27 décembre 2014

Whiplash

Un film déroutant et captivant sur un apprentissage musical et sur la relation maître/élève qui l'accompagne. L'élève est un tout jeune adulte, batteur de jazz de talent, qui vient tout juste d'intégrer une prestigieuse école de musique new-yorkaise. Le maître est un tyran mélomane, passionné et extrémiste. L'un cherche la pépite du jazz, la future étoile, à coup d'humiliation et de violence; l'autre, voit dans en ce maître et ses méthodes extrémistes, le prix du succès...quitte à tout perdre? Pas sur! On se croirait alternativement dans un film de combat (avec sa dose de sueurs et de larmes) et dans un thriller psychologique. Les revirements de situations et les facettes multiples des personnages maintiennent le spectateur dans une sorte d'angoisse permanente sur fond de jazz. Qui va gagner ? Qui va plaquer l'autre ? Le maître, pervers, exigeant à l'extrême, ou l'élève tour à tour malmené, puis revanchard. Les deux acteurs sont époustouflants de vérité. On lit dans leur regards la peur, l'admiration, la soif d'excellence, on transpire avec eux, on souffre a chaque plaie...et que de tension dans chacun de leurs échanges. Quant aux dernières vingt minutes : jamais vu cela auparavant! La preuve: un mélange de tremblements et de larmes s'est emparé de moi à la 21ème minute, dans un souffle, quand le générique est apparu. 

22 décembre 2014

Timbuktu

Ou comment les seules images vous aident à comprendre une guerre incompréhensible, aussi bien pour ceux qui la font que ceux qui la subissent. 

Que dire en repensant à ce film en ce jour où la liberté de la presse est compromise...#jesuischarlie

Men, women and children

Le propos est le suivant : prenez une génération de lycéens 2.0 en pleine montée d'hormones, nés avec un iPhone à la place de la main. Prenez leurs parents, plus ou moins flippés, plus ou moins seuls, plus ou moins frustrés...et analyser leurs rapports, leurs modes de communication, leur vie amoureuse entre réseaux sociaux (Facebook, Instagram et autre Twitter), SMS, sites Internet.
Il en ressort un film original, doux-amer et plutôt bien fichu qui a fait résonner en moi deux cordes. La première, celle de la "fan_de_comédies_teenager_US".  Oui, j'aime les comédies romantiques de campus à l'américaine, dans lesquelles la fille à lunettes un peu boulotte se révèle être une bombe sans lunettes, avec bal de promo, cantine à l'américaine avec la brick de lait et les bus jaunes.
L'autre corde, c'est celle de la GEEK(ette). J'avoue ici ma quasi dépendance aux  réseaux sociaux, j'avoue un nombre inavouable d'envoi de sms/MMS par mois et une sensation parfois angoissante d’être ultra-connectée....Comme ces gamins, oui, j'ai déjà tapé puis effacé sans même l'envoyer un sms (comme si l'écrire suffisait à "combler une envie"), actualisé 100 fois ma boîte mail dans l'attente d'un nouveau message, checké  hystériquement mon compte FB.
Le film est porté par un casting séduisant: Jennifer Garner en mère flippée et Adam Sandler pour les "vieux" et Ansel Elgor (vu dans "nos étoiles contraires") ; la réalisation est en accord avec le propos puisque faite de bulles de sms, messages, mails qui s'apposent sur l'image comme elles s'apposent (s'imposent?) dans notre quotidien.


19 décembre 2014

La famille Bélier

Ne nous voilons pas la face, je ne pense pas qu'il s'agisse d'un grand film, ni même d'un bon film. C'est bourré de grosses ficelles, de bons sentiments et on a parfois du mal à croire en la surdité de cette famille d'agriculteurs. Les acteurs (entendants) ne parviennent jamais à être crédibles et certaines scènes sont un peu vulgaires. Je pense même qu'un sourd/muet pourrait être un peu gêné par la caricature. 
Néanmoins, c'est le 1er film qui a réussi à me faire pleurer (et pas qu'un peu) sur "Je vais t'aimer" de Michel Sardou sans le son!!! Le tout doit beaucoup de son charme à la jeune actrice qui interprète Paula, jeune comédienne à la voix d'or.
J'en suis sortie, le visage bouffi de larmes avec l'envie de réécouter "je vole" et de danser un slow. Ça doit être ça la magie de NOËL! 

