16 mars 2019

La mule

Clint Eastwood signe un film élégant, paisible et non dénué d'humour.
Il y incarne Earl, vieil homme aimable, entouré, passionné par les fleurs,  grand-père aimant.
Tout est plus compliqué avec sa femme et sa fille, qui le boudent depuis des années se sentant abandonnées au profit de sa passion horticole. À près de 90 ans, Earl qui se retrouve brutalement à sec, accepte (sans initialement réaliser) de transporter des cargaisons dont il ignore le contenu. Quand il découvre qu'il est un passeur, il poursuit malgré tous ses missions avec son charisme inégalable, ses airs de papy innocent, devenant une mule hors paire. Solitaire dans son pickup, bercé par une musique d'un autre temps, il traverse les Etats-Unis.  Même le (fort) charmant Bradley ­Cooper, l'inspecteur en charge de démanteler le réseau ne parvient pas à déjouer le stratagème. En filigrane, évidemment, des questions...Qu'y a-t-il au bout des kilomètres, de ces nuits de solitude dans des motels impersonnels, ces cafés dans des diners typiques pour notre Clint? La rédemption, la pardon et l'apaisement...
Un plaisir des yeux que ce road movie eastwoodien.

Entre mes doigts coule le sable

Mon premier livre de cette auteur, Sophie Tal Men, fut englouti en 48 heures. Commencé dans le train vers les vacances, il m'a rapidement emporté dans un hôpital breton, au cœur des services de neurochirurgie et de psychiatrie avec Marie-Lou et Matthieu. Ils sont internes, amoureux et exercent une médecine différente.  (NB : Leur externat a fait l'objet du 1er roman de l'auteur, que je n'ai pas lu, "Yeux couleur de pluie").
Marie-Lou est une interne généreuse, altruiste, dévouée à ses patients (sans doute un peu trop). Matthieu, l'interne solitaire vit sur une péniche avec pour compagnon un chien, et traine un passé familial obscur et complexe. Ils s'aiment, s'attirent mais rien n'est simple : peut on s'occuper de la mère de son amoureux, peut-on soigner ses amis ou voisins, ces personnages secondaires attachants.
J'ai aimé la réalisme médical du livre, le ton juste et crédible quand elle décrit les patients, les troubles neurologiques ou psychiatriques. On sent des expériences vécues : alcoolisme, tumeur cérébrale, épilepsie. Pas étonnant, Sophie Tal Men est médecin, neurologue de surcroit. 
Certains (moi la première) diront que c'est un roman facile, sans profondeur, un feelgood book, vite lu vite oublié. C'est indéniable, mais c'est plus agréable à lire que certains Martin Lugand  ou Leidig dont les histoires sont encore plus tartignolles.
Parfait pour quelques heures de vie du rail et une douce entrée dans des vacances !

4 mars 2019

En voiture Simone

Difficile d’être emballée par un livre si léger. Son tort (ou le mien), l'avoir lu après "Fugitive parce reine" qui m'a laissée sans voix, émue par le propos et le style. 
Là, il est question d'une famille, Martine, Jacques et leur 3 fils. Qui dit 3 fils dit 3 belle-filles, aussi différentes qu'insupportables. La végétarienne, la mère poule, la fumeuse. Elles ne sont ceci dit pas épargnées par leur beaux-parents, qui leur mènent la vie dure. C'est plein de bon sentiments, un poil caricatural, pas vraiment drôle et forcement un peu moraliste (aimons-nous, communiquons, tolérons-nous !). Un livre de plage ou de vacances vite lu, vite oublié.  

