3 mai 2014

Last days of summer

Je n'avais que peu de doutes sur ma capacité à aimer ce film...mais pas tant!! J'ai tout simplement adoré et accessoirement beaucoup pleuré.
L'histoire se déroule en 1987 et c'est celle d'une femme, une mère, Adèle, divorcée, dépressive qui élève son fils Henry, un peu prisonnière d'une maison en bois, un peu sombre ou la lumière entre peu et dont elle ne sort pas beaucoup. L’extérieur l'effraie, le monde la terrorise. 
Un jour, débarque Franck, un "vrai prisonnier", accusé de meurtre et évadé de prison qui se planque chez eux. Les quatre jours qu'ils vont passer ensemble vont faire rejailleir la lumiere dans la vie de cette femme et de son fils. Quatre jours de bonheur dans la chaleur de cette fin d’été.
Passées les premières heures de craintes face à ce prisonnier, on vit avec eux leurs premiers regards, leur attachement, leur premiers gestes tendres sous les yeux de cet pré-adolescent en manque de père. 
Oui, certains diront que c'est américain, mélo, pathos et "facile" mais  pas moi. J'y ai vu un joli film mi-romance mi-thriller psychologique particulièrement touchant, porté par une Kate Winslet éblouissante. C'est vrai que il y a des clichés, les "pie" de Franck, à quatre mains dans la pâte, les pêches juteuses (que de sensualité dans le brassage des fruits!), le baseball mais tout cela ne m'a pas rebutée. Au contraire... Baigné d'une lumière chaude, d'une moiteur d’été un peu étouffante, le film m'a transportée, emmenée au sein de cette "famille"  pour quelques jours, où on se met à croire en cette histoire, se dire que tout est possible que l'union des blessures de ces deux prisonniers peut les sauver.
NB: mais bon sang pourquoi transformer un joli titre anglais "labor day" en un autre titre anglais???

2 mai 2014

Une rencontre

Faites un mix entre une pub Lancôme et une gigantesque pub Apple vous obtenez "une rencontre". Le problème c'est que 1h21 de pub, c'est très long!!! Pourtant, j'avais envie de l'aimer ce film qui réunit François Cluzet et Sophie Marceau. Car, j'adore les rom'com et François Cluzet, et je trouve la miss Marceau, fort belle. Sauf qu'il faut beaucoup plus que ça pour faire un film. Sophie perchée sur des talons est belle, en robe du soir, elle est sublime, en jogging du dimanche, canon. So what? Ah oui, elle est aussi divinement musclée. Elle rencontre Cluzet, avocat marié, plutôt heureux en couple. Le Cluzet tombe raide en admiration quitte à mettre en peril son couple. Le propos du film est plutôt pas inintéressant... le fantasme vs le "passage à l'acte". Faut-il résister? Qu'est ce qui empêche l'humain de craquer? La trouille, la morale? Sauf que le résultat est fade au possible, scènes entre rêve et illusions de corps enlacés, entrecoupées de musiques de pub, et de dialogues niais (le début avec la scène du pétard donne un avant goût!). Bref, c'est bien ennuyeux tout ça! j'en suis sortie complexée et déçue.

1 mai 2014

24 jours

Je suis dubitative. Le sujet est lourd, trop lourd probablement. C'est l'histoire vraie et atroce des 24 jours de captivité d'un jeune juif Ilan Halimi, pris en otage par le gang des barbares en 2006 et relâché quasi mort au bord d'une voie ferrée 24 jours plus tard. Le tout vu par la mère du jeune homme : ses jours d'attente, d'horreur, de douleur. 
Si Pascal Elbe et Zabou sont sincères et touchants, l'ensemble est un peu gênant, d'une part car les flics y sont montrés comme des bras cassés (ceci dit c'est le parti d'Arcady de parler au nom de la mère d'Ilan) et surtout car la violence filmée du gang est à la limite du tolérable. 

L'intention est louable mais quel art délicat que la mise en images d'un fait réel, entre devoir de mémoire, prise de position, documentaire et condamnation...

Qu'est ce qu'on a fait au bon dieu?

