25 janvier 2018

Ami-Ami

Ca fleurait bon la comédie romantique (c'est même marqué sur l'affiche), exercice ô combien délicat puisque comme son nom l'indique il faut que ce soit drôle et qu'on croit à l'amour entre les personnages. Ici c'est une sorte de mi-com' mi'rom !
Dès les premières minutes, les règles sont fixées, pas de sexe pas d'embrouilles, juste deux amis, parisiens trentenaires, qui emménagent ensemble. Vincent et Néféli signent pour une coloc'. C'est sans compter sur la rencontre inattendue de Vincent au détour d'une allée de PQ du supermarché du coin, avec une jeune interne en médecine,  Julie , alors qu’il avait juré de ne plus tomber amoureux. 
S'enchaînent cachotterie, quiproquos, imbroglios entre les 3 personnages jusqu'à l'affrontement final (féroce... à coup de frigidaire).
C'est plutôt moins bien qu'annoncé par les critiques ("rythmé", "cocasse", "bien ficelé") mais  non désagréable, court et plutôt pas trop mal interprété (y compris pour les personnages secondaires). Et, même si je n'ai jamais ri aux éclats, j'avoue que certaines scènes sont cocasses.
Quant au romantisme,  oui, à coup d'échanges de photos de poney par messenger ("Nous vivons une époque moderne" dirait Philippe Meyer). Retenons une jolie phrase  de Vincent:  j"e t'aime et j'ai envie de vivre le nul, le moyen et le bien avec toi..." et c'est peut être ça au fond l'amour.
A voir éventuellement sous un plaid avec une copine et une verveine! 
Un petit 13/20!

22 janvier 2018

Les loyautés

Moins saisissant que "d'après une histoire vraie", moins émouvant (sans doute car non autobiographique) que "rien ne s'oppose à la nuit", le dernier Delphine de Vigan  m'a rappelé ses précédents ouvrages : "No et Moi", "les heures souterraines" sur des problématiques de société, familiales, avec des personnages attachants dans leur solitudes et leurs angoisses. On y parle de dépendance, d'adolescence, de cette sortie complexe de l'enfance et de sa légereté de parents désemparés...comme toujours avec DdV, on s'attache, on tourne les pages et on en ressort troublé(e).
Un beau roman actuel englouti dans le train. 

26 décembre 2017

La vie est facile ne t'inquiète pas !

 La suite de "les gens heureux lisent et boivent du café" 
Soyons honnête, ce n'est nullement de la grande littérature (est-ce même de la littérature (?), le débat est lancé!). C'est même ce que certains appellent un roman de gare ou roman de midinettes. Ça tombe bien, je l'ai lu dans le train et ce fut d'une légèreté sans nom ! C'est cousu de fil blanc, ca regorge de clichés un peu faciles, mais on se laisse bercer par cette histoire d'amour et cette tendresse filiale.
PS: moi aussi je veux un Edward, barbu, bourru/bougon qui me fasse des grands cafés et m'embrasse tendrement la tempe! ;-)

Le brio

Un très bon film d’Yvan Atal avec la désormais "actrice confirmée", Camélia Jordana et notre Daniel Auteuil, parfait en odieux universitaire réactionnaire. On le déteste, il est raciste, provocateur, ignoble. Elle nous amuse par sa fougue, son insolence et sa rage de sortir de sa banlieue! 
Et surtout, pendant près d'1h30,  on savoure la joute verbale, les échanges amers, les répliques acerbes. C'est fin, divertissant, stimulant pour l'esprit et admirablement interprété.  Le trait n'est pas trop forcé , on croit volontiers à la promotion sociale de  Neila et à l'attachement réciproque des deux personnages. 
En somme, à tous les amoureux des mots, de la langue et de la formule : foncez c’est vraiment réjouissant.