3 mars 2019

Une intime conviction

Février 2000, Suzanne Viguier disparait. Mort, fuite,  amnésie, crime...Pas de cadavre, pas de trace, pas de mobile non plus. Pourtant son mari Jacques Viguier, professeur de droit à l’université, est accusé du crime parfait, sans preuve.  Il est acquitté à l'issue d'un premier procès mais le parquet fait appel. 
Le film débute avant le procès en appel lorsque  Nora, mère célibataire, chef cuistot, intiment convaincue de l'innocence de Viguier fait appel à Maitre Dupont-Morreti pour défendre Viguier.
Le film est porté par  ses deux grands acteurs : Marina Fois et Olivier Gourmet.
Lui, incarne (et c'est peu de le dire) l'avocat dans toute sa splendeur, orateur hors pair et charismatique. Elle, passionnée se bat, lutte jour et nuit, travaillant sur les écoutes téléphoniques au point d'en oublier sa vie, son fils, son job et jusqu'à se perdre dans sa propre conviction. 
Ils habitent leurs personnages, les scènes de tribunal sont haletantes et parfaitement réalistes, loin des films américains. On y voit des jurés attentifs, des familles meurtries, des juges pas forcement impartiaux, des médias manipulateurs (manipulés?) et des flics sous la coupe de la pression médiatique.
Pendant près de deux heurses, on est totalement happé par ce thriller judiciaire.  Innocent ou coupable la question n'est pas la, la question est celle de la présomption d'innocence et du poids des soupcons et des rumeurs
Un vrai bon film!

24 février 2019

Fugitive parce que reine

Éblouissant!
Comme dirait ma mère: "troublant à quelle point tu peux aimer les romans sur des familles dysnctionnelles "
Oui, surtout quand l'écriture est sublime!

Virus L.V.I3 ou la mort des livres

Une fois de plus, je laisse la parole à C une jeune lectrice passionnée! 

Dans ce livre, vous trouverez peur, angoisse, amour, amitié, tristesse... bref tout mon cours de français quoi! Ce livre est super, il parle d’une écrivaine passionnée de livres... et d’électronique, qui vit dans un monde où la lecture est obligatoire. Les seules personnes qui osent bouder l’heure de la lecture sont les fans d’électronique, ils en arrivent à un tel point qu’ils inventent un virus qui attaquent les livres et les lecteurs ! Le virus fait que vous ne pouvez plus lire normalement, lorsque vous commencer un roman, vous vous retrouvez propulsez DANS le livre, vous êtes le personnage principal. Impossible de lire tranquillement, mais cette chère écrivaine sourde et muette va trouver un moyen de résoudre le problème (et aussi trouvez l’amour de sa vie). J’ai vraiment A-DO-RE ce livre, pourtant je ne suis pas une fan de science fiction, je vous le conseille grandement!!!
À bientôt! C.

27 janvier 2019

Derrière les portes

Un énième retour Montpelliérain, un train d’un autre temps, un compartiment glacial...Voici le décor planté pour attaquer ce roman vivement conseillé par mon amie C. « Tu ne pourras pas le lâcher » me prévient-elle. Et, en effet, dès les premiers chapitres, on est totalement happé par cette histoire conjugale terrifiante. Au fil des pages, on comprend comment le piège s’est refermé sur Grace et on découvre la folie de Jack. "Pervers narcissique" disent certains ...je m'insurge: il est complétement taré ce jeune homme. On assiste impuissant à la captivité forcée, on prie pour que le mari lève la garde ne serait-ce qu’une seconde, on déteste tous leurs amis aveugles et sourds à la détresse de cette femme. Malgré un style classique, un procédé d’écriture ultra conventionnel-alternant passé et présent, des personnages un poil caricaturaux et une histoire parfois un brin rocambolesque, j’ai frémis, à maintes reprises, reposant le livre la peur au ventre. Résultat : 2 jours de frissons, 300 pages dévorées et l’envie de se méfier de ses voisins!

