23 octobre 2016

Chanson douce

Qu'il est troublant ce livre !
Il dérange, il captive...dès le premier chapitre. En quelques lignes, on comprend qu'il y a eu un assassinat, celui de deux gamins, et un suicide raté, celui de leur nounou. 
Chapitre 2, la vie est là, les gamins bien vivants. Louise, la nounou débarque dans la vie d'un jeune couple parisien, Paul et Myriam. Elle a tout pour plaire cette Louise,  aime les enfants (plus que la sienne), elle astique, elle cuisine, repasse, attentive au moindre détails. Discrètement, elle se rend indispensable. Leïla Slimani avec talent conte l’intolérable, la folie ordinaire, au travers du portrait d'une famille bourgeoise, parisienne, trop occupée, face à la psychose latente d'une nourrice. Et le lecteur est happé, à la recherche de détails, de ce grain de sable qui va tout faire grincer, la tension monte, il le sent. Page après page, le malaise s'installe, insidieusement, la lutte des classes est palpable (jamais écrite), la jalousie est en filigrane, la folie progressive. C'est un thriller : un vrai, un grand !

Le teckel

Un film atypique : entre poésie, cynisme, tendresse et âpreté. C'est l'histoire d'un teckel (wiener-dog) (oui, je l'ai vu en VO!!) qui passe de famille en famille et y plonge le spectateur. Il sera tour à tour le meilleur ami d'un jeune garçon rescapé d'une maladie  élevé dans une famille aseptisée (fabuleuse Julie Delpy), récupéré par une jeune vétérinaire seule et perchée (Greta Gerwig que j'avais tant aimée dans Frances Ha), amoureuse d'un marginal, puis par un jeune couple de trisomiques, un scénariste raté (Danny deVito) et une vieille acariâtre en fin de vie. 
La petite bête à l'intestin fragile est le témoin de situations cyniques, cruelles, absorbe leurs angoisses face à la mort, la maladie, l'échec...Il est impassible, toujours tendre, face à des situations de plus en plus noires. On y sent la solitude de ces américains, entre peur de mourir et stress de vivre! 
Intrigant moment de cinéma ...à voir! 

18 octobre 2016

Le tendre baiser du tyrannosaure

Un petit roman d'Agnès ABECASSIS dont j'avais, jusque-là, lu 2 ou 3 romans, plus ou moins oubliables! Si "tribulations d'une jeune divorcée" m'avait bien fait rigoler, "Le théorème de Cupidon" m'avait en revanche parut fade et stérile. 

Celui-là m'a été gentiment offert (MERCI S.) et dédicacé! 

Comme toujours, ça se lit aussi vite que ça s'oublie, sans peine, même dans le brouhaha d'une colonie de vacances (ahhh, les voyages en train!), avec plus de plaisir qu'un magazine...On y fait la connaissance de Félix, un paléontologue un peu trouillard, Tom le flic tatoué et romantique, Ava et sa bande de copines (Olive, Régine and co). On les suit dans leurs tribulations, leurs envies (ou pas!) de bébé, de divorces, de démission, de plan cul, le tout arrosé d'apéros de copines ;-) Rien de bien original mais de la chick litt' respectable. (On est bien loin des fous rires procurés par les crevettes tout de même !) 

10 septembre 2016

Les Crevettes ont le coeur dans la tête : Journal sexy d'une trentenaire

Un délice de chick' litt' d'une fraicheur incroyable!
C'est drôlissime (je riais comme une baleine un chapitre sur deux), bien écrit, addictif (ou comment résister à l'envie de lire aux heures de boulot!!)  et bourré de détails qui nous ressemblent toutes. Les rencards ratés, les soirées de copines, les boulets...bref les joies d'une trentenaire sexy !
Ayatollahs de Lire et ardents défenseurs de Télérama :  passez votre tour ; les autres, foncez c'est jouissif!

AD, les chickettes, vous confirmez ?

