13 juillet 2016

L'outsider

3eme film du weekend (si ce n'est pas du rattrapage intensif ça ?) 

L'histoire vraie de Jérôme Kerviel racontée par le réalisateur des Choristes. Dit ainsi, ça pourrait faire peur,  le résultat est un thriller financier et psychologique convaincant et totalement captivant.
Christophe Barratier fait le choix d’adopter le point de vue du trader, un jeune provincial qui, happé par  un système gouverné par le fric, va perdre les pédales. Il n'était pas prédestiné à ça notre jeune financier, DESS en poche quand il se retrouve minuscule à la Défense devant les grandes tours de la Soc Gé!
On sent que l’intérêt du film et la volonté de ses réalisateur ne résident pas dans l'explication technique de la magouille mais visent plutôt à montrer que le fric contrôle tout, que ces jeunes et brillants traders sont emportés par un système qui les dépasse.  Que vaut un appartement à 200 000 euros quand, en un coup de poker, on empoche le quadruple ? Tout les hauts responsables de la Société Générale savaient, cela ne fait aucun doute, sauf qu'on l'a laissé jouer jusqu'au point de non retour. 
Arthur Dupont avec son air juvénile est plus que parfait dans ce rôle de gamin transformé en acharné du "meilleur coup financier", happé par un système diabolique... (en plus d’être physiquement parfait!). François-Xavier Demaison est magistralement cynique!
A la sortie bien que n'ayant pas tout saisi des "carpets", "spiel" ou autres magouilles financières, j’étais en revanche convaincue d'avoir passé un excellent moment de cinéma!

9 juillet 2016

Irréprochable

Le film qui donne envie de reprendre une carte UGC illimité! (Note au Père Noël)...
On est très rapidement plongé dans l'ambiance. Constance est agent immobilier,  dort dans de jolis apparts en vente dont elle a les clefs,  fume clope sur clope, a de ravissantes  blouses en soie (du temps où elle gagnait sa vie). Car oui, Constance a perdu son job, visiblement virée par un patron haineux et lubrique...Elle décide de retourner dans le sud pour s'en sortir, retrouver sa maison d'enfance, l'agence de ses débuts et Philippe (incarné par le beau Jeremy Elkaim) qu'elle a probablement beaucoup fait souffrir.  De retour sur cette terre natale, elle retrouve cette grande maison qu'on imagine sentir le renfermé, ses leggings fleuris, ses t-shirts Nesquik et Fido Dido et tente de refaire surface. Elle court aussi, beaucoup, après quoi ? Une forme de jeunesse, de reconnaissance, une beauté perdue (incarnée par la divine rivale perchée sur des talons de 10 cm) et une place dans le monde du travail. Sauf que petit à petit, le drame se trame et les pensées morbides s'aiguisent. Je suis littéralement restée scotchée à ce personnage diabolique englué dans sa détresse ! Quelle actrice... ambiguë, froide, calculatrice sous ses airs d'adolescente.
Le réalisateur montre avec talent la solitude crée par le licenciement,  la tension est de tous les instants. Le drame est au bout du scénario...

Retour chez ma mère

3 juillet 2016

Je te donne

Comment j'ai entendu parler de ce mini livre, aucun souvenir. Ce que je sais en revanche, c'est que j'aime les trois auteurs: Agnès Ledig, Baptiste Beaulieu (que j'adore et suis au travers de son blog et des ses romans) et Martin Winckler (découverte adolescente, je n'ai jamais cessé d'aimer cet auteur). Les voici réunis pour 3 nouvelles en partenariat avec l'Etablissement français du sang. 
Au travers de 3 histoires, celle de  Rebecca , celle de Gaëlle et Julien (et leur rencontre autour d'une tarte au pomme) et l'éternelle Rachel, le livre parle du don, des raisons d'être généreux, de nos motivations (profondes, inexplicables), de nos appréhensions, nos excuses " "pas le temps, la flemme, la phobie de l'aiguille!"
Une fois refermé, on se dit "demain, j'y vais!"

28 juin 2016

Cafe society

Cher Woody : je suis déçue. Déçue par cette absence d'originalité, déçue par cette presque facilité, quasi mollesse! Toujours le même propos, les mêmes références. Alors qu'il y a deux ans, tu m'avais tant amusée avec "Magic in the moonlight", variation pleine d'humour et de finesse sur le spiritisme dans un cadre original, là, tu t'enlises dans ton New York adoré, tes Amants éternels et les amours contrariées! Restent Jesse Eisenberg et Kristen Stewart : aussi épatants l'un que l'autre. 

