Ca pourrait être inintéressant et creux, c'est superbe tant c'est triste et déprimant : de vacuité, de répétitions de renoncement. Emannuelle Devos incarne avec une grâce absolue cette femme dont les rêves se dissipent quasi heure par heure, entre banalités et faux-semblants. On suit avec énormément d'émotion cette femme qui cherche une raison d'être et on en sort ému et chamboulé.
19 octobre 2013
La vie domestique
Oh que c'est inquiétant, triste mais oh que c'est réussi. L'histoire se déroule sur 24h : 24 heures d'une vie de femme qui voit ses rêves se craqueller, celle de Juliette 40 ans mariée à Thomas, proviseur dans un lycée. Juliette et Thomas déménagent dans une banlieue pavillonaire gentiment bourgeoise. Tous les pavillons s'y ressemblent, toutes les familles qui y habitent se ressemblent aussi. Juliette croise le chemin de 3 femmes au foyer (Natacha Reigner, Elena Noguerra et Julie Ferrier) confrontées au même quotidien: enfants, courses, cafés (le choix de la capsule nespresso est épatant de cynisme), sorties d'école, dîners.
15 octobre 2013
Parkland
Pas convaincue par ce film un peu creux.
Pourtant, les critiques sont élogieuses évoquant un film malin, bien mené, rigoureux. Mouais : bof !
S'il est vrai que le postulat de départ est plutot intéressant : la théorie du complot sur l'assassinat de Kenedy, le résultat l'est beaucoup moins. C'est sans originalité, sans frisson, sans vague. Le faits se suivent, historiquement, minutes après minutes, avec une précision certaine; la théorie conspirationniste se profile jusqu'à un dénouement plat. Cela dure à peine 1h30 : elles m'ont paru infiniment plus longues que les sublimes 3 heures de la vie d'adele.
NB: Allez-y accompagné(e) d'une épaule chaleureuse.
14 octobre 2013
La vie d'Adèle, chapitres 1 et 2
Ovni cinématographique. Bouleversant, magnifique, incomparable. A voir ÉVIDEMMENT.
8 octobre 2013
Les gens heureux lisent et boivent du café
Pas époustouflantes mais accrocheuses (le titre l'est déjà pas mal!) que ces 250 pages. Une écriture ultra basique, des personnages attachants, quoiqu'un peu superficiels pour une histoire d'amour gentiment tarte.
Diane a perdu mari et enfant dans un accident de voiture, il y a plus d'un an et ne parvient pas à sortir la tête de l'eau. Elle erre dans un appart, plein de souvenirs, n'a pas repris son boulot (son café librairie, tiens, tiens!) ni de vie sociale. Sur un coup de tête, un doigt sur une carte d'Europe, la voici partie pour un village d'Irlande. La bas, elle y rencontrera un couple, propriétaire d'une petite pension dans laquelle elle va petit à petit, se reconstruire, un irlandais taiseux et bourru, la plage, la pluie, la bière brune, les précipices, le vertige...
Le gros problème, c'est l'abondance de clichés et autres facilités, notamment sur les rapports entre Diane et Edward et sur les rapports humains en général et un manque d'épaisseur, de questionnements. La dernière partie fait même un peu téléfilm de Noël.
Néanmoins, l'ensemble reste plaisant, idéal pour les vacances, le train (en 2 heures, c'était plié) ou un week-end pluvieux.
Parait que les droits ont été rachetés pour le cinéma: faut dire que la comédie romantique entre la veuve frenchie et le marin sous les embruns irlandais, y a matière!
En lien, ou comment elle s'est faite e-éditer: http://www.metronews.fr/culture/agnes-martin-lugand-l-incroyable-succes-de-son-livre-les-gens-heureux-lisent-et-boivent-du-cafe/mmfp!MDZjSvA9TOb5M/
En lien, ou comment elle s'est faite e-éditer: http://www.metronews.fr/culture/agnes-martin-lugand-l-incroyable-succes-de-son-livre-les-gens-heureux-lisent-et-boivent-du-cafe/mmfp!MDZjSvA9TOb5M/
4 octobre 2013
Le chemin de l'école
Magnifique.
Vu deux fois en l'espace d'une semaine...dès les premieres images, j'etais déjà allègrement conquise malgré une VF et un sous-titrage télétexte pour sourds et muets imprévu. Mais à la deuxième projection, en version originale cette fois ci, j'ai été littéralement emportée.
