18 juin 2018

ILove

Lorsque je parle à quelqu'un du premier livre de Marion Michau, "les crevettes ont le cœur dans la tête" je frémis encore tant j'avais ri avec ces trentenaires décomplexées, leurs amours et leur emmerdes! Son 2ème opus, "si le verre est à moitié vide..." m'avait légèrement moins convaincu. 
Quant au 3ème ILove :  c'est sympa, c'est frais, divertissant mais un peu systématique! Il y a tous les ingrédients de la comédie romantique 2.0 : des photos d'un bel espagnol (répondant forcement au doux prénom de Ramone), le portable d'Anouk, 37 ans, en mal d'homme bien et d'amour, une copine mère de 2 enfants qui a oublié de vivre,  et l'Espagne et ses tapas.
C'est d'une infinie légèreté, ça se passe à Barcelone (entre les ramblas, la laverie automatique et les boites de nuit), on rit (aux éclats, notamment au début), on sourit souvent ! Marion Michau n'a plus à nous prouver sa plume décoincée et son sens de la formule, ce qui n'est déjà pas donné à tous le monde. 
A lire dans une chaise longue au soleil entre un apéro (avec ou sans jamon) et un plongeon :)

7 juin 2018

Demi-soeurs

Mercredi soir, journée longue, moral aléatoire (comme la météo). Il est 19h30. Et si j'allais me changer les idées au cinoch ? Objectif : poser le cerveau et rigoler ! J'avais vu la bande-annonce de "demi-sœurs", réplique féminine des 3 frères. Le programme s’annonçait gai !
Résultat partiellement atteint : j'en sors plus légère qu'en arrivant avec l'impression d'avoir vu un gentil film de nanas. Pour les rires, on repassera, c'est une mini-comédie. On ne se bidonne pas mais on se laisse volontiers embarquer par la loufoquerie des personnages!  Elles sont canons, elles se balladent en culotte (ça, c'est pour les mecs qui auraient accompagné leur copine au cinéma),  elles sont demi-sœurs, elles ne se connaissent pas. Et surtout elles n'avaient aucune raison de se croiser...encore moins de cohabiter...si ce n'est  cet héritage, immense appart du 7e arrondissement. L'une, Lauren travaille dans la mode, branchée, snobinarde mais sans un rond carbure au champ'.  La seconde Salma, prof en Zep, n'a pas réussi à quitter sa famille; la 3e est un poil azimutée et se cherche un mari.
Niveau scénario, c'est light, niveau crédibilité aussi mais on se laisse porter par l’énergie des comédiennes.

23 mai 2018

La sorcière de la rue Mouffetard et autres contes de la rue Broca

Je laisse la parole à la jolie Charlotte, férue de bouquins, amatrice des mots et lectrice à toute(s) heure(s). J'en profite pour lui envoyer des bisous en retour !

Merci encore pour le livre. Il m'a plu et voici des critiques pour ton blog. Ce livre est très agréable à lire, les dessins sont magnifiques 
J'ai aimé l'idée des personnages qui apparaissent dans plusieurs histoires. Le conte que j'ai le plus aimé était : le fée du robinet. Je conseille ce livre aux personnes aimant lire (ou pas ) car il est facile à lire et en le lisant, j'avais quelques frissons à la dernière histoire (qui ne fait pas non plus "peur"). Je le recommande vivement!
Merci encore de me l'avoir offert et d'avoir pu me faire rêver ! Bisous ! Charlotte.

 

Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré

La critique arrive.

Le lambeau de Philippe Lancon

Comment dire l'indicible ? Comment raconter l'irracontable ? Décrire la souffrance, la reconstruction au sens propre comme au figuré ?  Il suffit de lire le roman de Philippe Lançon pour le comprendre. Quelle œuvre, quel choc ! 
Il y raconte tout. En quelques mots, l'attentat, l'attaque, la cervelle de Bernard (Maris) mais surtout l'après: ce long parcours médical entre la Pitié-Salpêtrière et les Invalides, entouré des vivants, les autres, ceux qui n'ont pas vécu le drame et qui gravitent autour de lui. On y croise des soignants hors pair (de l'aide-soignante à  l'anesthésiste mélomane) et surtout, Chloé,  chirurgien, pilier de cette reconstruction. C''est elle qui greffe, c'est elle qui ordonne, qui rassure.
Et tous les autres, son frère, son amoureuse, son ex-compagne, ses parents...
Il est fascinant de voir à quel point le Lambeau ne parle pas de mort, ni de violence, ni d’extrémisme mais de reconstruction, jour après jour, sans rien nous épargner, le VAC, la douleur, la gastrostomie, les pansements chargés de bave. Aidé par la littérature, la poésie, l'auteur apprend à être "autre": le Philippe Lançon d’après.
La plume est incroyable, m'obligeant parfois à lire à haute voix pour m’imprégner de la phrase, de son rythme. Et, même si bon nombre de références littéraires m'échappaient (Proust, Thomas Mann, etc.), qu'importe. Sans haine, sans rancœur, l'auteur nous ouvre la porte de sa renaissance. 
A lire, évidemment.