19 juin 2016

Julieta

Un très bon Almodovar : un qui vous emporte sur les chemins de la maternité, de la féminité, du secret et de la famille! Qui plus est, un jour de fête des mères, on en sort remué.
Point de steward bourrés, ni d'hystérie aérienne comme dans Les Amants passagers que j'avais trouvé insupportable et moins d'anticonformisme que d’ordinaire : juste une histoire sombre et gracieuse de femmes. Les actrices sont d'une élégance rare, la mise en scène colorée, les flash-backs pas trop nombreux. Quant à la scène du train: elle est tout simplement époustouflante à la fois par sa mise en scène que par son propos, métaphore du temps qui file, de la fugacité des choses (rarement vu une aussi belle nuit d'amour). 
J'en suis sorte tremblante. 


22 mai 2016

En gare de Limoges-Bénédictins. Instantanés

Merci aux Ardents Editeurs et à Babelio pour cet envoi ciblé!
Le photographe Fabrice Varieras, parvient à restituer dans un bien joli ouvrage de photographies en noir et blanc (pour la plupart), l'originalité de ce monument art-déco, assez connu et pas que des limougeauds! L'ouvrage mêle photos de détails (café, chariots, vitraux) et vues plongeantes sur des quais parfois déserts...
Note pour les non limougeauds : elle  constitue avec la porcelaine et les madeleines: la fierté de la ville! 

6 mai 2016

Roland est mort


Roland est mort mais moi je vais mieux! Beaucoup mieux même...Voici ce que j'ai ressenti lorsque j'ai refermé la dernière page de ce roman-bijou écrit pas un jeune auteur landais : Nicolas Robin (dont j'attends avec impatience le prochain opus). Roland est mort : mais qui est Roland ? Justement, Roland c'est personne et tout le monde à la fois, le voisin un peu discret dont on ne connait rien et dont on ne cherche finalement rien à savoir. Roland a un chien, qui s'appelle Mireille, rapport à sa passion pour la grande chanson française. L'histoire est racontée par son voisin de palier un quarantenaire un peu misanthrope, solitaire et désabusé (et pourtant terriblement attachant) qui récupère le chien de Roland, l'urne et les emmerdes. Et nous, lecteur on est emballé, d'abord un peu coincé entre les étages de cet immeuble, l'urne dans une main, le caniche dans l’autre souriant souvent à ces situations doucement cyniques. Puis nous voila embarqués  dans un bus toujours avec l'urne, chez une mamie qui perd la boule, une maman qui fait des jolies salades colorées en surveillant un papa qui plane. Une fois commencé, impossible de le reposer. (NB = c'est chouette les jeudi fériés !)
Bon, en matière de littérature, je manque d'éclectisme : j'avoue une préférence pour ces livres intimes, livre de rencontres, à la fois cyniques et émouvants. Entre huis clos et road-movie, le roman  parle avant tout de solitude dans notre monde "si connecté" pourtant ! C’est drôle, plein de tendresse et souvent mordant.

13 avril 2016

89 mois

Tout d'abord, merci à BABELIO et aux éditions PRELUDES pour cet envoi "ciblé"! Quand j'ai reçu le mail me demandant si j'acceptais de lire l'histoire d'une célibataire de 33 ans en mal d'enfant qui tente par tous les moyens de tomber enceinte avant ses 40 ans (soit dans 89 mois) j'ai ressenti comme un frisson, un sentiment d'espionnage 2.0. Ils les sélectionnent comment les lecteurs/trices? Sur la date de naissance? Jeanne a 33 ans, comme moi! Jeanne est célibataire, moi aussi... Jeanne fait des joggings le dimanche, (pareil, le mardi et le samedi en plus). Jeanne a de très bons potes (Éléonore, Nicolas, Félix, Alice, Boris and Co) qui font des bébés, se casent, déménagent! Oui oui, j'ai les mêmes! Elle a aussi un sex-friend -accessoirement pharmacien, travaille à la SNCF et crève d'avoir un môme : OUF... pas moi! 
Ce livre n'a rien d'inoubliable : il n'est ni hilarant, ni particulièrement bouleversant  mais a ce petit quelque chose d'accrocheur oscillant entre émotions et légèreté. On se laisse naturellement emporter par les déboires de cette nana dont la vie est rythmée par les trajets Paris/Auxerre, les footings et les tests de grossesse désespérément négatifs après des plans cul sans lendemain. De ce côté-là, faut bien avouer,  elle est allègrement servie (quitte à faire perdre un peu de réalisme au livre) : le gars du train, un vendeur de vélo du bon coin, le frère de l'une ... Euh? Ma propre  vie est donc si morose? Il n'y a pas que dans BIBA/ELLE qu'on voit cela !?!? 
Bien que personnellement à mille lieux de ces préoccupations maternelles, je reconnais avoir été intriguée par cette fille, attendrie souvent, parfois agacée. Est-elle profondément égoïste ou simplement normale? De quel droit "faire un gamin sans accord de monsieur" ? Pour occuper sa vie, la rendre moins "stérile" ? Est-ce le propre d'une vie de femme que de devenir mère ? Je ne le pense pas, mais je respecte celles qui n'imaginent pas leur vie autrement. Bref, le sentiment d'un tout petit mais agréable moment de lecture.