Mort sur le Nil

Fin des vacances de Noël, dans la maison famille, je me délecte devant la bibliothèque et ses centaines de bouquins. Tant de livres, tant de possibilités ("une vie ne suffirait pas", comme dit mon cher papa). Il y a les classiques, les livres des années lycées, les livres illisibles du paternel, des Simenon, des Exbrayat et des tas d'Agatha Christie (parfois en double!).  Mon dernier Agatha Christie remonte à il y a 20 ans, peut être plus. Je les lisais à l'adolescence, j'ai oublié le coupable de la plupart... Ni une ni deux, j'imagine la moustache de Poirot et l'odeur du thé noir, impatiente de retrouver cette ambiance particulière et le flegme du détective! 
Ici, tout le monde embarque sur les rives du Nil. Linnet Ridgeway part en Égypte en voyage de noces avec son mari, Mr Doyle. Ils ont tout pour être heureux, elle est belle, intelligente, distinguée. Linnet est découverte dans sa cabine, tuée d'une balle en pleine tète. Par qui ? L’enquête est tordue a souhait, le style inimitable et les femmes sacrement tordues, nymphomanes, kleptomanes ou hystériques. 
Une valeur sûre!

10 janvier 2019

Mille petits riens

Comme vous le savez peut-être, je lis peu de romans étrangers. Mais celui-ci me faisait de l’œil. Sa superbe couverture, son propos, les critiques élogieuses vues sur différents blogs de "booktubeuses" et "instabookeuses" (oui, époque moderne...). 
Ruth est sage-femme depuis plus de vingt ans. Employée modèle, collègue dévouée, mère de famille attentive et aimante. Ruth s'est battue pour en arriver là, hautes études scientifiques, extraction d'un milieu d'origine relativement défavorisé et petites victoires quotidiennes contre le racisme ordinaire. Sauf que tout bascule le jour où un couple de suprémacistes blancs (Turk et Brittany) l'accuse, elle, sage femme noire, d'avoir tué leur bébé. Adieu travail, place au combat, au procès, à l’enquête. C'est Kennedy, jeune avocate passionnée qui est en charge du dossier. 
Le roman est captivant tant par son propos que par sa forme. Il alterne les points de vue : Ruth, Turk et Brittany, Kennedy, l'avocate commis d'office. Le fond aussi évidemment est troublant et passionnant: Quelle est cette Amérique raciste et haineuse? Quels sont les fondements de cette haine ordinaire? Comme se déroule un procès aux États-Unis? (la partie sur la sélection des jurés est très intéressante). Sommes-nous tous des racistes passifs? La France pourrait-elle connaître (connait-elle?) cette même injustice raciale qui pullule aux USA? Autant de questions soulevées par ce roman fort bien écrit... A lire bien sur !

4 janvier 2019

Le vieux qui déjeunait seul

Clément est un vieil homme au passé douloureux. Chaque lundi, il vient déjeuner dans ce petit bistrot parisien où travaille Clara une trentenaire en manque de tendresse. L’un et l’autre s’attirent, se cherchent jusqu’à se rencontrer pour mieux s’apporter, se donner l’écoute et l’affection dont ils ont besoin. Sur le papier, de jolis ingrédients pour un roman de rencontres, comme je les aime d’ordinaire ... Pourtant, tout y est un peu trop simpliste, sans réelle profondeur. Les personnages manquent d’âme, de complexité. Tout y est prévisible, attendu. On aimerait palper cette souffrance, ce passé lourd à porter, ce manque d’amour...hélas rien de tout ça. Juste un nième petit roman pas désagréable mais sans vrai relief.

11 décembre 2018

A ce niveau là, c'est même plus du retard :)

Voila 1 mois que je n'ai pas alimenté ce blog. C'est plus dur qu'avant, le temps manque. L'envie et l'inspiration parfois aussi.