14 mai 2018

Larguée

Deux sœurs opposées sur tout, emmènent leur mè­re (Miou-Miou), fraîchement plaquée par leur père à la Réunion pour une semaine de plage et d'apéro.  C'est déjanté, rythmé, bien écrit et vraiment drôle. J'ai ri à gorge déployée devant l'enchainement de scènes burlesques, d’échanges acides entre les deux Camille, Cottin (plus que géniale) et Chamoux.
Fortement recommandé en cas de déprime météorologique ...(en plus, la bande-son est extra!)
Quelle ne fut pas ma surprise en entendant un matin, sur France Inter, une chronique sur la sortie d'un film touchant sur l'autisme qui raconte la rencontre entre un entraîneur de football et un jeune autiste Asperger, intitulée "Monsieur-je-sais-tout".
Troublée, je fouille dans ma bibliothèque et retrouve un livre, "la surface de réparation," dévoré deux ans plus tôt, dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio (ma critique ici). En le lisant, j'avais pensé à une adaptation TV :  des personnages attachants, atypiques, charismatiques et une histoire touchante. Celui-ci, jamais sorti en poche n'avait probablement pas touché un vaste public. Cela risque de changer au vu de son adaptation cinéma réussie (c'est assez rare pour le souligner). C'est émouvant, souvent drôle, sur un sujet délicat et porté par un trio d'acteurs fort sympatique (Arnaud Ducret, Max Baissette de Malglaive et Alice David).  Chapeau au jeune Max Baissette de Malglaive alias   Léonard époustouflant de réalisme.  À voir en famille sans hésitation !

9 mai 2018

On regrettera plus tard

Je suis embêtée pour commenter cette lecture. C'est tellement léger, plein de bon sentiments dégoulinants et cousu de fil blanc que ça en devient gênant! D'ordinaire, j'ai une tendresse particulière pour Agnès Ledig, dont j'ai quasiment lu tous les romans (pars avec lui, Marie d'en haut) mais là, on oscille péniblement entre le roman Arlequin et Martine à l'école. Le tout entrecoupé d'une histoire de résistance, de torture de femme enceinte par les méchants allemands, un peu sortie de nulle part. Eric, est bohème, veuf, papa d'une adorable petite Anna Nina. Il vit dans une roulotte et fait la classe à sa fille. Valentine, elle, est célibataire (endurcie), institutrice en manque de sexe (mais lectrice acharnée ...on compense comme on peut!). Il débarque une nuit d'orage, la gamine fébrile dans les bras, elle l'accueille, les réchauffe, leur fait des tartines de confitures. Et puis, l'institutrice, maman de substitution s'attache...On frôle parfois le ridicule avec des phrases grand-guignolesques, genre "se retourner sur sa vie, c’est prendre le risque de voir les traces du passé dans le sable de nos souvenirs». Non, là, franchement, je renonce!

