25 août 2021

Mes prochaines critiques

Trois de Valérie PERRIN

Envoyé un peu spécial de Julien Blanc GRAS

Ensemble, on aboie en silence de GRINGE

(oui, je sais, suis un peu à la bourre!)

Même les méchants rêvent d'amour

Un roman intelligent qui, sous des allures de roman léger, questionne joliment nos rapports aux êtres chers et vieillissants.  Pour nous rappeler chaque jour de leur laisser nous raconter leur passé...avant qu'ils ne soit trop tard.

Une douce lecture estivale ! 

PS : en plus, il vient d'une très chouette librairie d'Angoulème, entre deux coups de pédales vers Rochefort! 

Note : **

Modern Love

Oh qu'il fait du bien ce livre ! Recueil des chroniques du New York Times, kaléidoscope sur l'amour sous toutes ces formes, filial,  passionné, cabossé, vieillissant... Quarante-deux chapitres qui questionnent notre façon d’aimer au 21e siècle.

J'ai assurément dévoré ces chroniques de 3 ou 4 pages sans jamais être déçue. Tous les personnages sont attachants, par leur sincérité, leurs fêlures ou l'écho avec nos histoires passées. 

A lire d'urgence ! 

Note :  ***


Les demoiselles

Sur les conseils d'une bonne amie et lectrice assidue, je m'achète les Demoiselle de Anne Gaëlle Huon, auteur que j'affectionne pour ses romans "feelgood", sans critique de ma part.  D'autant que pour avoir croisé l'auteur lors d'un salon du livre et la suivre sur Instagram, j'ai une vraie tendresse pour ce qu'elle est (pimpante, nature) et pour ses stories pleines d'humour et de joie de vivre !

"Je n'ai pas pu le poser " me dit mon amie ...Cela ne sera pas vrai pour moi ! Je ne le classe pas parmi mes livres inoubliables, je ne me levais pas plus tôt le matin pour pouvoir dévorer en douce, quelques chapitres mais il m'a fait voyager dans le pays basque des années 30, à l'occasion de notre randonnée vélo!  On y découvre un monde méconnu, le petit village basque de Mauléon, l'univers coloré et festif des Demoiselles, le champagne et les plaisirs de la chair, mais aussi le monde ouvrier de ces jeunes espagnoles, les Hirondelles, qui traversaient l’Espagne pour venir travailler dans des fabriques d'Espadrilles pour quelques sous.

Le talent de Anne Gaelle Huon est dans doute cette facilité déconcertante à mixer sujets sensibles (et oh combien casse g... ) : le monde ouvrier, les violences conjugales, l'avortement, le deuil, et l'univers des cabarets parisiens et la volupté des années folles au travers des portraits de femmes puissantes, cultivées et indépendantes !  Et dans cette époque tourmentée, il est bon de parler de ces femmes libres d'il y à presque 100 ans.


Note : **

24 août 2021

Vertige Coquelicot


Petite pépite de mon été. 

70 éditoriaux compilés dans ce joli livre, plein d’intelligence, de références, d'humour. 

Nicolas Espitalier est rédacteur en chef du Mag de Sud-Ouest. C'est aussi assurément un poète, un auteur et un merveilleux observateur du monde qui nous entoure. En une centaine de pages, il nous livre un bien joli regard sur le temps qui passe, notre quotidien, en passant par nos armoires en bois, nos SMS ou nos gares!

Ça se picore, ça se savoure, ça se relit, à haute voix, c'est absolument SAVOUREUX.

A mettre entre toutes les mains pour une parenthèse de poésie.

Note : ****

10 juillet 2021

Il a jamais tué personne mon papa

Raconter son père n'est pas chose simple, raconter son père alcoolique l'est encore moins. Avec son regard de môme, ses mots de gamin, et un humour grinçant, comme à son habitude, Fournier nous raconte magnifiquement un père aimant mais bien trop souvent absent (les copains du bar), un père médecin, attentif pour ses malades (qui lui offrent trop souvent un petit coup), un père fantasque, souvent incapable de ramener la voiture chez lui. Mais c'est aussi le récit d'une famille qui tient debout tant bien que mal,  entre les silences, les ivresses et les violences involontaires. 

En 100 pages à peine, tout est dit sur cette maladie qui grignote tout sur son passage y compris le temps et l’attention pour les siens. J'ai fini les larmes aux yeux comme souvent avec Jean-Louis Fournier.

Note : ***

Les enfants sont rois

8 juillet 2021

La fine fleur

Un grand film? Non assurément ! C'est un peu attendu, plein de bons sentiments et de ficelles scénaristiques mais c'était parfait pour un dimanche après-midi entre deux averses, pour  une séance de ciné solo.