N’empêche qu'en un mois j'ai vu 5 films qui méritent plus ou moins d'attention. Je mettrai donc des étoiles et mon avis suivra !
  • Une homme pressé avec Luchini : 2 étoiles
  • Lola et ses  frères avec la délicieuse Ludivine Sagnier : 4 étoiles
  • Asterix et le secret de la potion magique : 3 étoiles
  • Le grand bain (vu 2 fois!!) : 4 étoiles
  • Amanda : 4 étoiles

20 novembre 2018

Le jeu

Un très bon moment de cinéma avec des acteurs sympathiques : Bérénice Béjo, Stéphane de Groodt, Doria Tillier, Roschdy Zem, Suzanne Clément, Vincent Elbaz. J'ai ri, j'ai pleuré, j'ai songé aussi beaucoup : aux secrets, aux silences, aux non-dits.  Le postulat de départ est simple  : et si le temps d'une soirée, on laissait libre accès à nos téléphones, et si nous laissions cet outil intime nous révéler? Qu'y cache t-on? Des amants, des maitresses ? Des photos, des sms anodins ? Tant de choses qu'on ne dit pas, pour ne pas blesser, ne pas détruire un équilibre familial,  une amitié de toujours ou parce que la vérité dérange. 
Sous des apparences de  comédie légère et entrainante, se cache à la fois une profonde réflexion sur la  transparence au sein du couple ou entre amis et une belle analyse de la paternité. A voir.
Mention spéciale à Grégory Gadebois toujours aussi émouvant !

22 octobre 2018

Sukkwan Island

Voila déjà quelques semaines que j'ai terminé la lecture de ce livre conseillé par MM. Pourtant, les mots pour le blog ne viennent pas:  comme incapable d'exprimer le trouble  qui m'habite depuis que j'ai refermé la dernière page.
Lorsque j'ai attaqué la lecture, je n'avais plus rien à me mettre sous la dent niveau bouquins et j'avais promis à M de lui donner mon avis sur ce roman qui lui avait plu, quelques années auparavant. Me voila donc coincée dans le froid glacial d'une île isolée de l'Alaska entre Jim, personnage insaisissable, père paumé, mari raté (dont je ne comprendrai pas, même après 250 pages, les sentiments) et son fiston de 13 ans embarqué malgré lui dans la folie paternelle. Après la première partie, l'envie tout poser grandissait, le style ne me touchait pas: trop brut, presque abrupt comme les paysages environnants et ces phrases courtes et froides comme l'eau des lacs. Puis, le choc. La deuxième partie, la parole du père se libère, et le malaise grandit...
Dire que j'ai adoré, impossible; dire que j'ai été dérangée, assurément. Par tant de noirceur, tant d’incompréhension et ces questions restées en suspens. C'est aussi peut-être ce qui en fait un grand roman, cette capacité à interroger sur les ténèbres de l'Humain. 

PS  : MM, AD, FA, et les autres, j'attends vos avis !
PS 2 : Pour les connaisseurs, on y retrouve , la solitude de "Seul au monde", l’égoïsme de "Into the wild" et la mélancolie des "chaussures italiennes de Mankell"...

2 octobre 2018

Bye bye bird

Comme je le fais régulièrement et avec beaucoup de plaisir, je laisse, le temps d'une critique, la plume (ou le clavier) à un amoureux des livres et de la littérature, mon ami E. 