15 avril 2018

Le ciel est à nous

Tout d'abord, un grand merci aux éditions du Cherche-Midi , à Babelio et à l'opération masse critique pour l'envoi de ce roman qui bien que lu rapidement manque un peu de caractère et de style à mon gout.
L'histoire est émouvante : un papa Rob (créatif, rêveur)  une maman Anna (cartésienne, organisées), une jolie histoire d'amour puis un petit bonhomme Jack. Tout se complique lors de la découverte d'une tumeur, un glioblastome (je vous épargne les détails sur l'histologie et l'imagerie cérébrale). Le pronostic...vous l'imaginez!  S'en suit l'incompréhension, la souffrance, l'isolement, le couple à la dérive et finalement l'acceptation et la leçon d'humanité...
C'est le premier roman de son auteur Luke Allnutt, journaliste, en chimiothérapie lors de sa rédaction (on sent que l'annonce diagnostique, les protocoles, les effets indésirables c'est du vécu). Le style est simple (iste?) donc très accessible. Le livre est construit en trois parties avec des chapitres courts que l'on avale sans même s'en rendre compte. Alors, oui, on se fait sa cure d'émotions, on renifle, on mouche mais c'est un peu basique à mon goût, ça manque d'une plume qui aurait servi la tragédie. C'est sans doute un livre à lire en anglais (ce que j'avais fait avec "nos étoiles contraires", d'ailleurs comparé à celui-ci) pour apprécier l'histoire sans tenir rigueur à l'auteur (ou au traducteur) de l'absence de style.
J'ajoute une contre-indication absolue en cas d'épisode récent de chimiothérapie d'un proche, d'anxiété, de tristesse ou de dépression et une précaution d'emploi en cas de sensibilité accrue ou d'intolérance à la maladie des enfants !
Bref vous l'aurez compris, un moment de lecture pas désagréable mais sans aucune étincelle ...

tous les livres sur Babelio.com

La ballade de l'enfant gris

Vous connaissez peut-être ma tendresse pour Baptiste Beaulieu ce jeune médecin toulousain. La découverte de son blog il y a quelques années www.alorsvoila.com avait occupé bon nombre de mes soirées, lisant et relisant ses posts, si tendres, si généreux, si drôles parfois!
J'avais ensuite littéralement dévoré : 1001 vies des urgences son premier roman bourré d'humanité, sur l’hôpital, la vie d'interne, les secrets d'étages.
Son 2e livre "Alors vous ne serez plus jamais triste: conte à rebours" m'a laissée moins de souvenirs.
Celui-là me faisait de l'oeil depuis sa sortie en poche. J'allais pleurer, rire, réfléchir me prévenait la 4e de couverture. Je l'avais en version epub depuis des mois mais sans envie de le lire sur liseuse...je voulais corner les pages, pleurer sur du papier.
Acheté à Montpellier, la première moitié fut dévoré en un week-end et puis, la semaine professionnelle a repris son cours sans lecture.
Je m'y suis replongée le week-end suivant et je ne l'ai plus lâché! Malgré quelques longueurs (au milieu du roman), on suit avec tendresse le personnage de Jo' jeune interne en médecine hanté par un fantôme de 7 ans. La fin, sans la dévoiler, est très belle avec un pèlerinage à Jérusalem particulièrement émouvant. Le récit alterne chapitres dans le service de pédiatrie avec le petit No' (abandonné par une mystérieuse mère) et la quête de vérité de Jo entre Espagne et Israël. On y retrouve les thèmes de prédilection de l'auteur :  l'enfance, la mort, la tolérance. Certains chapitres ressemblent à un conte ou de la fantaisie, on adhère ou pas...J'ai marché!

13 avril 2018

Tout le monde debout

Contre toute attente, je n'ai pas détesté voire même apprécié ce film de Franck Dubosc (qui a d’ordinaire tendance à m'exaspérer) avec une Alexandra Lamy, jolie comme un coeur, pimpante et réjouissante !
C'est drôle,  pas trop mal écrit, Franck Dubosc n'en fait pas des caisses (il est presque sobre, oui! ) et l'histoire est attendrissante (j'ai versé ma larme, oui...mais je suis une pleureuse! )
Lui est un menteur professionnel, elle, violoniste et paraplégique. Sur un malentendu, le voila dans un fauteuil...sauf que l'amour pointe son nez. 
Pas sure que cela vaille une place de ciné plein tarif mais au tarif étudiant (vivent les DU), c'est sans regret !

12 avril 2018

La belle et la belle

Quel joli film sur le temps qui passe et les choix de vie porté par deux actrices merveilleuses: Sandrine Kiberlain et Agathe Bonitzer. C'est poétique, fantasque presque onirique et ça m'a fait un bien fou lors d'une soirée bien triste.
Margaux 20 ans tombe sur  Margaux 45 ans, celle qu'elle va devenir. Ou, vu différemment, Margaux 45 ans rencontre Margaux 20 ans, qu'elle a été. Au choix.  Changer l'avenir ou accepter le passé ?
Le postulat de départ est impossible et pourtant on se laisse prendre (comme dans Camille redouble). On s'attendrit devant l'amitié entre ces deux femmes. On sourit devant l’hésitation du beau Melvil Poupaud, ex-compagnon de Margaux et amant de son jeune "double".
Et surtout, on s'interroge, sur  les choix de vie, les renoncement, les erreurs de jeunesse, les amours ratées...le destin en somme ! Quelle belle surprise.