Les putes voilées n'iront jamais au Paradis

J'ai du mal à décrire ce que m'a inspiré ce livre, perdu sur une table du club de vacances dans lequel je séjournais, entre deux Harlequins et 3 "nous deux". (cynisme quand tu nous tiens...). J'avais entendu, il y a un mois, les critiques du Masque s'écharpaient au sujet de ce roman. Certains le trouvaient pornographique : il l'est. Voire racoleur (je suis moins d'accord). Certain(e)s le trouvaient réaliste et poignant : c'est vrai aussi. Chahdortt Djavann, auteur franco-iranienne mêle dans son roman, le récit de deux amies d'enfance, séparées à l'âge de 12 ans et les portraits/témoignages crus et teintés d'humour noir de prostituées iraniennes lapidées ou étranglées. À travers ces témoignages tragiques et cyniques, on comprend (si l'on peut la comprendre ?) la folie islamiste, la terreur, la haine des corps féminin, l'obsession sexuelle des hommes et la négation absolue de la féminité. Qu'ai je ressenti ? Mille choses. Assurément de la gêne, de la terreur mais aussi de la curiosité (un peu dérangeante) et un profond un sentiment de malaise aussi. On en sort non indemne, déroutée, perdue, entre réalité et fiction. A lire.

3 septembre 2016

Dans les prairies étoilées

Sur la 4e de couverture, la mise en bouche suivante : Merlin, auteur d'une série BD à succès, perd son vieux copain Laurent, qui lui a inspiré son héros, Jim Oregon. Comment continuer à le faire vivre dans ses dessins, d'autant que dans son « testament », Laurent lui impose deux contraintes pour l'album à venir. 

Mon avis : Marie-Sabine Roger (dont j'ai dévoré tous les précédents romans)  a vraiment  des talents de magicienne. J'ai simplement adoré cet opus qui mêle poésie, tendresse, esprit littéraire et humour !  
Poésie dans les descriptions des bulles de BD de ce cher Merlin, 57 ans, personnage atypique, scénariste et dessinateur de bande-dessinée et illustrateur de planches d'encyclopédie. Que de légèreté dans ses dessins d'oiseaux, que l'on imagine bourrés de détails, de couleurs, à l'image de la couverture (superbe) du livre.
Talent aussi, Marie-Sabine Roger nous embarque, saute d'un monde à l'autre : entre BD et RÉALITÉ, nous emporte avec elle dans les vaisseaux intergalactiques de ses personnages, comme dans l'atelier de Merlin. Talent littéraire particulièrement  car chaque chapitre regorge de jeux de mots, d'expressions créés de toute pièces, plus fantasques les unes que les autres ! 
"Prune, en tablier à petits carreaux vichy,
 armée d’une écumoire et d’une cuillère en bois, touille dans un chaudron de cuivre aussi grand qu’elle. Elle est cernée d’étagères immenses, couvertes de bocaux de confiture maison, sur lesquels, quels que soient les fruits, on peut lire en cursive à l’ancienne : « Confiture de Prune". L'auteur manie à la perfection les mots, les fait rimer, les fait chanter (la scène de la rencontre entre la délicieuse Prune et Merlin est particulièrement réjouissante...)
Humour enfin, car oui, j'ai ri. Au bord de la mer, sur mon transat, dans l'avion du retour: partout. Ma voisine de vacances se retournait souvent pour me dire : "il a l'air chouette ton bouquin" (spécial hommage ici au plombier, Monsieur Bombala)! 
Quant à l'histoire, elle vous happe, mêlant réflexion sur la littérature, ses héros, nos héros et notre attachement aux personnages.
Un immense bravo à cette grande dame !

2 septembre 2016

Livres et Sardaigne

Au programme de cette semaine de vacances ensoleillées, il y eut : 
1. Les putes voilées n'iront jamais au paradis de Chahdortt DJAVANN (laissé dans le hall de l'hôtel par un client ...)
2. Repose toi sur moi le dernier Serge Joncour (dévoré en 72h)
3. Dans les prairies étoilées de Marie Sabine Roger (parfait entre 2 baignades)

Les 3 avis arrivent ! 