Des kilomètres à parcourir chaque matin, pendant des heures sur des pistes pleines d'animaux sauvages, des chemins escarpés du Haut-Atlas marocain, des routes sablonneuses indiennes pour ces enfants des 4 coins du monde. Pendant une heure et quart de pure émotion, on suit à la trace ces gamins qui, chaque matin affrontent la nature. Pourquoi? Pour, ce qui pour nous, ressemble à quelques heures d'école mais qui pour eux sont les premières marches vers l'avenir. Ils ont plein de rêves ces enfants là : Jackson et sa petite soeur (véritable petite ombre), Samuel et ses deux frangins, Carlito et son cheval, et les trois petites marocaines.
Tout est si sensible dans ce film-documentaire, à voir (en VO) à tout âge, ne serait-ce que pour le sourire de la soeur de Carlito lorqu'elle conduit le cheval!!
Mon âme par toi guérie
J'ai du mal a retranscrire ce que m'a procure ce film...un mélange de douceur et de brutalité
1 octobre 2013
Le majordome
Un petit peu décue par ce soit-disant chef d'oeuvre, en course pour les Oscars. L'histoire d'un noir, majordome de la Maison Blanche qui a vu passer, servi, écouté sans jamais trahir les secrets du gouvernement américain. Certes, tout y est: un grand acteur, une fresque pleine d'émotions, beaucoup d'Histoire. Faut croire ca ne m'a pas suffit... Le côté un peu trop "american movie", trop lisse, trop travaillé rend le tout un peu indigeste. La condition noire y est bien dépeinte, l'évolution lente des mœurs et ses répercussions actuelles aussi, mais je m'attendais à 2h de grand cinéma, à sortir chamboulée. Ce ne fut pas vraiment le cas.
Ceci dit, ca reste une belle fresque sur la ségrégation noire américaine et rien que pour ca, allez-y!
26 septembre 2013
Blue Jasmine
Tout ce que j'aime chez Woody: de l'humour, du sombre, de l'amer, New-York , San Fransisco.
Cate Blanchet est extraordinaire, de naturel.
Cate Blanchet est extraordinaire, de naturel.
25 septembre 2013
Elle s'en va
Carrément réussi. Sur le papier, rien de grandiloquent, ni de très enthousiasmant. L'histoire d'une femme a l'aube de la soixantaine, qui, après avoir appris que son amant s'est amouraché d'une jeunette décide d'aller faire un tour de pâte de maison au volant de sa voiture.
Sauf que le tour du quartier se transforme en road trip, parsemé de rencontres improbables, situations tantôt cocasses, tantôt tendres.
C'est Catherine Deneuve qui incarne avec énormément de talent, cette Bettie, encombrée d'une mère omniprésente, d'une fille fuyante et d'un petit fils inconnu. J'ai aime la simplicité qui se dégage de cette aventure humaine, cette manière de filmer la réconciliation avec elle même et les siens. Je le redis: carrément réussi.
20 septembre 2013
Gare du Nord
Gare du Nord est un film déroutant tant par sa forme (semi-documentaire),
son propos, et la présence quasi réelle de ses personnages, incarnés
notamment par Nicole Garcia et Reda Kateb. Il est un étudiant en sociologie qui fait
sa thèse sur un univers qui le fascine: la gare. Et pas n'importe
laquelle, la Gare du Nord, où se croisent des inconnus, des habitués,
des voyageurs, des travailleurs, des personnages en errance. Les gens
qui s'y croisent, se cherchent, souffrent, explorent...Elle est
Mathilde, prof de fac, un peu en souffrance dont on ne saura finalement
pas grand chose . Dans l'enceinte de cette gare, ils vont tomber amoureux puis se chercher (au sens
propre et figuré). C'est une atmosphère étrange que le réalisateur parvient à retranscrire avec
grâce, une sorte d' immersion totale dans un monde agité.
A la sortie , une des spectatrices s'est approchée de moi puis m'a
raccompagnée à mon vélo, et m'a confié : c'était déroutant mais bien,
non? Oui, c'est exactement ça !