21 décembre 2017

Les oubliés du dimanche de Valérie Perrin

Quel plaisir que de dévorer un roman, qui plus est bercée par les rails de la SNCF...
Ce roman allie tout ce que j'aime : une très jolie histoire sur fond de seconde guerre mondiale, un style littéraire propre, des héroïnes (Hélène et Justine, 70 ans d'écart) très attachantes.
C'est l'histoire croisée de Justine, aide-soignante dans une maison de retraite et d'Hélène, une vieille dame au passé singulier. De fil en aiguille, l'auteur nous ballade entre début du siècle et époque actuelle, l'histoire se construit, on découvre Hélène, son illettrisme, ses talents de couturière, sa rencontre avec Lucien (ahhh que de sensualité lors des essayages de costume!), la guerre, leur bistrot, l'occupation et la planque de Simon. En parallèle, on apprend à connaitre Justine, si attentive à ses petits vieux et à son "frère" Jules.
Mais il est surtout question de transmission, d'héritage historique, car Justine collige dans son carnet bleu ce passé si riche, sur près d'un siècle. S'ajoutent deux intrigues que Justine cherche à comprendre:  une histoire de corbeau, qui passe des coups de fils anonymes depuis la maison de retraite pour inciter les familles à rendre visite à leurs petits vieux et l'affaire de l'accident de ses parents. 
Bref, pas une seconde de répit pour le lecteur, une fois commencé, difficile de le reposer! A lire, au coin du feu pendant les vacances, en pensant à nos grands parents ou nos parents vieillissants qui ont tant de choses à nous raconter!

11 décembre 2017

Santa et cie

Chers AD et FA, le détecteur à (de?) bouse est formel : vous pouvez y aller sereinement, c'est un vrai bon moment de cinéma pour petits et grands ! Qui plus est parfait pour un samedi Limougeaud et hivernal après le Marché de Noël.
C'est l'histoire d'un Père Noël un peu candide (le toujours parfait Alain Chabat) qui ne connaît les enfants que "couchés, silencieux et avec les cils bien alignés". Il vit avec la mère Noel, Wanda (où l'on redécouvre Audrey Tautou), qui s'ennuie ferme au demeurant et rêve de voyages et de pays chauds.
Au pays des jouets, tout est orchestré, production maison des cadeaux, empaquetage personnalisé, rien n'est industrialisé, les lutins ne chôment pas. Il n'est pas question de produire en série! Les scènes de fabrication de jouets sont un tourbillon de couleurs (digne de Tim Burton); entre les cubes, les peluches, les oursons, on y ferait volontiers un tour dans cette fabrique multicolore.
Mais patatras, à 3 jours de Noël, voila les lutin HS, foudroyés par une maladie du siècle : l'asthénie! Du coup, notre Santa se retrouve balancé à coup de traîneau dans Paris, 3 jours avant le réveillon de Noël, à la recherche de 92000 comprimés de Vitamine C. Entre les pharmacies, les commandes Amazon, les désillusions (les enfants pleurent et font des caprices) et les garde à vue au poste, notre Père Noël est un poil remué.
C'est drôle et féerique, plein de jeux de mots made in Chabat comme on les aime (Ralph le Renne et fils de hutte). On rit de bon cœur, les gamins sont extra , out comme le couple de parents, incarnés par  Golshifteh Farahani et Pio Marmai. 
Moi je dis, y a pas de raison de se priver !

"Jalouse"

La critiques arrive mercredi !

6 décembre 2017

Paris, etc.

La série française que j'attendais! AD, je te bénis de m'avoir glissé qu'elle était intégralement disponible sur Canal ! Comment ferais-je sans toi ?
Pourtant les séries et moi, c'est pas le grand amour. Faut que ce soit court, que je m'attache aux personnages, que ça parle d'amour (un peu voire beaucoup), de filles (ça aide pour l'identification), de problèmes de société (amour, sexe, addictions, etc.) ou de médecins (Grey's Anatomy, Urgences, Dr House, Scrubs, etc.).
La probabilité que j'accroche avec une série est faible en dehors de ces circonstances! Mais lorsqu'elles sont réunies, whaou!! Et là y a TOUT, carton plein.
Chaque épisode dure 30 minutes, du coup, ça fait deux à trois par soir, voire 4 en cas de chutes de neige! On y parle de femmes qui aiment, qui ont aimé, qui aiment moins ou qu'on aime mal dans une bien jolie ville (Paris). On y parle de sexe, d'enfants, d’école, de la vie, des attentats, de différence, de médecine (quoique la chef de clinique de 45 ans, je doute :). Les destins s'entremêlent, comme dans ces livres choral que j'affectionne.
La bande originale est formidable (y a même la jolie chanson "La Parisienne", de Kiddo, la fille de Zabou que mon ami FA m'avait fait découvrir il y a quelques années.)
Un vrai régal! Vite la saison 2 : Mathilde (ma chouchoute!) Marianne, Gil, Allisson, Nora, vous me manquez déjà tant ! 

