2 septembre 2016

Livres et Sardaigne

Au programme de cette semaine de vacances ensoleillées, il y eut : 
1. Les putes voilées n'iront jamais au paradis de Chahdortt DJAVANN (laissé dans le hall de l'hôtel par un client ...)
2. Repose toi sur moi le dernier Serge Joncour (dévoré en 72h)
3. Dans les prairies étoilées de Marie Sabine Roger (parfait entre 2 baignades)

Les 3 avis arrivent ! 

17 août 2016

Les deux pigeons


Tout d'abord, un grand merci aux éditions Gallimard et Masse critique de Babelio de m'avoir fait découvrir ce livre de la rentrée littéraire, que j'ai sincèrement adoré!

"Deux Pigeons s'aimaient d'amour tendre. 
L'un d'eux s'ennuyant au logis 
Fut assez fou pour entreprendre 
Un voyage en lointain pays…"

Tels sont les premiers vers de la fable de Lafontaine.

Qui sont donc nos deux pigeons, ici ? Elle s’appelle Dorothée, lui c’est Théodore, son anagramme, son amoureux, sa moitié. Comme les pigeons de la Fable, on les imagine roucouler, se regarder, se suffire. Il s’aiment, s’installent ensemble, bâtissent leur nid. Débarquent les premières décisions de couple :  il faut choisir ensemble le premier canapé et investir dans un nouveau sommier, ils hésitent, beaucoup... entre latex et ressorts ensachés! Succèdent les questionnements sur la bouffe bio, la poursuite d’une thèse inachevée, le mariage, le bébé. Dans ce livre cynique sur le couple ordinaire des années 2000, c'est nous que l'auteur dépeint. Ils sont nous, nous sommes eux. On s’amuse de leurs hésitations, politique, littéraires, familiales, culinaires....on s'interroge sur les nôtres aussi ! Fait-on nos propres choix ou suivons-nous des modèles ancestraux que l’on nous a enseignés ? Des études (longues...), une thèse (interminable! ), un mariage (incontournable?). L’auteur nous propose un roman réaliste, déroutant, parfois grinçant qui se lit d’une traite. La plume est à la fois gracieuse et ironique pour mieux dépeindre leurs atermoiements.

Totalement sous le charme de ce roman, je me suis empressée de lire le premier de l’auteur, (Prix Goncourt du premier roman) "un homme effacé", dans un genre totalement différent mais ultra réussi également.

Je RECOMMANDE vivement !!

Avant toi

De Jojo Moyes
Presque un peu honteuse d'avoir lu en 2 voyages en train ce roman de minette totalement addictif et dénué de toute qualité littéraire, sans pouvoir le lâcher! Ceci dit, contrairement à un certain nombre de chicklitt', la lecture est plutôt fluide et la traduction n'est pas déplorable.  L'histoire c'est la version british et homme/femme de Intouchable. Mélangez un tétraplégique beau comme un dieu, ex-trader londonien décidé à en finir et une fraiche aide soignante, ex-serveuse, qui trime pour toute sa famille et aux goûts vestimentaires douteux, assaisonnez d'un romantisme campagard, vous obtenez Avant toi.
J'ai attendu pendant 200 pages le premier effleurement, qui est arrivé page 235 quand elle lui arrache à coup de dents l'étiquette de sa chemise neuve! J'étais hystérique ...j'ai ensuite attendu d'autres coups de dents (en vain!). Faut que ce soit lisible par les 13-16 ans! Me suis donc rabattue sur les regards langoureux, émue par leur duo, j'ai tremblé à chaque sortie en fauteuil roulant et chialé à la fin : n'est-ce pas la définition du #livredevacances ? 


8 août 2016

Dix-sept ans

Elle est fille de médecin, parisienne, bourgeoise. On l'imagine ravissante, gaie, avec ses T-shirt  Agnès B et son Levis. Elle a tout pour être heureuse, des parents aimants, un "amant", la vie devant elle...Elle a dix sept ans, l'âge où l'on n'est pas sérieux,  l'age de l’insouciance et des premiers émois, l'âge où l'on découvre la peau de l'autre, la courbe d'une cheville, le goût de l'autre.
Sauf qu'à 17 ans, certains grandissent d'un coup. Brutalement.
Pendant de longues années, l'auteur taira ce secret d'un avortement qui "ne devait pas laisser de trace", pour le laisser éclater bien des années plus tard dans ce roman autobiographique aussi court que réaliste.
On y sent le poids du secret et une absence latente qui pèse; on sent aussi que Colombe Schneck est ce qu'elle est aujourd’hui car elle a traversé cet épisode, cet "événement "comme le qualifie Annie Ernaux. Point d'oubli, juste de la résillience. 

