18 juin 2026

Nos père, nos frères, nos amis. Dans la tête des hommes violents


Je crois que je suis dans une lancée. 

Après le livre autour de Gisèle Pélicot, qui m’a littéralement laissée à terre, j’ai enchaîné avec "Les hommes manquent de courage", de Mathieu Palain puis "Nos pères, nos frères, nos amis. Dans la tête des hommes violents". Et là encore, j’ai été profondément déstabilisée. 

Pourquoi cette thématique prend elle autant de place, en ce moment, dans mes choix littéraires ? Sans doute parce que j’ai envie de comprendre. Parce que ces sujets me bouleversent, mais aussi parce que j’apprécie le regard de Mathieu Palain. Je le trouve sensible, attentif, à l’écoute. Récemment, il m’avait déjà emmenée dans une histoire de femme cabossée, celle de Jessie et de son fils Marco : leurs silences, leurs incompréhensions, leur vie heurtée. 

 Avec ce nouveau livre, une question s’impose : qui sont ces hommes qui abîment, qui détruisent ? Mathieu Palain propose une enquête passionnante portée par son regard de journaliste, mais aussi par une implication plus intime. C’est en interrogeant les femmes qui l’entourent (mère, sœurs...) qu’il découvre qu’elles ont toutes été confrontées, d’une manière ou d’une autre, à des violences sexistes et sexuelles. 

À la suite de son podcast Les hommes violents, diffusé en 2019 sur France Culture, dans lequel il s’immergeait dans un groupe de parole, il a donc poursuivi son enquête. Il recueille de nouveaux témoignages, laissant au lecteur le droit de découvrir les différents points de vue, de bousculer certains poncifs en écoutant  les agresseurs.  En discutant avec ces hommes, il tisse leurs histoires, essaie de comprendre ce qui nourrit leur "virilité mal placée"...et s'interroge sur sa propre virilité. Qu'est ce qu'être un homme bien ? Grande question !

Ce livre m’a remuée. À chaque page, je remerciais le ciel de ne pas être directement concernée et avec la certitude de vivre avec un type bien (il se reconnaitra !). 

Mais cette gratitude était traversée par une autre certitude, plus sombre : autour de moi, elles sont probablement nombreuses. Silencieuses. Invisibles. Et c’est peut-être pour cela que cette lecture m’a autant marquée. Parce qu’elle rappelle que les violences ne sont pas toujours loin, pas toujours spectaculaires, pas toujours nommées.

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