13 février 2017

Camille mon envolée

Émotionnellement, la lecture de ce livre est loin d’être évidente. Pourtant, dès les premières pages, je n'ai pu le lâcher.
Dans les semaines qui ont suivi la mort de Camille, sa fille de 16 ans, décédée en 4 jours la veille de Noël,   Sophie Daull a commencé à écrire, dans un cahier, un cahier d'écolier avec la petite étiquette du prix. Comme une catharsis, ce n'est pas le journal d'un deuil que nous livre cette auteur, c'est un récit de guérison. Ce qui est troublant c'est  la souffrance évidente de cette maman, l’injustice, l'incompréhension retranscrites avec  simplicité,  fluidité et humour même parfois !



12 février 2017

Le bruit des trousseaux


Il était la, posé sur la table de la maison familiale, les édition Stock et leur jolie couverture bleu nuit... Ça avait l'air court, ce fut saisissant! En 100 pages, Claudel livre des fragments, des paroles de ce monde dont nous ignorons tout. Le mot cellule : la plus petite unité du vivant. L’espace de l’enfermement. 
Philippe Claudel a pendant plusieurs années enseigné en prison, il nous raconte la face cachée de la prison ce que l'on se refuse de voir, que l'on imagine, entre méconnaissance et craintes. Mais aussi de jolis instants, entre lui "Prof" et certains détenus, des instants littéraires, cocasses, émouvants dans ce monde codifié, où les règles sont tacites. Je me suis laissée happer par cette centaine de pages, ces mini récits volés comme des notes de cahier. 
"Il y a quelques années, quand il y avait une choucroute au menu, chaque détenu avait droit à une bière très légère et bon marché, une Valstar. Dans une cellule à plusieurs, on organisait un tour de rôle : chaque jour de choucroute, toutes les bières étaient dévolues à un seul qui, en les buvant toutes, pouvait ainsi frôler l’ivresse."

Maligne

La lecture du livre m'avait profondément émue, la voir sur scène, m'a doublement troublée.
Quelle sacrée  petite nana cette Noémie Caillault ! Elle, pleine de vie nous parle de son cancer du sein, du haut de ses 27 ans, de l'annonce du diagnostic, des effets secondaires de la chimio, de ce fameux acupuncteur qui lui a "épargné" les picotements des pieds mais ni la diarrhée, ni l'alopécie, ni la chute des sourcils. On rit aux réflexions absurdes de ses copines (les Pénélopes), des hommes apeurés, de sa mère, insupportable. Sur cette minuscule scène, elle est vivante, au milieu de chaises et fauteuils colorés, symboles de ses rendez-vous médicaux, entre Pompidou, Clamart et autres hôpitaux parisiens.
Dans cette salle de province hier, la prestation a été acclamée, les gens (peut-être sensibilisés par la problématique ? ) étaient debout,  émus, remués...
Chapeau madame Caillault !

11 février 2017

Mes 3 derniers livres

Le bruit des trousseaux de Philippe Claudel  ⭐️⭐️⭐️⭐️ 
La vie est facile, ne t'inquiète pas d'Agnès Martin Lugand ⭐️⭐️
Camille mon envolée de Sophie Daull ⭐️⭐️⭐️

23 janvier 2017

Dalida

Ne faisons pas la fine bouche, pour tout spectateur un tant soit peu amateur de Dalida, c'est plaisant! 
Rien de bien original, une mise en scène un peu plate mais des airs qui restent en tête et une actrice italienne divinement belle Sveva Alviti.
Les deux principaux reproches sont les playbacks légèrement décalés qui rendent parfois les scènes musicales peu crédibles et le coté attendu des chansons...Une amourette avec l'adolescent, balancez "il venait d'avoir 18 ans", un bellâtre qui raconte des  cracks, envoyez "paroles, paroles, paroles", Dalida souffre, "je suis malade" de Lama. Un peu fastoche tout de même ! Reste qu'on se laisse volontiers emporter par  le portrait de cette jeune femme en mal d'enfant, le malheur qui semble s'abbattre sur "ses hommes" et sa destinée tragique.
Avis aux amatrices de Nicolas Duvauchelle (et non Benoit Magimel!!! Merci aux attentives) accrochez-vous! Rien que pour le voir en micro-short et blouson aux couleurs américaines ou jean moulant pattes d'eph et manteau de vison, le film vaut le détour!