J'y suis allée!!!! Et, contre toute attente, j'ai plutôt aimé. Pourtant, la bande-annonce promettait une comédie franchouillarde, raciste, au ras des pâquerettes, que je m'étais jurée d'éviter... En vrai, le résultat est plutôt honnête, assez drôle et beaucoup moins lourdingue que je ne craignais. L'histoire, c'est celle de Verneuil, un couple de bourgeois cathos, qui habite une bien belle demeure à Chinon et dont les 3 premières filles ont épousé respectivement un arabe, un juif et un chinois. Laure, la petite dernière est sur le point d'épouser un catholique (le père verneuil est aux anges!) mais ... le catholique est noir. Ce qui aurait pu virer au long sketch sans intérêt, se révèle en fait une succession de petites scènes assez marrantes, que ce soit entre les gendres, les parents Verneuil ou le couple de parents ivoiriens. Plusieurs scènes sont même joliments trouvées (l'église, le confessionnal), le tout s'enchaîne à un rythme vif avec notamment des repas réjouissants (dinde halal, casher et laquée). Quant aux acteurs, rien à redire: Clavier (que je n'aime pas spécialement) est parfait dans son rôle de bourgeois, au volant de sa Méhari, lisant le Figaro magazine, et répétant à qui veut l'entendre qu'il est "gaulliste" et Chantal Lauby dansant la zumba est irremplaçable. Les gendres enfilent avec pas mal de talent les costumes des "pièces rapportées" et s'envoient des vannes plutôt bien trouvées. Franchement une agréable surprise!

26 avril 2014

96 heures

Pour la faire courte, en matière de thrillers, j'aime bien quand je comprends à peu près l'intrigue, quand il y a de la testostérone et un flic ténébreux. J'ai été servie avec 96 heures. L'histoire tient la route : un sale type, Victor Kancel (Niels Arestrup), kidnappe celui qui l'a fait incarcérer trois ans plus tôt, chef de la brigade de répression du banditisme (Gérard Lanvin). Pendant 96 heures il va le retenir prisonnier pour lui faire cracher le nom de son indic. Pendant 96 minutes (est-ce volontaire?) nous sommes dans un quasi huis-clos dans une maison épurée où les méchants ont l'air très méchants et où l'on sent monter la tension, le désir de puissance et de vengeance de Kancel. Les personnages secondaires (Sylvie Testut et Laura Smet) trouvent aussi  leur place, et l'histoire tient en haleine. Bref, un assez bon thriller français, ça vaut le coup d'être souligné. 

Pas son genre

Foncez-voir cette très belle et improbable rencontre entre Jennifer, coiffeuse à Arras et Clément, professeur de philosophie, parisien, cultivé accessoirement auteur. 
Pour l'anecdote: ça commence sur les chapeaux de roue. Clément apprend qu'il doit partir à Arras, le recteur lui répond ça pourrait être pire "Charleville Méziere" et Clément de répondre : "pourquoi pas Limoges aussi?" (J'étais la seule à rire!!) 
Voilà notre bel enseignant débarquant dans la ville du nord, logé  à l'hôtel, qui fait la connaissance de la pimpante et optimiste coiffeuse. Lui est silencieux, à l'écoute, elle est volubile, gaie. Elle aime les karaokés dans lesquels elle "chante sa vie" avec ses deux copines du salon (extraordinaire de sincérité lorsqu'elle chante sans doublage !) , Clément lit Kant et Dostoïevsky, Jennifer aime Anna Gavalda et lit Public (en rêvant d'une vie de couple façon Aniston/Theiroux).
Lucas Belveau filme avec beaucoup d'intelligence leur premier Perrier, leurs premiers cinéma/baiser/resto/nuit/surnom... Mais aussi les premiers doutes de Clément face à cette femme radieuse mais si différente de lui. Le film devient alors plus sombre, grave et compliqué. Il montre que ce qui sépare les deux êtres, c'est la culture mais plus que ça, l'origine, le milieu. Est-on prisonnier de son milieu social? Peut-on, au delà des premiers mois de passion charnelle dépasser le fossé de l'érudition? Car même si Jennifer raisonne souvent avec beaucoup de finesse (elle est "kantienne" lui dit Clément), est-ce assez ? 
A voir assurément!! 
Et la très belle émission : 

22 avril 2014

Une promesse

J'ai bien aimé Une Promesse pour diverses raisons. Parce que c'est un film d'amour adapté d'une nouvelle de Zweig, tout en lenteur et en pudeur. Parce qu'entre la jeune et ravissante épouse du vieil entrepreneur malade et le jeune secrétaire, on sent cette flamme non avouée mais évidente. Parce que Patrice Leconte nous fait ressentir l'émoi, le manque de l'autre et la peur de se perdre. 
Avis aux amateurs de fougueux baisers et d'intrigue : passez votre chemin, c'est tout l'inverse, et c'est de mon point de vue, le charme de ce film. 