La ch’tite famille

Franchement, faut pas être trop exigeant! 
C'est sûr dans le paysage de la comédie française, c'est sans doute moins pire que d'autres. Jamais vu les Tuches (ne comptez pas sur moi ! ) mais parait que les Ch'tis c'est du Audiard en comparaison. L'histoire d'un couple de designers branchouilles : Valentin et Constance, parisiens, hautains, designers de chaises à trois pieds. À la suite d'un traumatisme crânien, Valentin redevient le chti qu'il ne veut plus être. Sa chère et tendre compagne (à mon avis la vraie révélation du film: Laurence Arné) est désespérée. Débutent des séances de rééducation et de "savoir vivre parisien". Sans oublier le débarquement imprévu de la famille du Ch'nord avec l'accent, la finesse légendaire et les tartines de maroilles. Alors certes, c'est gentil , c'est bienveillant, tout le monde se révèle plein d'humanité, quelques scènes sont sympatoches mais c'est loin d'être hilarant. A voir éventuellement sur Canal un soir de déprime avec (ou sans) picon bière !

9 avril 2018

L’amour après

J’avais depuis plusieurs mois songé à m’acheter "Et tu n’es pas revenu", texte intense dans lequel Marceline Loridan-Ivens raconte sa déportation. Finalement les choses se sont passées différemment puisque mon ami E, grand lecteur et amateur de beaux textes à mis entre mes mains son 2eme et plus récent ouvrage : "L’amour après".
L'auteur y raconte l'amour ou plus exactement la vie après...après les camps, après l’indicible. Après ces mois de corps secs, d'oublis du corps. Au travers de lettres retrouvées dans une vieille valise, échangées avec ceux qui furent ses amants, Marceline Loridan-Ivens nous raconte la renaissance du corps, la liberté, l'apprentissage du plaisir et la découverte de l'amour. Il y eut les hommes de sa vie, les hommes de passage, les hommes éconduits...
Mille fois au cours de ma lecture, j'imaginais ces échanges, ces attentes, ces lettres raturées, réécrites, ouvertes à la hâte, lues, relues, à l'heure de notre immédiateté, de nos snapshats indécents et sms trop vite envoyés...
Quel beau texte sur la liberté.

11 mars 2018

Passage du gué

Vous connaissez sans doute ma tendresse pour les livres de Jean Philippe Blondel. Un hiver à Paris, G229, Mise à nu (tout récemment)...
De Jean-Philippe Blondel j’aime tout : le style, simple, sans chichi,  le propos (la mort, l'enseignement, la relation à l’autre, etc.). C’est après avoir lu son très récent et excellent "mise à nue", vérifiant que je n’étais passée à cote d'un de ses livres,  que je découvre l'existence de "passage du gué"... 
Commandé d'occasion en 2 clics (et une carte bancaire!), reçu quelques jours plus tard, j'ai profité d'un aller/retour Limoges/Paris pour m'y plonger.  On y retrouve les grands thèmes  de Jean-Philippe Blondel : le couple, la perte,  le trio amoureux et l’ambiguïté du désir...
La première moitié tient du roman psychologique. Qui sont ces 3 personnages ? leurs monologues intérieurs se mêlent et se répondent. Puis,  au fil des pages, le drame se trame. Effectivement , page 166, tout chavire. 
Sans trop révéler le drame du roman, j'ai été surprise par la capacité de l'auteur à se plonger dans la tête et le cœur de Myriam dans un chapitre/monologue absolument bouleversant sur la perte, le désarroi, qui rappelle dans sa forme (pas de ponctuation, hallucinations, pensées saugrenues, etc.)  les divagations d’Ariane dans Belle du Seigneur. 
C’est loin d’être mon roman préféré de l’auteur mais il mérite de s’y attarder!

Nos père, nos frères, nos amis. Dans la tête des hommes violents

Je crois que je suis dans une lancée.  Après le livre de Gisèle Pélicot, qui m’a littéralement laissée à terre, j’ai enchaîné avec "Les...