17 janvier 2017

30 ans, 10 ans de thérapie

Un livre de Nora Hamzawi réjouissant et totalement dans son époque ! Aucun souvenir de comment j'ai eu connaissance de ce livre (France Inter peut être puisqu'elle y est chroniqueuse) mais qu'importe, avec un titre pareil, je ne pouvais pas passer à côté : il me le fallait ! Le format était particulièrement attirant : un joli livre broché, une ravissante couverture, des pages glacées, des scènettes à la façon "séances chez le psy", des dessins de l'auteur et un ton ...divinement décalé et cynique. 
Tout y passe : ses névroses, les mecs, sa mère, les potes, les cadeaux de noël, la bouffe, l'adolescence  (la vie quoi!) avec un humour décapant. À lire sans hésitation.

15 janvier 2017

Le coeur en braille

Je sais, l'esprit de Noël n'est pas bien loin, le temps des bûches, galettes et autres étouffe chrétiens pas totalement révolu mais là, vraiment, c'est indigeste! 
L'histoire d'amour entre d'une gamine violoniste en passe de devenir aveugle à cause d'une maladie dont on ne sait pas grand chose (OUF!)....et Victor, un gamin haut comme trois pommes, pas genre premier de la  classe, élevé par un père dépassé (Pascal Elbe, à la limite le moins mauvais de tous).
On sent dès les dix premières minutes que c'est tiré d'un livre pour pré-ado, et on se revoit à 11 ans, lisant des histoires d'amour, d'amitiés, d'ados en souffrance (merveilleux "cornichons au chocolat"!). A l’écrit, ça fonctionne probablement mais transposé au cinéma c'est terriblement sirupeux, lourd, et mal interprété! Même l'instit ou Joséphine Ange Gardien c'est plus crédible. On soupire devant des répliques niaiseuses, un scénario simplet et une mise en scène vieillotte !
Passez votre chemin!

14 janvier 2017

Pars avec lui

"Pars avec lui" est un livre simple, efficace et sans prétention! Les page se tournent facilement grâce à l'alternance de courts chapitres et à l'histoire simplette mais tendre. De cette auteur, j'avais lu il y a quelques années "juste avant le bonheur" qui m'avait laissé un sentiment mitigé (un peu trop larmoyant peut être). Ici, une fois de plus, l'histoire est celle d'une rencontre : celle de Juliette, infirmière et Roméo (oui oui!!), un pompier fracassé de partout après une chute du huitième étage. Juliette, en  mal d'enfant est en couple avec un vrai égoïste (j'ai d'ailleurs eu beaucoup de mal à comprendre sa passivité face à ce crétin !). Tout le monde est un peu cabossé dans ce livre, au sens propre comme au figuré. Vanessa, la petite sœur délurée, Guillaume, l'infirmier mi-pâtissier/confident et les tendres grands parents. Le style particulièrement réaliste de l'auteur pour décrire le monde de l'hôpital et le rapport à la maternité/féminité (on sent la sage femme !) rend le propos crédible et la lecture plaisante. Et, malgré une certaine facilité, un poil de niaiserie, des coïncidences un peu trop prévisibles, une fin pressentie dès la 6e page ...on se laisse embarquer! On cherche tous notre Roméo au fond.