17 août 2016

Les deux pigeons


Tout d'abord, un grand merci aux éditions Gallimard et Masse critique de Babelio de m'avoir fait découvrir ce livre de la rentrée littéraire, que j'ai sincèrement adoré!

"Deux Pigeons s'aimaient d'amour tendre. 
L'un d'eux s'ennuyant au logis 
Fut assez fou pour entreprendre 
Un voyage en lointain pays…"

Tels sont les premiers vers de la fable de Lafontaine.

Qui sont donc nos deux pigeons, ici ? Elle s’appelle Dorothée, lui c’est Théodore, son anagramme, son amoureux, sa moitié. Comme les pigeons de la Fable, on les imagine roucouler, se regarder, se suffire. Il s’aiment, s’installent ensemble, bâtissent leur nid. Débarquent les premières décisions de couple :  il faut choisir ensemble le premier canapé et investir dans un nouveau sommier, ils hésitent, beaucoup... entre latex et ressorts ensachés! Succèdent les questionnements sur la bouffe bio, la poursuite d’une thèse inachevée, le mariage, le bébé. Dans ce livre cynique sur le couple ordinaire des années 2000, c'est nous que l'auteur dépeint. Ils sont nous, nous sommes eux. On s’amuse de leurs hésitations, politique, littéraires, familiales, culinaires....on s'interroge sur les nôtres aussi ! Fait-on nos propres choix ou suivons-nous des modèles ancestraux que l’on nous a enseignés ? Des études (longues...), une thèse (interminable! ), un mariage (incontournable?). L’auteur nous propose un roman réaliste, déroutant, parfois grinçant qui se lit d’une traite. La plume est à la fois gracieuse et ironique pour mieux dépeindre leurs atermoiements.

Totalement sous le charme de ce roman, je me suis empressée de lire le premier de l’auteur, (Prix Goncourt du premier roman) "un homme effacé", dans un genre totalement différent mais ultra réussi également.

Je RECOMMANDE vivement !!

Avant toi

De Jojo Moyes
Presque un peu honteuse d'avoir lu en 2 voyages en train ce roman de minette totalement addictif et dénué de toute qualité littéraire, sans pouvoir le lâcher! Ceci dit, contrairement à un certain nombre de chicklitt', la lecture est plutôt fluide et la traduction n'est pas déplorable.  L'histoire c'est la version british et homme/femme de Intouchable. Mélangez un tétraplégique beau comme un dieu, ex-trader londonien décidé à en finir et une fraiche aide soignante, ex-serveuse, qui trime pour toute sa famille et aux goûts vestimentaires douteux, assaisonnez d'un romantisme campagard, vous obtenez Avant toi.
J'ai attendu pendant 200 pages le premier effleurement, qui est arrivé page 235 quand elle lui arrache à coup de dents l'étiquette de sa chemise neuve! J'étais hystérique ...j'ai ensuite attendu d'autres coups de dents (en vain!). Faut que ce soit lisible par les 13-16 ans! Me suis donc rabattue sur les regards langoureux, émue par leur duo, j'ai tremblé à chaque sortie en fauteuil roulant et chialé à la fin : n'est-ce pas la définition du #livredevacances ? 


8 août 2016

Dix-sept ans

Elle est fille de médecin, parisienne, bourgeoise. On l'imagine ravissante, gaie, avec ses T-shirt  Agnès B et son Levis. Elle a tout pour être heureuse, des parents aimants, un "amant", la vie devant elle...Elle a dix sept ans, l'âge où l'on n'est pas sérieux,  l'age de l’insouciance et des premiers émois, l'âge où l'on découvre la peau de l'autre, la courbe d'une cheville, le goût de l'autre.
Sauf qu'à 17 ans, certains grandissent d'un coup. Brutalement.
Pendant de longues années, l'auteur taira ce secret d'un avortement qui "ne devait pas laisser de trace", pour le laisser éclater bien des années plus tard dans ce roman autobiographique aussi court que réaliste.
On y sent le poids du secret et une absence latente qui pèse; on sent aussi que Colombe Schneck est ce qu'elle est aujourd’hui car elle a traversé cet épisode, cet "événement "comme le qualifie Annie Ernaux. Point d'oubli, juste de la résillience. 