12 décembre 2014

La fabrique du monde

Un court et intense roman pour adultes, écrit par une auteur pour enfants. 

Il se lit d'une traite, vous emmène avec Mei, jeune chinoise qui travaille dans une usine de confection textile où il n'est question que de rendement. En 150 pages, c'est le plongeon dans une Chine actuelle mais qui semble si éloignée de nos préoccupations européennes et féministes. Là-bas, Mei, n'est que peu de choses pour ne pas dire "rien". C'est son frère qui est à l'université. Elle se crève à l'usine, entres ourlets et surpiqûres, sur coton et polyester. Manger se fait debout, et le contremaitre veille... Ses seules distractions: les rêveries et quelques lectures avec ses amies de dortoir. Un soir, elle rencontre le contremaître, les rêves sont permis, Mei se laisse emporter, le lecteur aussi! 
Je n'en dis pas plus, c'est presque déja trop.

11 décembre 2014

La prochaine fois je viserai le coeur

C'est un vrai thriller, sombre et bien ficelé. De ceux qui vous font détester la pluie et les voitures qui ralentissent sur les bords de nationale (mais apprécier les fesses de Guillaume Canet)!
Le film est inspiré d'une histoire vraie: l' histoire du gendarme Lamare, qui pendant plusieurs mois, à la fin des années 70, tuait  des jeunes femmes après les avoir fait  monter dans sa voiture, tout en participant activement aux recherches pour coincer l’auteur des faits.
Ici, les choses sont claires, nous sommes avec l'auteur des faits, à la brigade, dans sa voiture, chez lui, comme pour mieux nous aider à comprendre sa solitude et son malaise. Car, sous des abords de  gendarme "modèle" le jour, se cache un phobique pervers aux comportements sadomasochistes. Guillaume Canet est surprenant et incarne avec beaucoup de talent cet homme enfermé dans une pathologie délirantes, terrorisé par la relation à l'autre, que se soit l'autre collègue, l'autre féminin. Là où le réalisateur est fort c'est dans la dérangeante empathie que ressent le spectateur face à ce monstre. On en vient à souffrir avec lui lors de ces diverses mutilations et retenir son souffle lorsqu'il manque de se faire attraper par la police et qu’il est caché dans un lac gelé.
Un bon moment de cinoch...



4 décembre 2014

Les héritiers

Comment ne pas être ému(e) devant un tel film. 
C'est une histoire (vraie) incroyable, portée par une ribambelle de gamins tous plus géniaux les uns que les autres qui vous vont chialer et rire en même temps! "Les héritiers" devrait être inscrit au programme scolaire, ne serait-ce que pour cette scène bouleversante du témoignage de Leon Zyguel, ancien déporté face à des gamins à la mine grave, troublés, silencieux, happés par l'Histoire. 
Je crois bien que je vais y retourner!

3 décembre 2014

Tiens-toi droite

Jeudi soir, 20h, j'entre dans mon petit cinéma d'art et d'essais, partenaire Ugc.

Deux options " tiens toi droite" ou " à la vie". J'opte pour "tiens-toi droite", la bande annonce rythmée et féminine m'avait mis l'eau à la bouche. En plus, j'aime les actrices principales (Marina Foïs, et  Noémie Lvovsky).
Le projet, c'est un film chorale, dans lequel trois femmes vont être amené à se croiser. Tout commence avec Louise qui quitte le pressing de famille pour intégrer les hautes sphères d'une usine de fabrication de poupées.
Puis, débarque Lili, qui, à cause d'une puberté précoce, a été envoyée en Nouvelle Calédonie, dont elle deviendra une icône de la beauté.
Et enfin, Sam, mère de 3 fillettes, dépassée par les évenements.
Autour d'elles gravitent leurs mères, leurs filles, leurs sœurs, leurs amies.
Au centre, une poupée "aux nouvelles formes", "nouvelles normes", "nouvelles mensurations". 

L'idée de montrer la femme sous toutes ses facettes: mère, épouse, maitresse, fille sœur, mère, chef d'entreprise, ouvrière est honorable mais le résultat est (au choix) :
1. plein d’idées mais bordélique
2. tordu et hystérique
3. agité et insupportable.
4. féministe et foutraque

Jeudi soir, 22h, je sors de mon petit cinéma d'art et d'essai entre incompréhension et déception.