3 août 2016

Un homme effacé

Je n'aurais jamais découvert ce jeune auteur (ni son premier roman) si Babelio ne me l'avait fait découvrir avec les romans de la rentrée littéraire (attendez le 18 août...).
Dans ce roman finement construit, il est question d'emballement du système judiciaire, de culpabilité 2.0.  Le personnage principal  Damien North est professeur de philosophie, veuf, introverti. Sa vie s'écroule des les premiers chapitres: il est accusé à tort de détenir sur son ordinateur des images pédopornographiques. Pas de détails scabreux, rassurez vous, l’intérêt du livre n'est pas là (heureusement). L'idée est le récit de l'engrenage judiciaire, qui ne voit plus que par une seule fenêtre: celle de la culpabilité évidente. La société qui l'entoure, moralisatrice a trouvé le coupable idéal quitte à le détruire...
Car ce qui intéresse l'auteur (et son lecteur) c'est comment ressort-on d'une erreur judiciaire ? quel avenir, quel après ?
 Le livre a reçu le prix Goncourt du 1er roman, j’approuve! Tant pis pour ceux qui reprochent à l'auteur une intrigue vue et revue. Ne boudons pas notre plaisir : c'est habile, haletant (la partie en prison assortie de tests psychologiques est suffocante) et le regard sur notre société de préjugés et de certitudes est troublant.
Dévoré en quelques jours, je le recommande fortement.
NB: en version ePub pour ceux qui veulent :)


20 juillet 2016

Juillet Aout

La bande-annonce laisse présager un film français rythmé, pêchu et estival : le résultat est un téléfilm bancal, sympathique sans plus, mais néanmoins estival!
Juillet : Laura 14 ans et Joséphine 17 ans partent dans la villa du sud  avec leur beau-père et leur mère. Au programme soirées alcoolisées, piscine, robes de plage, sorties en scooter avec les copains et fricotages avec le badboy de la bande : les vacances dont on a tous rêvé (oui, toi tu sais!). Sauf que maman, 45 ans apprend qu'elle attend un enfant de beau papa. 
Août : adieu soleil de la cote d'Azur, bienvenus les embruns, direction la Bretagne chez papa! Là-bas on pêche les crabes, on met des bottes, on mange des crêpes et on fait de l'optimiste (clichés ?).
Comme il faut lier les deux histoires, Diastème le réalisateur a cru bon d'ajouter une histoire de vol de bijoux qu'il espère nous faire avaler et là, elle est franchement lourdingue la galette de sarrasin!
Bref, cela ne fait pas un grand film tout ca... vaguement un gentil téléfilm France télévision qui donne juste très envie de vacances au nord, au sud, selon les goûts :)
De ce film, je retiendrai surtout les deux adolescentes, hyper natures et attachantes  et la bande-son géniale de mon chouchou Alex Beaupain.

19 juillet 2016

Les chevaliers blancs

À la sortie de ce film je suis dubitative ! Ai-je aimé ? Pas sure...mais faut-il aimer un film qui raconte un fiasco politique ?
Le film est inspiré d'une histoire vraie, l'arche de Zoé et son gourou interprété par Vincent Lindon. 
On en sort un peu ballotté entre bien et mal sans vraiment savoir où se placer...

Le 18 août ...


13 juillet 2016

L'outsider

3eme film du weekend (si ce n'est pas du rattrapage intensif ça ?) 

L'histoire vraie de Jérôme Kerviel racontée par le réalisateur des Choristes. Dit ainsi, ça pourrait faire peur,  le résultat est un thriller financier et psychologique convaincant et totalement captivant.
Christophe Barratier fait le choix d’adopter le point de vue du trader, un jeune provincial qui, happé par  un système gouverné par le fric, va perdre les pédales. Il n'était pas prédestiné à ça notre jeune financier, DESS en poche quand il se retrouve minuscule à la Défense devant les grandes tours de la Soc Gé!
On sent que l’intérêt du film et la volonté de ses réalisateur ne résident pas dans l'explication technique de la magouille mais visent plutôt à montrer que le fric contrôle tout, que ces jeunes et brillants traders sont emportés par un système qui les dépasse.  Que vaut un appartement à 200 000 euros quand, en un coup de poker, on empoche le quadruple ? Tout les hauts responsables de la Société Générale savaient, cela ne fait aucun doute, sauf qu'on l'a laissé jouer jusqu'au point de non retour. 
Arthur Dupont avec son air juvénile est plus que parfait dans ce rôle de gamin transformé en acharné du "meilleur coup financier", happé par un système diabolique... (en plus d’être physiquement parfait!). François-Xavier Demaison est magistralement cynique!
A la sortie bien que n'ayant pas tout saisi des "carpets", "spiel" ou autres magouilles financières, j’étais en revanche convaincue d'avoir passé un excellent moment de cinéma!