21 avril 2014

Baby-sitting

Comédie originale mais trop longue au démarrage... Voilà la première pensée que j'ai eu à l'issue de la projection. L'histoire c'est celle de Franck, dessinateur de BD amateur qui cherche un éditeur. Un jour, son richissime patron Gérard Jugnot lui promet de jeter un œil à ses planches s'il accepte de garder son môme, Rémi l'insupportable. Sauf que la soirée ne se déroule pas comme prévu puisque les potes de Franck débarquent pour les 30 ans de l'apprenti baby-sitter, dans la maison d'architecte, ou s'entreposent œuvres d'art et animaux de collections. A leur retour, au petit matin, le couple parental (jugnot et la princesse couraut) retrouve la maison retournée, sans gamin et une vidéo de la soirée...
Le film est assez original puisque tout est filmé à la caméra amateur par les potes ivres morts. On les suit tout au long de la soirée, de l'arrivée de la stripteaseuse jusqu'à la fête foraine en passant par la course de Mario kart. Ça fait amateur (c'est le but), c'est un peu le bordel (c'est aussi le but), c'est très alcoolisé (c'est très classique en soirée), c'est un peu moralisateur et ça finit comme un conte de noël mais ce n'est pas détestable. De là à dire que c'est LA comédie française que l'on attendait (comme j'ai pu le lire) non, non et re-non! 

20 avril 2014

Barbecue

Je m'aperçois que mes avis sont probablement biaisés par la qualité de ma journée. Parce qu'entre nous soit dit, ce film de vacances entre potes avec Lambert Wilson, Florence Foresti, Franck Dubosc est loin d'être un bon film. Et pourtant, je n'ai pas passé un moment désagréable. C'est un peu l'esprit "cœur des hommes" (le premier), avec plus de barbaque et de pinard, Dubosc est supportable (l'âge, peut être...) et quelques répliques sont marrantes. Reste que c'est du vu et revu. Ma conclusion, journée pourrie, humeur triste + navet sympathique/plein de bon sentiment = Avis presque positif!

18 avril 2014

Les yeux jaunes des crocodiles

En 2008, la lecture du livre pavé de Katherine Pancol m'avait franchement ennuyée : ses personnages ne m'ont jamais touchée et son ecriure ne me "parle" pas. 
En 2014, la version film ne m'a pas transportée non plus.
Côté acteurs, rien à reprocher : Emmanuelle Beart, lèvres gonflées à l'hélium est parfaite dans le rôle d'Iris, personnage égocentrique et insupportable. Julie Depardieu incarne sa sœur, celle que l'on a moins aimée, moins flattée, petite chose frêle à l'air abattu. Bruel est bon (comme d'habitude! C'est un bon acteur, je persiste) et Alice Isaaz incarne avec pas mal de finesse cette nièce manipulatrice, quasi diabolique (elle ira loin cette petite!!) Et pourtant, ça sonne faux, ça manque d'âme, de cœur... et de cinéma! Les plans figés se suivent, les lumières artificielles sont étranges, les baisers sous la neige ont un air de téléfilm, les décors frôlent parfois le carton pâte (volonté de la réalisatrice?) et au final, c'est comme si la machine ne prenait jamais. Au fond, je n'y ai vu que la mise en image, de pages qui ne m'avaient déjà pas séduites.

Dancing in jaffa

Emouvante que cette histoire d'un professeur de danse de salon dont le rêve est de faire danser des enfants palestiniens et israéliens. 