tous les livres sur Babelio.com

9 avril 2016

Médecin de campagne

Si j'étais très sévère, je parlerais de doux mélange entre l'instit et l'amour est dans le pré! Comme je suis relativement bon public, disons que c'est un gentil téléfilm sur la médecine rurale, ses vieux qui souffrent, se blessent avec des meuleuses, ses fermes, ses oies et autres bêtes! Ça se laisse gentiment regarder (grâce à Cluzet et Denicourt) ...sans jamais emballer! 
Qu'est ce qui fait qu'on n'a pas l'impression d'être au cinéma? Probablement, un excès de démonstration, de bons sentiments, le manque de profondeur des personnages et l'absence de sous-entendus. Pourtant, le sujet est émouvant (Martin Winckler l'avait abordé avec sensibilité et d'autres plus jeunes (Baptiste Beaulieu ou JADO) osent parler- souvent avec beaucoup d'humour, de ces zones de campagne désertiques et/ou de ces chariots plein de vieux aux urgences qui seraient mieux chez eux!) 
Bref, un peu déçue! 

4 avril 2016

Saint amour

Bien trop alcoolisé pour moi, beaucoup trop à jeûn pour trouver ça drôle !

Brooklyn

Absolument conquise par cette histoire d'amour irlando/américain, de cœur déchiré entre deux continents qui, évidement, a résonné en moi assez fortement. Oui, je n'ai pu m'empêcher de repenser à mon histoire, mon année  outre-Atlantique, mes rencontres, ce sentiment si fort d'appartenir à deux villes et de ne pas parvenir à choisir...
Le film est littéralement porte par son actrice, tellement gracieuse et juste. On  la découvre  d'abord timide, fragile européenne perdue dans ce pays idéalisé puis s'épanouissant pleinement dans ce New-York des années 50.
Un vrai bon moment de Ciné, en VO en plus!!

3 avril 2016

Keeper

Mel est amoureuse de Max, ils ont 15 ans et l'insouciance de leur âge. Elle tombe enceinte à l'âge où ses copines boivent leurs premières bières; il se retrouve futur père alors qu'il nourrit des rêves sportifs. On est souvent surpris, par leur choix, on y découvre surtout un jeune homme particulièrement touchant, entre son rêve de football et cette paternité brutale. Les premières minutes, j'étais perplexe, un peu agacée par ce langage adolescent et cette réalisation "trop réaliste" puis, je me suis laissée emporter par le talent de ces deux mômes, fragiles et forts pour ne plus les lâcher ! Rien n'est trop appuyé : oui, il est bien question de "reproduction de schéma familiaux", d'une gamine qui répète l'histoire de sa mère, d'un ado qui tente de réaliser le rêve sportif de son père, mais il est avant tout question d'un passage de l'enfance à l'âge adulte (et ses tracas) avec beaucoup de finesse.

Poussière d'homme

La couverture est aux couleurs des eaux tropicales de la semaine de vacances qui a bercé la lecture de ce court roman tragiquement beau.
C'est une histoire d'amour très belle mais très triste. Ils s'aiment, l'un tombe malade, l'autre l'accompagne, du diagnostic au dernier souffle et même après. On sent entre les lignes toute l'amour et la tendresse de l'auteur pour cet homme admiré. Avec talent, David Lelait nous décrit ce vide, la perte de l'être aimé, celui qui vous guide, vous aide à vivre. Ses mots, poétiques m'ont tellement émue que j'en pleurais sur mon catamaran - pestant contre les embruns! 

(Seul livre de ces quelques jours de  vacances d'ailleurs!) 

L'art de perdre

Mais comment avais-je pu passer à côté de ce chef-d’œuvre ? Acheté il y a neuf ans, au moment de sa sortie, il m’était littéralement tombé ...