La moisson de printemps a été plutôt bonne cette année
Les critiques détaillées sont en cours !
Fan inconditionnelle depuis la première heure avec « un tout petit rien », j'aime tout dans ses livres, la plume, la sensibilité, la gravité saupoudrée d’un humour décapant.
C'est surtout l’écrivain qui me fait discrètement m’échapper du boulot à la pause déjeuner, le 16 février, jour de sortie nationale pour courir à la librairie du centre, me procurer l'unique exemplaire de son dernier roman. A 13h15 il est entre mes mains, il va falloir résister à la tentation de lire en cachette au boulot, patienter avant de se délecter.
J’ai tenu jusqu’au weekend et n’en ai fait qu’une bouchée. Faut dire que les ingrédients étaient réunis pour me plaire …
Dans ce nouveau roman, elle aborde la question, oh combien sensible de la belle-maternité.
« Belle mère », comme je n’aime pas ce
mot. « Mère » non assurément, c'est pas l'idée, il/elle en a déjà une, « belle » encore moins et certainement moins que la sienne !
Le rôle de belle-mère, en général, on ne l’a jamais demandé,
ça vous tombe comme cela sur le coin du nez, le package est à prendre ou
laisser. Les conditions du contrat aussi, sont imposées… garde alternée pour certaines, un weekend sur deux pour d'autres, les vacances scolaires pour quelques-unes
(moi). C'est aussi une place à trouver, un rythme à prendre, un équilibre
à ajuster et réajuster. Entre des rapports cordiaux, inexistants, tendus, y'a
t'il un espace pour une relation apaisée ? La question est entière.
Mais au delà de la question de la belle-maternité, le livre questionne aussi, avec un talent fou la question de la féminité, de l’apparence, de notre rapport au corps. Si tu es belle, « tu t'en sortiras » ! J'ai longtemps cru à ce paradigme, beaucoup trop souffert de ne pas être désirable/désirée, persuadée que l'enveloppe n'était pas conforme aux standards. Et finalement après des années de lutte acharnée, on finit par trouver un modus vivendi avec ce fichu corps. Mais là aussi l'équilibre est précaire, les réajustements nécessaires au quotidien : Oui, tu n’es pas comme cette fille sur Instagram, mais une jolie âme c'est chouette aussi.
Je me sens un peu toute nue après cette critique, mais il m’était difficile voire impossible de dire pourquoi j’ai tant aimé ce livre sans se dévoiler un peu. C’est chose faite….
Merci Camille, vous m'avez bouleversée (et j’adore ça).
Je l'avais vu passer sur Instagram, conseillé par Anne Gaëlle Huon, je l'avais glissé dans ma liste des "livres à acheter", reposé à la librairie, prétextant une PAL déjà bien trop longue puis recroisé un dimanche matin lors de mes courses au super U. Hop dans le panier! et oui, j’achète quelques fois des livres dans mon supermarché.
Et, je n'ai pas regretté. Il fut dévoré en un petit weekend...terminé les yeux très embués. J'ai même relu le dernier chapitre pour ne pas quitter ces trois là trop vite.
C'est l'histoire d'un père qui élève seul ses deux garçons, tous les trois tentent de (re)vivre en l’absence de la Môman, les années passent, et les enfants grandissent, font des rencontres...C'est surtout une tension qui monte, une écriture qui se fait de plus de plus âpre, jusqu'au point de bascule. C'est l'histoire d'un père qui ne pourra hélas pas contrôler tous les choix de ses gosses.
Le livre pose mille questions: comment continuer à vivre en harmonie quand les orientations politiques s'opposent, doit on nécessairement pardonner à ses enfants, est-on responsable des actes de la chair de sa chair ? Et surtout, la chagrin lié au non pardon n'est il pas encore plus douloureux à porter que celui de l'acceptation du pire ?
Il n'y a aucune leçon, aucune ligne de conduite, chacun fait comme il peut pour survivre et s'adapter. (comme l’écrivait si justement Clara Dupont Monot dans son récent S'adapter).
L’écriture est à l'image du roman, tendue, quasi rocailleuse, violente pour mieux placer le lecteur dans le cœur déchiré de ce père entre culpabilité et amour.
Merci CC pour ce conseil lecture! Qui m’a remuée, en particulier dans sa première moitié.
Dans la première partie, Lélia raconte en détails à sa fille Anne, l’histoire de ses ancêtres : Ephraïm, Emma, Noémie, Jacques. Pourquoi lui parle t’elle d’eux ? Parce qu’elle a reçu une carte postale non signée sur laquelle figure uniquement ces 4 prénoms… Qui a écrit les prénoms des ancêtres d’Anne Berest morts dans les camps, sur une carte postale ? Qui l’a adressée à sa grand-mère, Myriam, seule survivante des camps ? Comme une enquête policière, on découvre la vie tragique de ces personnages, de leur départ de Russie, leur installation en Pologne, leur passage en Israël, et enfin leur arrivée en France avec les suites que l’on connaît. La montée de l’extrémisme, la persécution des juifs, puis les rafles et l’indicible des chambres à gaz. (on sait comme cela fait polémique dans l’infâme critique de Camille Laurens).