3 janvier 2017

PATERSON, de Jim Jarmusch

En ce début d’année, je laisse la place à E, un fidèle des salles obscures (qui a la chance de pouvoir voir les films en VO, lui!!). Merci E et bonne année à tous et toutes
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"Pendant une semaine, chaque jour étant un tableau, la vie de Paterson (Adam Driver), chauffeur de bus et poète dans sa ville natale de Paterson, New Jersey, où vécurent avant lui William Carlos Williams (dont le personnage est inspiré) et Allen Ginsberg. Main Street dans la lumière du matin, conversations de bus, grands immeubles abandonnés, rappeur solitaire affutant son flow dans une laverie automatique, candeur amoureuse d’une belle jeune femme drôlement obsédée par le noir et blanc, rêves auxquels on laisse libre cours tout en les sachant irréalisables. Ici pas de tirades boursoufflées surlignées de violons («Ô Capitaine etc »), juste la vie d’un conducteur de bus qui noircit chaque jour les pages de son cahier secret sans même se soucier (malgré l’insistance de sa femme) de mettre à l’abri une copie de ses textes. Après tout « Ce ne sont que des mots… ». Le regard de Jarmusch sur le monde est un regard de poète et ce que sa caméra réussit à capter avec délicatesse (et humour) s’apparente à l’essence même de toute poésie : la beauté est décelable en toute chose et en chacun. 2017 commence bien."

27 décembre 2016

Cigarettes et chocolat chaud

Si vous avez encore l'occasion de voir ce film, allez y les yeux fermés. J'avais entendu l'acteur sur Inter, un samedi matin et cette histoire de père célibataire dépassé par la situation m'avait emballée.

Denis (interprété par l'attendrissant Gustave Kerven) est un papa veuf débordé par l'éducation de ses gamines Janis et Mercredi qui bosse jour et nuit pour subvenir aux besoins de ses petites. Malgré des océans d'amour, c'est clairement le bronx dans la maison, on mange des pringgles au goûter, on fait du catch et non de la danse classique,  le hamster est tout sec dans la cage et David Bowie est roi en la demeure !
Le jour ou une enquêtrice sociale (Camille Cotttin, à contre emploi avec son petit twinset et ses grands  principes éducatifs) oblige Denis à revoir ses modes éducatifs et à suivre un stage de responsabilité parentale tout est chamboulé...

 Le film est épatant de sincérité et d'humour : le stage de responsabilité est source de scènes loufoque, les gamines sont drôles, les répliques percutantes! On se marre assurément, mais surtout la réalisatrice aborde avec finesse des questions profondes telles que le handicap, la différence, le deuil.
Pour une première réalisation, que d'idées originales : on pense parfois à Gondry (le spectacle de cirque), à Little miss Sunshine et ses couleurs pop ou plus récemment à l'épatant Captain Fantastic qui abordait la question de la différence et de la paternité.
J'ai ri comme une baleine, pleuré comme une madeleine, et lorsque les lumières se sont rallumées, mes deux complices (que j'avais embarquées pour cette séance ciné) m'ont souri, aussi charmées que moi par cette délicieuse comédie familiale

La bande annonce est là:

La fille de Brest

Difficile pour moi de parler de ce film que j'attendais avec crainte et excitation. Crainte d'un ramassis d’âneries, et excitation face à ce sujet que j'ai vécu de l’intérieur. Ceux qui me connaissent le savent : la sécurité du médicament rythme mes journées! 
Le produit final est à l'image du livre, autocentré et convaincant. C'est évidemment un film à charge (contre Servier, l'Afssaps, les experts, les universitaires parisiens, la mollesse des experts) qui n'a qu'un objectif : mettre la lumière sur la pugnacité d'Irène Frachon, illustrer son combat à la Erin Brokowitch. Quitte à la rendre agaçante parfois !

PS: pour le microcosme de cette vigilance sanitaire, vous serez frappés par l'impression de tout connaitre: les lieux, les publications, les fiches de déclaration d'effets indésirables. Les scènes tournées à l'ANSM sont troublantes: on y reconnait le distributeur automatique, la plante verte de l'entrée, les micros de la salle de réunion....