L'histoire d'Eve Vernet (toujours épatante Catherine Frot)  grande créatrice de roses, héritière de l'empire Vernet.  Hélas, après de belles années et de concours horticoles remportés haut la main,  elle est à deux doigts (ou plutôt deux roses hybridées) de la faillite. Faut dire que la concurrence est rude ! Pour s'en sortir, Vera, son acolyte de toujours décide de faire appel à trois employés en réinsertion sans aucune compétence en matière d’horticulture. Entre le repris de justice, le syndicaliste et hypersensible, on sent que ça va être gratiné. Évidement, tout ce petit monde va apprendre à se découvrir, se serrer les coudes et unir leurs talents (cachés!) pour sauver l'entreprise.

La salle était pleine (moyenne d'age 71 ans) de petits couples de retraités de province qui comme moi sont ressortis la larme à l’œil. Faut dire que tout est réuni : histoire de famille, transmission de savoir, réinsertion professionnelle, ténacité.

Ajoutez à cela une bande son sympa...et c'est le bouquet :) 

Efficace et sans aucune prétention !




Ne m'oublie pas

Premier roman graphique pour moi, vraie découverte. Peu de mots, des dessins épurés et pourtant l'émotion est à son comble. 

La jeune dessinatrice, s'inspire de son histoire personnelle pour imaginer un récit de road trip avec sa grand mère atteinte de la maladie d'Alzheimer. Sur un coup de tête, elle l'extrait de l'Ehpad pour l'embarquer dans sa petite automobile en direction de la mer et de sa maison d'enfance. 

Le parcours nous offre nombreux flashback,  retours en enfance plein de tendresse et de complicité mais aussi une très belle réflexion sur le temps qui passe et l'attention portée aux siens.

On referme la dernière page le coeur gros d'avoir quitté ce puissant récit de vie 

Note : ****

12 juin 2021

Adieu les cons

Semaine de réouverture des cinéma, dimanche après-midi, les places sont réservées, Adieu les cons nous attend. La salle est à nous, nous sommes 20 pour 300 places, l'écran est immense, personne ne me machouille du pop-corn dans l'oreille, le spectacle peut commencer...

Et quel spectacle!  J'en ai pris plein les yeux, plein les oreilles et surtout plein le cœur.

L'histoire est la suivante : Suze apprend  à l'aube de la quarantaine qu'elle est atteinte d' une maladie pulmonaire gravissime, elle décide de retrouver l’enfant  qu'elle a été forcée d'abandonner quand elle avait 15 ans. Au détour d'un rendez-vous administratif des plus surréalistes, elle fait la connaissance d’Albert Dupontel, un brillant informaticien dépressif décidé à en finir et un archiviste aveugle. Voici nos trois boiteux de la vie, en quête de ce môme dans une ville impersonnelle.

J'ai tout simplement été retournée par ce film. J'en suis sortie émue, l’œil tout humide. Tout y est : la poésie, l’engagement politique, la mélancolie, la folie, la réflexion philosophique sur nos individualismes. La critique est acerbe à certains égards, monde professionnel de performance, bureaucratie absurde,  pertes de repères, relations humaines appauvries par une technologie envahissante. 

Virginie Efira est magistrale, n’ayons pas peur des mots... incarnée, solaire, bouleversante. Dupontel est grandiose, comme toujours, dans la peau de ce quinquagénaire en mal de vivre, solitaire et dépressif. La réalisation est à l'image des comédiens, formidable: dans le lumière de cette ville jamais nommée, la solitude des uns croisent l'urgence de vivre des autres.

Courrez y : c'est un bijou de folie et ça fait un bien fou en ce moment.

 


27 avril 2021

Je ne te pensais pas si fragile


Comment je suis tombée sur cette pépite ? Je l'ignore encore. Il a surgi de nulle part un soir sur un réseau social (avais-je tapé "épuisement professionnel" sur google...)
 
Quel choc !  
 
Inspiré de son expérience dans une entreprise "corporate", où l'on est "potes et collègues", parfaite en apparence, Kikka retrace après l'arrivée d'un nouveau directeur, la descente aux enfers, l'épuisement, la traversée du désert mais surtout la guérison et la résilience.  

Un livre qui résonne encore très fort en moi tant le propos a fait écho. Dans cette époque où tout est compté, où les indicateurs nous pilotent,  dans cette courses effrénée aux résultats, armée de mon seul désir de bien faire comment ne pas être profondément émue par l'histoire de Clothilde.  Comment tenir le cap, comment se relever après un burn out, comment partir au bon moment ?  

