ancre nous, doucement, avec ces histoires d'humains un peu cabossés qui rêvent de s'extraire d'une réalité morose.
L'île haute
Le livre à offrir aux amoureux de la montagne et de littérature...dont je fais partie. Au détour d'un passage dans une petite librairie ...
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Ceux qui me connaissent un peu savent que m’offrir un livre n’est pas facile. Je suis peu éclectique, certains diront un poil chiante ! Je l...
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