On a la réponse à la toute fin du livre, qui se dévore comme un thriller.
Un beau livre sur les origines et la mémoire.
Si le dernier (le dernier enfant) m'avait paru (peut-être) un poil en dessous des précédents, je m’étais quand même laissée emporter. J'aime ses personnages attachants, sincères, j'aime son intérêt pour le réel, sa façon de nous transporter dans la vie.
Une fois n'est pas coutume, j'ai plongé à pieds joints dans le dernier opus.
Ça commence comme un Agatha Christie, les personnages s’installent dans un intercité de nuit, en routes vers les Alpes. Ils posent leur valises, au sens propre comme au figuré. Le lecteur fait ainsi connaissance avec ses compagnons de voyage : Alexis, le médecin généraliste, Victor, le jeune moniteur de ski et son ménisque en vrac, Catherine et son époux Jean-Paul, Serge, le VRP lourdaud (du moins semble-t'il). Julia et un groupe d'adolescents insouciants.
Où l'on découvre les raisons de ce périple : vacances pour certains, déménagement pour d'autres, refuge familial pour d'autres...ou l'on découvre aussi les casseroles, fêlures de chacun. A chaque chapitre, nous voila plongés dans un compartiment de ce wagon, témoin d'une conversation d'abord banale entre deux passagers qui ne se seraient jamais croisés, puis plus intime, au fil des kilomètres. Comme si la promiscuité de la couchette, le huis-clos ferroviaire autorisait toutes les confidences. On y cause, maladie, avenir, destin, choix de vie, amours déçues ou jamais vécues...
Dès le début, l'auteur nous annonce que ça finira mal. Que va 'il se passer ? Besson nous rejoue-t-il le crime de l'Orient Express ? Je ne dévoilerai rien, sachez juste que la fin est à couper le souffle .
Acheté à 18h le samedi, posé à midi le dimanche, le cœur retourné et la gorge serrée, avec une fois de plus l'envie de dire à Monsieur Besson combien ses livres nous font nous sentir vivant et nous rappellent qu'il est urgent de vivre.
Dans ce livre (autobiographique sans nul doute), l'auteur avec une plume d'une délicatesse incroyable, quasi poétique (quelle délicieuse idée de faire parler les pierres du mur ...) nous conte l'histoire d'une fratrie.
Un ainé, une cadette et un petit dernier autour d'un frère handicapé. Un ainé qui renonce à la légèreté de l'enfance, une cadette en proie à la colère, en lutte avec cette "injustice" de la vie, et un dernier, dans les traces d'un petit frère parti trop tôt mais immensément présent... Chacun s'adapte, fait comme il peut, avec ses angoisses, sa tendresse, ses émotions.
Point de morale, pas de conduite à tenir, de bonne attitude … juste des vies qui s’articulent autour de cet enfant différent.
Chaque page ouvre un nouvel horizon vers la capacité de l’être humain à "faire avec", se construire malgré les difficultés, rester enfant aussi lorsque la vie vous confronte à des responsabilités d'adulte.
A lire, à offrir, à méditer. Ne passez pas à coté : c'est un bijou.
Dans ma lancée, j'ai dévoré "frangines", l’histoire de 3 sœurs en vacances dans la propriété familiale, aussi différentes qu’attachantes, qui a su convoquer sur le banc des souvenirs tant de références personnelles.
Le lieu d’abord : une bâtisse qu’on imagine volontiers, ouverte sur le jardin, où les gens passent, où l’on se ballade pieds-nus sur le carrelage, où l’on mange sur la terrasse à des heures tardives, où l’on prépare la plancha en buvant l’apéro. Bref, la maison de famille par excellence.
Les présentations ensuite. Mathilde, élégante, bourgeoise, un poil dirigiste, ancienne danseuse classique qui débarque de Paris avec ses deux mômes. Puis Violette, la belle plante rousse, un peu bobo, qui s’est enfin épanouie après avoir grandi dans l'ombre de sa sœur. Enfin, Louise la cadette, infirmière libérale, restée vivre dans le coin, plus secrète, très proche de sa mère et attentive aux autres en général. Et leur mère, Jeanne, maman et mamie louve. Il y a aussi les maris, les compagnons, les ex un peu toujours dans les parages, les enfants….
Depuis l’enfance, elles vivent leurs plus belles heures dans cette maison. Sauf que cette année, les choses sont un peu bouleversés par l’absence de leur père, parti faire un bout de chemin avec la pharmacienne du village !