Et les autres, les collègues, les amis, la famille, le médecin du travail, quels sont leurs devoirs : informer, alerter, réparer ? Impuissants parfois, planqués par confort quelquefois, ou terrorisés aussi, aveugles ou aveuglés. Tout est très justement abordé et particulièrement bien écrit. Car oui, à aucun moment on a le sentiment de lire Psychologie magazine ou  un livre de développement personnel. C'est de la littérature : les mots sonnent juste et fort.

Je n'ai qu'une envie: rencontrer l'auteur lors de son roadtrip en van pour lui faire dédicacer mon exemplaire. 

https://kikkaauteure.fr/


Ensemble, on aboie en silence

Je préfère ne pas

Merci à ce très cher pharmacien romantique qui se reconnaitra pour ce nouveau conseil littéraire.

C'est en cherchant les autres ouvrages de l'auteur que j'ai réalisé que Monsieur Schifres faisait partie des classiques familiaux. J'ai toujours vu trainer sur l'étagère de la bibliothèque paternelle ou celle des petits coins le "Nouveau dictionnaire des idées reçues, des propos convenus et des tics de langage ou Le dîner sans peine. Adolescente je ne comprenais pas toujours tout, mais j’aimais l’érudition de l'auteur et le cynisme ambiant. 

Adulte, je ne comprends toujours pas tout ...mais qu'importe. C'est stimulant pour l'esprit, c'est vif, malin, bourré de références littéraires (qui m’échappent parfois avouons le!). Dans cet opus, Schifres nous dépeint le "comment ne pas" ou "théorie de l'évitisme". Certains y verront un auteur un peu réac, qui refuse la modernité et le progrès, se complait dans un autre temps. Ce temps où le journal se lisait sur du papier et où le téléphone ne vous informait pas du taux actuel d'humidité à Singapour. C'est un peu vrai mais c'est très drôle.  

 L’achat du téléphone qui ne fait que téléphone est hilarant

Je vous laisse découvrir :  "L’appareil, avec son clapet à l’ancienne, m’a donné satisfaction jusqu’au jour qu’il est tombé dans un bol de punch. Le rhum a tout englouti, mes adresses, mes messages d’amis morts. À mon grand soulagement, j’ai retrouvé ma vendeuse. Elle se souvenait de moi comme de l’homme qui a autre chose à faire que de se simplifier la vie. Elle m’a invité à m’asseoir sur un de ces hauts tabourets sans dossier qui donnent immédiatement envie de rester debout. Munie d’une torche électrique, elle s’est absentée un long moment, sans doute à la cave, d’où elle a remonté mon modèle sino-suédois.En passant le chiffon sur la boîte, elle ne m’a pas caché qu’il y avait, dit-elle, « un petit hic ». Frappés du syndrome Marks & Spencer, les Sino-Suédois n’avaient su s’interdire d’ajouter un bonus : la météo. « Vous pouvez l’installer comme fond d’écran », m’a-t-elle consolé. « Si ça ne vous fait pas trop de souci », a-t-elle ajouté. Rentré à la maison, j’ai affiché Paris. Un soleil est apparu derrière un nuage, et la mention Paris : - 3°C. Nous étions en juillet, sous une pluie d’orage. J’appris en consultant le menu qu’il y a d’autres Paris que Paris. Le Paris grouille. Le Paris pullule. Ontario, Ohio, Mississippi, Pennsylvanie, Oregon, Indiana ont la chance d’héberger cette créature légendaire : la Parisienne. Le Paris que j’avais capté par hasard est un gros bourg de l’oblast de Tcheliabinsk, dans l’Oural. On y admire une tour Eiffel au 1/15 e. Par ailleurs, le 13 février 2013, à 9 h 20 heure locale, une météorite de 13000 tonnes a explosé dans le coin. Ils l’ont appelé le Superbolide, un nom d’un modernisme désuet, voire nunuche, comme les aimaient les Soviétiques. Le hic, comme dirait ma vendeuse : je n’ai pas trouvé le moyen de chasser ce Paris de mon écran. J’ai décidé de l’adopter, comme un chien perdu dans les solitudes glacées du cyberespace. Après tout, le temps est à chacun. Ne dit-on pas : Alors c’est votre temps ? À l’instant que j’écris, il fait - 27 à Paris, sous un ciel sans nuages. Un verre de thé serait le bienvenu".

L'art de perdre

Mais comment avais-je pu passer à côté de ce chef-d’œuvre ? Acheté il y a neuf ans, au moment de sa sortie, il m’était littéralement tombé ...