21 novembre 2017

M

C'est lors d'un trajet Montpellier-Limoges à l'aube, le cœur encore un peu ailleurs, que j'ai entendu Sara Forestier présenter son film "M" à ce cher Augustin. Tout me plaisait dans cette histoire, la rencontre entre deux personnages cabossés, la notion de silence amoureux, le fait qu'elle soit librement inspirée de la vie de Sara Forestier et de son histoire d'amour avec un jeune homme analphabète.
C'est donc avec joie que je découvrais que ce film était projeté dans le petit cinéma de mon quartier.
Nous étions 5 dans la salle (oserais-je un "comme d'habitude" ?) et je retrouvais le plaisir de me vautrer dans ses grands sièges rouges.
Le résultat a été à la hauteur de mes espérances, un film puissant, habité,  sans doute très imparfait, et bourré de maladresses mais émouvant.  On y découvre une Sara Forestier sans âge, en ado de 17 ans, qui n'a pas pris l'ombre d'une ride depuis l'Esquive et un Redouanne Harjanne, violent, sauvage et fragile. 
Mention spéciale à la BO et une chanson de Christophe juste parfaite!

15 novembre 2017

Noir dehors

Un livre qui m'a emballée dans sa première moitié puis moins convaincue par la suite devant son caractère hautement "improbable".
C'est l'histoire croisée de 3 personnages, sombres, meurtris dans un New-York paralysé par une panne générale. Il y a Canal, l'enfant abandonné de Chinatown, Simon, l'avocat arrogant et Naomi, la " pute qui n'a jamais vu la lumière du jour" (et sa compagne de toujours Bijou). Si le début est magistral, dans ce  New-York étouffant, et étouffé par une panne générale, la deuxième partie est plus poussive. La rencontre avec les personnages est épatante, enfermés respectivement dans leurs solitudes. On s'attache, on transpire, on s'échappe avec eux jusqu'à Brooklin. Puis, ça patine, on n'y croit moins, devant tant d'improbabilité. On en sort un peu mitigé, mais néanmoins heureux d'avoir croisé  pendant quelques heures, le destin de ces héros malmenés dans une ville que j'aime tant.

5 novembre 2017

Cher lecteur

En ce dimanche soir, à l’heure où Jérôme GARCIN et cie polémiquent sur les ondes de radio France, je laisse la place à mon ami Eric, qui fort enthousiaste après sa lecture, souhaitait la partager et m’offrait ces quelques lignes pour mon blog. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- "Faisant encore une fois la nique à l'utilitarisme ambiant, j'ai passé la majeure partie de ce vendredi allongé sur mon canapé, un plaid sur les genoux - car même s'il ne fait pas encore très froid, le plaid est l'accessoire indispensable à toute lecture automnale qui se respecte - à lire le petit livre (à peine 200 pages) de Georges Picard intitulé "Cher lecteur" (conseil de Jérôme Garcin au dernier Masque et la Plume) paru dernièrement aux éditions Corti et disponible chez votre libraire indépendant préféré pour la modique somme de 17 euros : un foisonnement d'idées, de références (c'est à dire d'envies de lectures prochaines) et des phrases sublimes telles que celle-ci : "Connaître la vie, c'est accepter d'être le nomade impénitent de notre monde intérieur". Vous n'avez certainement pas besoin, lisant le blog d'Hélène, d'être convaincus de la grande nécessité (je n'écris pas "absolue nécessité" bien que j'en sois tenté, car je connais des gens infréquentables qui lisent beaucoup - des universitaires pour la plupart - et d'autres parfaitement fréquentables qui n'ont pas ouvert un roman depuis le lycée - un ami cher et que je considère comme la perle des hommes-) de lire des livres (dans l'idéal pas n'importe lesquels mais c'est un autre débat) pour devenir des êtres humains plus ouverts, tolérants, patients, en deux mots : moins cons. Vous n'avez pas besoin non plus que l'on vous rappelle que la lecture fait de nous, cultivateurs de ces mondes intérieurs que la société marchande tend à détruire, car tel est son intérêt, des êtres humains moins frustrés, capables d'échapper quelques temps par la grâce de la littérature au mouvement de balancier qui nous fait osciller entre l'envie de posséder et l'ennui qui s'installe immanquablement après toute nouvelle acquisition et nous pousse à en désirer une autre. Vous n'avez besoin de personne pour savoir si, comme moi, vous préférez généralement la compagnie des morts à celle des vivants, et redoutez par dessus tout ces "imbéciles qui se croient plus vivants que Proust !". Mais avec ce livre, comme avec tout bon livre (j'entends par bon livre un livre qui nous révèle quelque chose de nous-même : roman, essai, poésie, manuel d'anatomie...), dans lequel Picard nous dit essentiellement, de sa voix chaleureuse, solidaire et intelligente, des choses que nous portons en nous, il s'agit moins d'être convaincu que, très simplement, de se sentir moins seul. Ma lecture achevée, j'ai remis fébrilement "Cher lecteur" dans son emballage en papier kraft et filé jusqu'à la Poste pour l'expédier à un ami, bien vivant et grand lecteur, qui habite à l'autre bout de la France, puis à La Machine à Lire où j'ai acheté, sur les conseils d'un certain Georges, le premier volume des "Papiers collés" de Perros. J'ai commencé à le feuilleter. Je crois que je vais me faire un nouvel ami."