2 décembre 2014

Eden

Le film débute  dans les années 90, la musique électronique française émerge. Paul, un DJ, créé avec son meilleur ami le duo «Cheers». C’est le début pour eux d’une ascension aussi brutale qu'éphémère faite de soirées, de cocaïne et de nuits blanches que le film retrace sur plus de 2 h entre Paris et New-York.

Rien sur le papier qui ne m'attire plus que cela, sauf que : 

1. la bande originale est évidemment extra (j'ai découvert la musique "garage", mélange de house et de techno)

2.  les acteurs sont particulièrement sincères et attendrissants (quel plaisir de recroiser l'actrice de Frances Ha, Greta Gerwig!)
 
3. c'est surtout un film épatant sur un jeune homme qui accumule les histoires d’amour sans arriver à se poser...et celle d'une génération, qui a parfois du mal à grandir !

A la vie

Quand je lis "Ce film bouleversant sur les retrouvailles, dans les années 1960, de trois femmes qui s’étaient rencontrées à Auschwitz", je bous! Le sujet EST bouleversant, le film, est selon moi particulièrement raté! Mais comment avec un sujet si émouvant, réussir à en faire un téléfilm même pas digne de France 2 ? Ce n'est pas la faute des actrices – Hélène (Julie Depardieu), Lili (Johanna ter Steege) et Rose (Suzanne Clément) – elles sont plutôt touchantes...mais la réalisation et les dialogues, plats à pleurer. 
A plusieurs reprises, je me suis dit: tu devrais noter cette phrase tant elle est lourdingue. Loin de moi l'idée de contester la volonté du réalisateur de nous faire vivre ce beau moment d'humanité directement inspiré de l'histoire de sa mère mais les artifices utilisés: totalement inappropriés!

29 novembre 2014

Qui vive

Un portrait sensible d'un homme à la périphérie, homme d'une cité jamais nommée, qui tente de s'en extraire. Chérif (Reda Kateb) a tenté plusieurs fois le concours d'infirmier. A échoué 3 fois. Pourtant, s'occuper des autres, agir, avec les gestes qui comptent, être utile, c'est son désir. Mais la réalité est plus abrupte et ne semble pas vouloir le laisser s'extirper d'une vie bornée aux murs de sa cité, sa tour HLM et le magasin où il fait la sécurité. Une rencontre, Jenny (la lumineuse Adéle Exarchopoulos), une lettre lui annonçant qu'il est autorisé à aller l'oral de l'institut de formation en soins infirmiers, une sortie est donc possible. Sauf qu'en une embrouille, en une nuit (celle d'une magouille qui tourne au fiasco), l'horizon s'assombrit. Le film mêle ces moments lumineux, et d'autre plus sombres, où l'on sent les tensions, les barrières, l'acharnement. 
Si, j'ai moins apprécié le côté "enquête/polar", en revanche la réflexion sur la difficulté à échapper à une réalité sociale est particulièrement bien menée et élégante.

27 novembre 2014

36 chandelles

Grande fan de Marie-Sabine Roger (MSR), j'ai craqué!! Pas réussi à attendre la version poche. De MSR, j'ai dévoré "la tête en friche", bien avant le succès qu'on lui a connu, j'avais ensuite savouré "vivement l'avenir" et "bon rétablissement". J'aime sa plume, tendre et cynique parfois, ses personnages un peu paumées, souvent seuls ou en manque d'affection. Et, sans nullement regretter cet achat un peu compulsif (après 2 mois d'hésitation), j'avoue avoir été moins emballée que par "bon rétablissement", mon préféré de l'auteur. 
L'histoire est originale, quoiqu'un brin invraisemblable. Il est question de Mortimer, préparé à mourir le jour de ses 36 ans, comme cela a été le cas pour son père, grand-père, arrière (et arrière) grand-pères. Tout est prévu, il n'a qu'à attendre le jour de son anniversaire, dans un joli costume. Sa vie a été une succession de "non-projets", résignations... Sauf que la malédiction ne semble pas vouloir s'abattre et à 11h01, il est toujours bien vivant. Que va-t-il devenir? Lui, qui a tout plaqué, tout vendu, comment apprendre à vivre? La première partie aborde les aventure assez rocambolesques de ses aieuls avec un petit coté "le vieux qui ne voulait pas fête son anniversaire" dans le genre invraisemblable et ne m'a pas emballée plus que ça.
La deuxième moitié est beaucoup plus intéressante puisque MSR emporte son lecteur dans une très jolie réflexion sur le sens de la vie, la nécessité de profiter de tous les instants et de vivre sans regrets. Traverser l’Atlantique (et oui!!), cesser de se dire que tout peut (va) s’arrêter, passer du temps avec les autres, faire des projets, aller de l'avant.
Comme toujours, MSR croque avec beaucoup d'humanité ses personnages, que ce soit Mortimer, ses amis Paquita et son mari, Nassardine dans leur camion à crêpes et surtout Jasmine et ses chapeaux... "Cette fille, c'était du papier alu entre deux couronnes dentaires, une coupure de l'index sur une feuille de papier, une gerçure aux lèvres qui se fend quand on rit, une chose insignifiante avec un potentiel d’emmerdement énorme".