Demain tout commence

Demain, tout commence c'est l'histoire d'un type volage qui découvre sa paternité le jour où son ex lui dépose un bébé dans les bras avant de filer dans un taxi.... Bien décidé à retrouver la maman, il part à Londres avec la petite Gloria sous le bras! Sauf que la maman est partie pour un long moment et ne refera surface qu’après des années. Entre temps, la relation entre Samuel et sa fille va grandir et les liens s'intensifier. On ne sait pas toujours qui est l'adulte dans leur relation mais la connivence est là...Il y a des couleurs partout, des toboggans dans l'appartement, des petites portes pour les enfants (comme dans Alice aux pays des merveilles), des courses poursuites, et des piscines à boules mais surtout des océans de tendresse! Trop, sans doute.... Les ficelles ne sont pas toujours très fines et le scénario modérément crédible mais faut croire que j'aime les comédies tendres et irréalistes qui n'ont qu'un objectif : nous détendre et nous émouvoir... Je suis sortie de la salle toute retournée, le mascara plus très net, séduite par la prestation d'Omar Si, qui, qu’on le veuille ou non et assez doué en matière de "transmission d'émotions" A voir en famille !

14 novembre 2016

Réparer les vivants

J'ai du mal à croire que ceux qui qualifient ce film de "sublime adaptation",  "superbe réalisation" et autres commentaires dithyrambiques ont réellement lu le livre! 
Reprenez le roman de Maylis de Kerangal relisez ses phrases à haute voix, sentez les respirer entre les virgules, surfez avec Simon, écoutez les mots, imprégnez vous des silences. Ou sont ces sensations dans le film? J'ai eu beau chercher, je n'ai pas ressenti un centième de l'émotion qui m'avait habitée à la lecture du roman. J'avais refermé la dernière page en larmes, j'ai quitté la salle sans le moindre tressaillement. 
Et oui, sans nulle doute, les acteurs sont bons, le propos crédible, les scènes parfaitement filmées mais il manque le flot sublime des mots qui rendait ce livre incontournable.  
Achetez le roman ;-) 

6 novembre 2016

Ma vie de courgette

Un très très grand film d'animation... non pardon "un très grand film tout court". 
Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas autant régalée au cinéma. On sort ému, attendri, et revigoré devant le charme de cette histoire pleine de saveurs colorées. Nous étions une dizaine dans la salle, des enfants avec leur maman pour la plupart. À la fin, régnait un calme étrange:  les mamans avaient les yeux tout mouillés comme moi, sortant discrètement un mouchoir de leur sac à mains et les enfants étaient silencieux : la magie avait  opéré! Courgette nous a embarqué dans son monde. Monde fait de petits personnages/marionnettes -oh combien réels et attachants, avec leur grosse tête, leurs  yeux immenses et leur sourire triste. Les détails fourmillent : cerf-volant, pulls en laine tricotés, crayons de couleur: tout est nuancé et précis - même le procès-verbal sur l'écran de l'ordinateur est lisible. 
Le film n'est pas triste, il est même franchement drôle à bien des égards : j'ai franchement ri lorsque que Simon (le gros dur!) explique le coït à ses copains, avec ses mots d'enfant : "la femme transpire beaucoup et elle est tout le temps d'accord". Le personnage de Raymond, le policier, est lui aussi particulièrement réussi: dans l'ombre, sensible, solitaire. On l'aime avec son bonnet et ses cactus. 
Vivement le DVD! 

26 octobre 2016

Liberté conditionnelle

Merci à Babelio et aux éditons Plaisir de lire pour cet envoi et cette lecture.
Un roman sympathique plutôt bien écrit mais sans grande originalité! L'histoire est assez classique  : Matthias & Magali, deux personnages opposés, amenés à se croiser au détour d'une chambre d'hôpital. Un chapitre (court) par personnage,  rien de transcendant dans la forme. 
Elle est célibataire assistante sociale, mignonnette sous des airs coincés, férue de recyclage et dotée d'une famille étouffante. Lui, c'est Mathias, bourru, macho, fan de bagnoles et de soirées entre mecs. Il est à l'hôpital, elle l'aide dans les démarches administratives tout en le trouvant particulièrement agaçant.
Près de 300 pages, lues au cours de mes récents trajets en bus, avec l'espoir au fil des chapitres d' un Matthias un peu moins macho et une Magali enfin épanouie!

Chère Maman. Les mères aussi peuvent être toxiques

Pourquoi ai-je acheté Chère Maman et son sous-titre explicite : Les mères aussi peuvent être toxiques ? Difficile à dire. Certainement pas...