Comme dans toutes les familles, il y a la tendresse, les câlins, les souvenirs d’enfance et d’adolescence, avec tout ce qu’on y met de douceur, de rancœur ou de non-dit aussi. Le roman décrit fort bien la complexité de la sororité, les ambivalences des sentiments et les rôles de chacune au sein de la famille. Il montre aussi à quel point, les choses qui semblent figées, peuvent parfois évoluer au gré des aléas de la vie.
Un bon moment de lecture.
En 300 pages dévorées, j'ai eu l'impression de retourner sur les bancs du collège, de faire un voyage dans le temps, dans cette fenêtre temporelle qui va de 1990 à 1999. C'est d’ailleurs ce qui freinera (peut-être) certains : ceux qui sont nés un peu trop tôt ou un peu trop tard et qui ne verront dans ce récit qu'une addition de souvenirs beaucoup trop datés...
Personnellement, j’ai été épatée par la précision de l'auteur. Tout est si bien retranscrit : de nos conversations sans fin sur le téléphone familial, nos espoirs et désillusions à chaque retour à pied avec l'être chéri (parfois de façon unilatérale) jusqu'à l'odeur des chaussettes mouillées sur le radiateur de la colonie de vacances. Merci Adèle Bréau de m'avoir permis de revivre cette époque où notre découverte du monde semblait si naturelle et progressive. Oui, on n'avait pas Youtube sur un smartphone à 14 ans, ni la réponse instantanée à des questions qu'on ne se posait même pas. Mais on avançait chaque jour vers l'age adulte, bercés par des heures de cours, des rédactions de français le dimanche soir après la lecture en cachette de Jeune et Jolie et des souvenirs extras de classes de neige !
Nostalgique, moi ? Oui sans doute un peu, pas de mon adolescence en tant que telle, mais de cette époque où on s'ennuyait un peu, pour mieux apprendre à grandir doucement.
Trois de Valérie PERRIN
Envoyé un peu spécial de Julien Blanc GRAS
Ensemble, on aboie en silence de GRINGE
(oui, je sais, suis un peu à la bourre!)
Une douce lecture estivale !
PS : en plus, il vient d'une très chouette librairie d'Angoulème, entre deux coups de pédales vers Rochefort!
Note : **
J'ai assurément dévoré ces chroniques de 3 ou 4 pages sans jamais être déçue. Tous les personnages sont attachants, par leur sincérité, leurs fêlures ou l'écho avec nos histoires passées.
A lire d'urgence !
Note : ***
"Je n'ai pas pu le poser " me dit mon amie ...Cela ne sera pas vrai pour moi ! Je ne le classe pas parmi mes livres inoubliables, je ne me levais pas plus tôt le matin pour pouvoir dévorer en douce, quelques chapitres mais il m'a fait voyager dans le pays basque des années 30, à l'occasion de notre randonnée vélo! On y découvre un monde méconnu, le petit village basque de Mauléon, l'univers coloré et festif des Demoiselles, le champagne et les plaisirs de la chair, mais aussi le monde ouvrier de ces jeunes espagnoles, les Hirondelles, qui traversaient l’Espagne pour venir travailler dans des fabriques d'Espadrilles pour quelques sous.
Le talent de Anne Gaelle Huon est dans doute cette facilité déconcertante à mixer sujets sensibles (et oh combien casse g... ) : le monde ouvrier, les violences conjugales, l'avortement, le deuil, et l'univers des cabarets parisiens et la volupté des années folles au travers des portraits de femmes puissantes, cultivées et indépendantes ! Et dans cette époque tourmentée, il est bon de parler de ces femmes libres d'il y à presque 100 ans.
Note : **
70 éditoriaux compilés dans ce joli livre, plein d’intelligence, de références, d'humour.
Nicolas Espitalier est rédacteur en chef du Mag de Sud-Ouest. C'est aussi assurément un poète, un auteur et un merveilleux observateur du monde qui nous entoure. En une centaine de pages, il nous livre un bien joli regard sur le temps qui passe, notre quotidien, en passant par nos armoires en bois, nos SMS ou nos gares!
Ça se picore, ça se savoure, ça se relit, à haute voix, c'est absolument SAVOUREUX.
A mettre entre toutes les mains pour une parenthèse de poésie.
Note : ****
En 100 pages à peine, tout est dit sur cette maladie qui grignote tout sur son passage y compris le temps et l’attention pour les siens. J'ai fini les larmes aux yeux comme souvent avec Jean-Louis Fournier.
Note : ***
Mais comment avais-je pu passer à côté de ce chef-d’œuvre ? Acheté il y a neuf ans, au moment de sa sortie, il m’était littéralement tombé ...