13 avril 2014

Avis de Mistral

Ou plutôt "Avis de navet"
Présenté comme une "bonne petite comédie à regarder en famille" par les spectateurs (4 cœurs spectateur sur allociné), je me suis aventurée. 
Étonnamment la presse s'était gardée de tous commentaires. Tu m'étonnes!! C'est tellement raté que c'est à pleurer de rire. Une histoire gnangnan, des clichés à la pelle, des dialogues dignes d'AB production et le pire : Jean Reno. 
L'histoire c'est celle de 3 gamins (2 ados et un plus petit) qui se retrouvent pour les vacances d'été chez un grand-père acariâtre (Jean Reno) qu'ils n'ont jamais vu (leur mère s'étant barrée à 17 ans du cocon familial). Comme Mamie a gardé le contact, elle part à Paris récupérer les gamins (dont les parents sont entrain de divorcer) pour les rapatrier dans la maison du Midi. 
Au programme: conflit de génération (ex: le vieux s'entrave dans la prise de l'iMac) et déballage de secrets de famille. Mais comme c'est pour toute la famille, tout est bien qui finit bien, chacun met de l'eau dans son vin (ou son pastis) et s'apprivoise  (ne m'accusez pas de spoiler, c'est couru d'avance).
Ajoutons quelques amourettes d'été pour les deux ados: avec le pizzaïolo (accessoirement trafiquant de coke) pour la fifille, la marchande de glace (Aure Atika) pour le grand (particulièrement travaillé par les hormones).
Il y a tous les clichés possibles et imaginables : les accents, les cigales, les oliviers, les ballades à cheval en Camargue, le thym, la garrigue. Coté acteurs, c'est facile, les plus vieux sont les pires. Le meilleur, c'est le petit dernier, qui du haut de ses 5 ans mais peu de dialogues (il est sourd) se révèle être le plus attendrissant. Jean Reno est de très loin le plus mauvais, voire ridicule. On ne croit en rien, ni à son alcoolisme, ni à son passé de biker soixante-huitard. 
Passé, qui donne lieu à des scènes plus ridicules les une que les autres. Pour exemple, grâce au petit-fils un peu geek (par "geek", entendre "inscrit sur Facebook"), papy Réno retrouve ses potes de Woodstock, bikers (évidemment barbus et tatoués) qui ne disent pas " il faisait froid"  mais "on se gelait les couilles". Poncifs, quand tu nous tiens...
J'oubliais,  parmi les vieux potes: Hugues Aufray et sa guitare. Le joint tourne, les souvenirs refont surface et là, on demande à Hugues Aufray (je vous le jure) : "et toi, dis-moi, tu t'es marié?" Il attrape la guitare... j'ai cru qu'il allait nous faire un couplet de "dis-moi Céline" !!! 
Bref, fuyez!

6 avril 2014

Nebraska

Ce film d'Alexander Payne (dont j'avais aimé " the descendants" ) m'a fait passer par tous les sentiments. Dans un premier temps, j'ai eu (je l'avoue) du mal à rentrer dans le film, probablement à cause de sa lenteur et son noir et blanc. Attirée par le pitch et de bonnes critiques presse, j'y allais optimiste! Pourtant, pendant toute  la première demi-heure, j’étais dubitative.  L'histoire est la suivante: le vieux Woody, persuade d'avoir gagné à la loterie rêve d'aller chercher son lot (et s'acheter une camionnette et un compresseur!). Sauf qu'il n'est plus du tout capable de conduire. Son fils, David, pour l'apaiser décide de l'emmener à Lincoln chercher ce million de dollars qui n'existe que dans son esprit. Sur la route, ils vont s'arrêter dans la ville natale de Woody, et y retrouver sa famille (des personnages mesquins, aussi cupides que stupides) des vieilles connaissances mais aussi des êtres dont la mémoire va permettre a David de connaître mieux ce père taiseux. Et au fur et à mesure, une certaine magie opère. On se met à savourer ce noir et blanc, ces visages ridés, cette musique (comme une ritournelle). On s'enfonce avec eux (et beaucoup de plaisir) dans cette Amérique profonde, hors du temps, dans une de ces villes sans charme, ou les vieux regardent passer les pickups. On s'attache à Woody ce père farfelu qui a perdu la boule et son fiston, qui cherche surtout à (re)trouver son paternel. Leur mère (sacrée bonne femme) et le frère, les rejoindront plus tard J'ai ri (magiques scènes du compresseur!!) et j'ai pleuré aussi devant un final un peu attendu mais poignant. J'en suis sortie, les yeux tout humides, mélancolique, en me disant, que c'était sacrément émouvant.

4 avril 2014

Regarde les lumières mon amour d'Annie Ernaux

Quel pertinence! Quel regard! 
Ou comment allier talent d’écrivain et étude sociologique. Annie Ernaux (dont je n'avais rien lu jusque là) s'est glissée pendant un an dans un hypermarché Auchan, s'est fondue à la masse, a scruté les détails, les visages, les comportements. En 70 pages, on la suit avec un plaisir infini dans ses rayons sans fin, on fait la queue avec elle, on tâte les fruits, on s'énerve contre un chariot réticent mais surtout on s'émerveille de son analyse si fine. Je l'ai lu d'une traite et reposé à regret, en me disant "j'en aurais bien pris une deuxième part!"
Enfin, j'adresse un double merci: à l'humeur vagabonde d'abord pour cette jolie interview de l'auteur, entendue un soir de retour du boulot (Annie Ernaux s'y dévoilait, lisait quelques extraits et nous mettait l'eau à la bouche) et au billet de "Sans connivence" ensuite, qui a fini de me convaincre de foncer acheter ce livre (au prix dérisoire). 

L'art de perdre

Mais comment avais-je pu passer à côté de ce chef-d’œuvre ? Acheté il y a neuf ans, au moment de sa sortie, il m’était littéralement tombé ...