C'était le temps de juste avant la fin du monde. Ce minuscule morceau d'Histoire coincé entre la fin de la seconde guerre mondiale et la prise de conscience que quelque chose de malsain se tramait au Vietnam. La musique était faite sur de vrais instruments par des jeunes gens épris d'émancipation et d'acide lysergique (drogue de l'exploration du subconscient et du cosmos) et non à l'aide de machines électroniques par des gens épris de rien du tout imbibés de cocaïne (drogue de la sensation de toute puissance). Les jours barbares étaient révolus, on pouvait à la fois être lucide et croire en la promesse d'un avenir meilleur. Orwell avait certes déjà écrit 1984 mais l'avènement de Big Brother n'ayant pas eu lieu, une forme de liberté était encore envisageable. C'était aussi le temps d'une adolescence. Ce morceau de vie coincé entre un vague sentiment d'immortalité et la prise de conscience aiguë que tout à une fin, y compris soi-même, et que l'on a coutume d'appeler âge adulte ou dépression nerveuse. À la faveur d'un échange avec son école bordelaise, Paco débarque dans une banlieue ordinaire de Bristol chez son correspondant Malcolm, rejeton d'Edward Terry, austère pompier à moustache, et de sa trop parfaite housewife Pamela. S'il est des écrivains qui tentent d'élever le langage parlé à la hauteur d'un style littéraire classique et pur, avec mots rares et imparfaits du subjonctif (c'est à ce titre un régal d'écouter parler Pierre Bergounioux), il en est d'autres qui empruntent le chemin inverse (et beaucoup d'autres encore qui n'empruntent aucun chemin du tout). Peu importe du moment que le style sert le propos : on peut lire la "Recherche" et le "Voyage" avec un égal bonheur. Cela ne peut guère étonner venant d'un homme ayant consacré sa thèse de médecine à l'illustre docteur Destouches : l'écriture de François Garcia doit davantage à Céline qu'à Proust. C'est donc dans une langue proche de l'oralité, à la première personne d'un singulier changeant au sein de la même longue phrase sinueuse ponctuée d'interjections en anglais, que le docteur G nous conte les aventures de Paco au pays des légumes bouillis. Loin de nos bases tout est étrange, surtout dans une cuisine où l'on appelle "big chicken" un poulet plus petit que le plus petit poulet du marché des Capucins. Étrange et attrayant comme les premières caresses et les premiers baisers, ou ce déferlement de musique libertaire et ses corollaires psychotropes. Étrange et effrayant comme l'omniprésence de la violence ou les fantômes d'une famille dont on ne comprendra que bien plus tard qu'elle était ordinaire. L'apparente légèreté d'une écriture minutieusement travaillée (c'est le moins qu'un lecteur puisse exiger) accentue la pertinence de ce récit d'éloignement initiatique, parce qu'il est ennuyeux de parler gravement des choses graves. Et s'il est un seul regret à nourrir après avoir refermé "Bye bye, bird", c'est que François Garcia n'ait pas suivi l'exemple de Bob Dylan lors de la parution de ses "Chroniques", et accompagné son livre du disque de sa bande originale.

1 octobre 2018

Au grand lavoir

J'ai rencontré Sophie Daull la première fois au travers d'un livre bouleversant : "Camille, mon envolée" qui raconte non sans une pointe d'humour la disparition brutale de sa fille des suites d'une infection. J'ai ensuite rencontré Sophie Daull physiquement, au salon du livre de Limoges, nous avions échangé des mots doux sur l'écriture, la peine, la résilience. La lecture de "La suture", son 2e roman, sur la perte de sa mère m'avait emportée.
La revoilà qui m'envahit, m'entraîne en 24 heures dans son écriture poétique dans un roman extraordinaire sur le pardon, le (double) mal de mère, la rédemption.  Dans ce livre, Sophie Daull, avec les outils aiguisés et infiniment puissants que sont les mots, avec un langage Ô combien poétique,  se met dans la peau de l'assassin de sa mère.C'est tragique, violent et admirablement écrit. Le texte interroge sur le pardon, sur la culpabilité et la reconstruction. "Je voulais qu'il re-tremble" dit Sophie Daull sur le plateau de la Grande Librairie.  Pas pour faire renaitre la peur mais pour le faire redevenir humain, "simple" jardinier, transparent dans une commune française.
Tout est beau dans ce livre, la couverture, le texte,  le sujet...Chaque phrase pourrait être lue plusieurs fois, lentement, à voix basse, pour mieux s'en imprégner, pour saisir la mélodie du propos.  Merci Madame pour cet immense roman !

L'art de perdre

Mais comment avais-je pu passer à côté de ce chef-d’œuvre ? Acheté il y a neuf ans, au moment de sa sortie, il m’était littéralement tombé ...