3 août 2016

Un homme effacé

Je n'aurais jamais découvert ce jeune auteur (ni son premier roman) si Babelio ne me l'avait fait découvrir avec les romans de la rentrée littéraire (attendez le 18 août...).
Dans ce roman finement construit, il est question d'emballement du système judiciaire, de culpabilité 2.0.  Le personnage principal  Damien North est professeur de philosophie, veuf, introverti. Sa vie s'écroule des les premiers chapitres: il est accusé à tort de détenir sur son ordinateur des images pédopornographiques. Pas de détails scabreux, rassurez vous, l’intérêt du livre n'est pas là (heureusement). L'idée est le récit de l'engrenage judiciaire, qui ne voit plus que par une seule fenêtre: celle de la culpabilité évidente. La société qui l'entoure, moralisatrice a trouvé le coupable idéal quitte à le détruire...
Car ce qui intéresse l'auteur (et son lecteur) c'est comment ressort-on d'une erreur judiciaire ? quel avenir, quel après ?
 Le livre a reçu le prix Goncourt du 1er roman, j’approuve! Tant pis pour ceux qui reprochent à l'auteur une intrigue vue et revue. Ne boudons pas notre plaisir : c'est habile, haletant (la partie en prison assortie de tests psychologiques est suffocante) et le regard sur notre société de préjugés et de certitudes est troublant.
Dévoré en quelques jours, je le recommande fortement.
NB: en version ePub pour ceux qui veulent :)


20 juillet 2016

Juillet Aout

La bande-annonce laisse présager un film français rythmé, pêchu et estival : le résultat est un téléfilm bancal, sympathique sans plus, mais néanmoins estival!
Juillet : Laura 14 ans et Joséphine 17 ans partent dans la villa du sud  avec leur beau-père et leur mère. Au programme soirées alcoolisées, piscine, robes de plage, sorties en scooter avec les copains et fricotages avec le badboy de la bande : les vacances dont on a tous rêvé (oui, toi tu sais!). Sauf que maman, 45 ans apprend qu'elle attend un enfant de beau papa. 
Août : adieu soleil de la cote d'Azur, bienvenus les embruns, direction la Bretagne chez papa! Là-bas on pêche les crabes, on met des bottes, on mange des crêpes et on fait de l'optimiste (clichés ?).
Comme il faut lier les deux histoires, Diastème le réalisateur a cru bon d'ajouter une histoire de vol de bijoux qu'il espère nous faire avaler et là, elle est franchement lourdingue la galette de sarrasin!
Bref, cela ne fait pas un grand film tout ca... vaguement un gentil téléfilm France télévision qui donne juste très envie de vacances au nord, au sud, selon les goûts :)
De ce film, je retiendrai surtout les deux adolescentes, hyper natures et attachantes  et la bande-son géniale de mon chouchou Alex Beaupain.

19 juillet 2016

Les chevaliers blancs

À la sortie de ce film je suis dubitative ! Ai-je aimé ? Pas sure...mais faut-il aimer un film qui raconte un fiasco politique ?
Le film est inspiré d'une histoire vraie, l'arche de Zoé et son gourou interprété par Vincent Lindon. 
On en sort un peu ballotté entre bien et mal sans vraiment savoir où se placer...

Le 18 août ...


L'art de perdre

Mais comment avais-je pu passer à côté de ce chef-d’œuvre ? Acheté il y a neuf ans, au moment de sa sortie, il m’était littéralement tombé ...