9 juillet 2016

Irréprochable

Le film qui donne envie de reprendre une carte UGC illimité! (Note au Père Noël)...
On est très rapidement plongé dans l'ambiance. Constance est agent immobilier,  dort dans de jolis apparts en vente dont elle a les clefs,  fume clope sur clope, a de ravissantes  blouses en soie (du temps où elle gagnait sa vie). Car oui, Constance a perdu son job, visiblement virée par un patron haineux et lubrique...Elle décide de retourner dans le sud pour s'en sortir, retrouver sa maison d'enfance, l'agence de ses débuts et Philippe (incarné par le beau Jeremy Elkaim) qu'elle a probablement beaucoup fait souffrir.  De retour sur cette terre natale, elle retrouve cette grande maison qu'on imagine sentir le renfermé, ses leggings fleuris, ses t-shirts Nesquik et Fido Dido et tente de refaire surface. Elle court aussi, beaucoup, après quoi ? Une forme de jeunesse, de reconnaissance, une beauté perdue (incarnée par la divine rivale perchée sur des talons de 10 cm) et une place dans le monde du travail. Sauf que petit à petit, le drame se trame et les pensées morbides s'aiguisent. Je suis littéralement restée scotchée à ce personnage diabolique englué dans sa détresse ! Quelle actrice... ambiguë, froide, calculatrice sous ses airs d'adolescente.
Le réalisateur montre avec talent la solitude crée par le licenciement,  la tension est de tous les instants. Le drame est au bout du scénario...

Retour chez ma mère

3 juillet 2016

Je te donne

Comment j'ai entendu parler de ce mini livre, aucun souvenir. Ce que je sais en revanche, c'est que j'aime les trois auteurs: Agnès Ledig, Baptiste Beaulieu (que j'adore et suis au travers de son blog et des ses romans) et Martin Winckler (découverte adolescente, je n'ai jamais cessé d'aimer cet auteur). Les voici réunis pour 3 nouvelles en partenariat avec l'Etablissement français du sang. 
Au travers de 3 histoires, celle de  Rebecca , celle de Gaëlle et Julien (et leur rencontre autour d'une tarte au pomme) et l'éternelle Rachel, le livre parle du don, des raisons d'être généreux, de nos motivations (profondes, inexplicables), de nos appréhensions, nos excuses " "pas le temps, la flemme, la phobie de l'aiguille!"
Une fois refermé, on se dit "demain, j'y vais!"

28 juin 2016

Cafe society

Cher Woody : je suis déçue. Déçue par cette absence d'originalité, déçue par cette presque facilité, quasi mollesse! Toujours le même propos, les mêmes références. Alors qu'il y a deux ans, tu m'avais tant amusée avec "Magic in the moonlight", variation pleine d'humour et de finesse sur le spiritisme dans un cadre original, là, tu t'enlises dans ton New York adoré, tes Amants éternels et les amours contrariées! Restent Jesse Eisenberg et Kristen Stewart : aussi épatants l'un que l'autre. 

19 juin 2016

Julieta

Un très bon Almodovar : un qui vous emporte sur les chemins de la maternité, de la féminité, du secret et de la famille! Qui plus est, un jour de fête des mères, on en sort remué.
Point de steward bourrés, ni d'hystérie aérienne comme dans Les Amants passagers que j'avais trouvé insupportable et moins d'anticonformisme que d’ordinaire : juste une histoire sombre et gracieuse de femmes. Les actrices sont d'une élégance rare, la mise en scène colorée, les flash-backs pas trop nombreux. Quant à la scène du train: elle est tout simplement époustouflante à la fois par sa mise en scène que par son propos, métaphore du temps qui file, de la fugacité des choses (rarement vu une aussi belle nuit d'amour). 
J'en suis sorte tremblante. 


Nos père, nos frères, nos amis. Dans la tête des hommes violents

Je crois que je suis dans une lancée.  Après le livre de Gisèle Pélicot, qui m’a littéralement laissée à terre, j’ai enchaîné avec "Les...