15 octobre 2017

Numero Une

Je crois que c'est ce qu'on appelle "passer à coté"! Je suis restée parfaitement hermétique à ce "grand" film dont parle la presse.
L'histoire d'une ingénieur brillante, Emmanuelle Blachey (admirablement incarnée par Emmanuelle Devos, cela est incontestable) dans une grosse société d'énergie, recrutée pour prendre la tête d'une société du CAC40. C'est là le début des emmerdes :  jeux de pouvoirs, manipulations, bassesses machistes en tous genre.

A vouloir nous prouver qu'il est difficile voire impossible pour une femme de devenir PDG: ça en devient démonstratif, féministe et relativement répétitif ! L'homme est odieux, assoiffé de pouvoir, les femmes s'organisent, les réseaux féministes résistent. MOUAIS, je ne devais pas être dans l'esprit ce soir là...

1 octobre 2017

L'un dans l'autre

Avec Louise Bourgoin, Stéphane De Groodt.  

Mais qu'allais-je donc faire dans cette galère ? Perdre 6.50 euros assurément ...
La bande-annonce m'avait fait sourire (l'histoire d'un homme qui se retrouve dans le corps de sa maitresse et inversement ) et j'avoue une tendresse pour Louise Bourgoin, actrice que je trouve physiquement divine et plutôt convaincante. Mais là, non c'est insupportable, pas crédible, bête et pas drôle. Même sur canal + , passez votre chemin. 

Le soleil de Scorta de Laurent Gaudé

C'est dur, c'est âpre, ca sent la rocaille des Pouilles,  et ça m'a transportée l'espace de 48 heures dans un autre monde... à lire, assurément !


Demain et tous les autres jours

Un film comme je les aime, sensible et profond sur un sujet pas facile : la maladie mentale et la solitude d'une enfant élevée par une maman aux abonnés absents, bercée par la folie.
La bande-annonce donne terriblement envie, portée par une chanson absolument splendide et qui figure d'ores et déjà en favori dans ma playlist Deezer :  "Oh my mama ".
Le pitch c'est l'histoire de Mathilde 9 ans, une gamine solitaire, élevée par une maman perchée (toujours parfaite Noémie Lvovsky). Le père (Mathieu Amalric) surveille de loin cette relation mère -fille au travers de conversations Skype avec sa fille.  La petite est tout simplement fantastique, incarnant à merveille cet amour fou, ce regard bienveillant  sur cette maman illuminée. Et puis il y a cette improbable micro-chouette, douée de raison, complice, arme anti-solitude, compagnon d'angoisses de cette gamine, métaphore de la conscience...Fallait OSER !
Le film parle d'amour, d'angoisses, de solitude. On y retrouve un certains nombre de thèmes chers à la réalisatrice (l'enfance, le lien à la mère, le songe, etc.) et cette folie douce qu'on entre-apercevait dans Camille redouble. Par certains aspects, j'ai aussi pensé à "En attendant Bojangle", ce livre merveilleux sur la folie et le regard de l’enfant sur la maladie mentale des adultes sensés les guider.

Et même si je pensais être encore plus émue et en sortir en larmes, je ne peux que vous conseiller de regarder ce joli conte métaphorique!


L'art de perdre

Mais comment avais-je pu passer à côté de ce chef-d’œuvre ? Acheté il y a neuf ans, au moment de sa sortie, il m’était littéralement tombé ...