14 septembre 2013
Vivement l'avenir
L'auteur de "la tête en friche" et de "bon rétablissement" m'a régalée avec ce troisième opus! De ces livres contemporains sur des êtres bancals et attendrissants. L'histoire c'est celle d'Alex et Cédric, deux trentenaires paumés, qui vivent dans une ville grisâtre. Jusque-là, rien de bien attirant. Alex, bosse à l'usine (elle retourne des oeufs), c'est une nana qui ne veut pas vraiment en être une, allure de petit mec, indépendante jusqu'au bout des cheveux (qu'elle a coupés à la garçonne). Cédric, 28 ans, se cherche un avenir et passe beaucoup de temps avec son pote Olivier, qui rêve de construire un barrage à coup de lancer de canettes.
Ces personnages en marge, vont s'unir autour de Gérard, alias Roswell, être oh combien attachant. Je n'en dis pas plus, juste que c'est écrit avec beaucoup de justesse, d'humour souvent, des mots choisis pour dépeindre une tranche de solidarité au sein d'une société qui ne va pas très bien. A chaque chapitre, on se dit, allez encore un...juste parce que c'est bon de croire en l'être humain.
PS: Mico, j'attends ton avis :)
4 septembre 2013
Grand départ
Mitigée une fois de plus.
L'idée de départ, bien que pas très originale est intéressante et de fort potentiel émotionnel! Deux frères différents, jamais sur la même longueur d'onde sont confrontés à la démence de leur père. Le personnage central c'est Romain, le petit frère: Pio Marmaï, hétéro/célibataire, cadre, brillant, bosseur et pourtant mal dans ses pompes; en face de lui, Luc, un aîné emblématique (Jeremy Elkaïm) plus cynique, d'humeur aléatoire, homo assumé, aux reflexions acides. Lorsqu'on diagnostique a leur père (Eddy Mitchel) une démence à corps de Lévy, celui-ci entre dans un institut spécialisé . Le placement de ce grand mélomane, à la personnalité étouffante est alors l'occasion pour les deux frangins de laisser exploser les non-dits, jalousies et rancœurs; et surtout l'occasion pour Romain de trouver une forme d'apaisement.
C'est doux-amer, parfois drôle, caustique (cf. le choix d'un cercueil eco-citoyen) parfois incroyablement réaliste mais pas tout a fait abouti. Comme un manque de "prise aux tripes" ...
Tirez la langue, Mademoiselle
J'hésite, je doute...S'agit-il d'une bouse entrecoupée d'instants de grâce absolue ou d'un bijou de sensibilité troublé par quelques scènes incompréhensibles et dialogues faiblards ? J'ai laissé passer plusieurs heures, et finalement je retiens une film atypique, décalé, à la fois gracieux et désuet.
Le pitch: deux frères Boris et Dimitri Pizarnik, médecins, (Laurent Stocker et Cédric
Kahn) officient ensemble dans un cabinet du 13e (que j'ai pris pendant tout le film pour une banlieue de Paris, jamais nommée). Ils habitent l’un en face
de l’autre, soignent en binôme, pansent en duo. Arrive Judith, sublime Louise Bourgoin, une barmaid qui élève seule sa fille diabétique, dont ils vont tomber amoureux...en tandem.
Dès les premières scènes, ce qui m'a tout de suite frappée, c'est le travail de la lumière : des néons du Franprix, aux fenêtres illuminées d'un Paris jamais endormi, j'ai adoré la beauté de ces atmosphères nocturnes, comme pour mieux refléter les âmes sombres de nos héros. Par ailleurs, l'image a une belle texture, comme d'un autre temps, un peu années 70. Les acteurs sont en place, Louise Bourgoin, toute en grâce et retenue, Laurent Stocker, grand timide et Cédric Khan, ténébreux.
Le problème, c'est qu'il y a tout de même quelques inepties et dialogues étranges. Quel ado de 17 ans épileptique est traité de nos jour par phénobarbital ? Et puis, ces deux médecins qui consultent ensemble, j'ai du mal...Ou encore une consultation dans une chambre d’hôtel qui manque totalement d'examen clinique.
Et puis, en sortant, je pestais contre cette volonté de tout suggérer: on ne montre pas le frère alcoolique qui boit mais on le voit pointer aux AA, on ne montre pas les frangins se déchirer pour Judith, et encore moins les amants s'aimer... Puis finalement, après réflexion c'est plutôt malin et élégant.
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