23 novembre 2014

Puzzle

C'est un peu comme si vous passiez des jours et des jours à assembler les pièces d'un puzzle joli, à la finition plutot léchée, aux contours plutôt élégants ...et qu'au dernier moment, la pièce finale venait à manquer. 

Immense frustration voire déception: je n'ai absolument rien compris au dénouement!! Pendant tout le film, on se laisse porter par l'histoire de ces trois couples, portée par des acteurs plutôt renommés (Liam Neeson, Adrien Brody, OLivia Wilde, Mila Kunis...) dans trois belles villes (Paris, Rome et NY), qu'un même secret est censé lier. Sauf que les dix dernières minutes m'ont laissée dans un état de désarroi total (tout comme mes voisins de rang!) 

NB: si quelqu'un est en possession de la pièce clef : je prends!!

19 novembre 2014

Maintenant ou jamais

J'ai du mal à expliquer ce qui m'a perturbé dans ce film... probablement le propos. Je dois être un peu coincos mais l'histoire d'une mère de famille qui braque une banque pour sortir du surendettement: ça me perturbe!! Par ailleurs, j'ai eu du mal à me laisser embarquer par la romance entre Leïla Bekhti et Nicolas Duvauchelle.

16 novembre 2014

Magic in the Moonlight

Je laisse aujourd'hui la place à mon ami E. pour cette bien jolie critique...

Autant jouer franc jeu : si, à l’image d’Isaac Davis dans Manhattan, je récapitulais les raisons pour lesquelles la vie vaut la peine d’être vécue, nul doute que le pèlerinage automnal jusqu’à la rue Georges Bonnac pour la sortie du nouveau Woody Allen figurerait en bonne position, quelque part entre l’omelette aux cèpes (du Périgord) et le coucher du soleil sur l’Atlantique depuis les collines qui surplombent Saint-Jean de Luz. Image de carte postale…
 
Images de cartes postales, dues celles-ci à Darius Khondji (qui officiait déjà à la photographie sur « Midnight in Paris ») : des paysages de la campagne niçoise inondés de lumière orange, une femme et un homme vêtus de blanc se promenant côte à côte dans une roseraie, des étoiles scintillant à intervalles réguliers comme d’improbables diamants dans un ciel d’une absolue noirceur… 
 
D’une absolue noirceur le propos de ce film drôle et enchanteur, où l’amour triomphe des différences et des préjugés et l’amitié des coups-bas, où l’on joue la sérénade, boit beaucoup de whisky, cite Dickens (à peu près) et Nietzsche (au fait : Dieu est mort, au cas où vous ne seriez pas au courant), et qui ne nous dit enfin qu’une seule chose : à quel point nous avons besoin que l’on nous raconte des histoires, tant il est impossible de vivre dépouillé de ses illusions.
 
            L’illusionniste s’appelle Woody Allen et l’histoire qu’il nous raconte est servie par un sens du rythme, de la direction d’acteurs et des dialogues (celui entre Stanley et sa tante Vanessa au cours duquel, par antiphrases, elle lui fait avouer ses sentiments pour Sophie, est une merveille de délicatesse) dignes de ses meilleures comédies. Et si ce n’est pas une raison suffisante pour que la vie vaille la peine d’être vécue, accordez moi au moins que cela vaut bien une carte postale. De celles que l’on envoie quand on a envie de partager son bonheur et son émotion.

L'art de perdre

Mais comment avais-je pu passer à côté de ce chef-d’œuvre ? Acheté il y a neuf ans, au moment de sa sortie, il m’était littéralement tombé ...