16 novembre 2014

Respire

Est-ce le contexte : des critiques presse quasi-unanimes, une bande-annonce rythmée, une salle avec plus de 30 personnes? Je m'attendais à aimer, à en ressortir chamboulée, retournée. Au final, j'en suis sortie mitigée. 

Mélanie Laurent nous raconte avec froideur et esthétisme un drame sur une relation amicale qui va virer à l’enfer. En 1h32, elle radiographie la relation pervers narcissique au travers de l'histoire de deux adolescentes de terminale: Sarah et Charlie. 

Commençons par les points forts: les actrices, sublimes (l'adolescence en oublie certaines parfois). Joséphine Japy et Lou de Laâge, aussi brillantes l'une que l'autre. La proie, brune, douce semble attirée comme un aimant par la sulfureuse Lou de Laâge, fascinante, magnétique et perverse. 
Mais je n'ai jamais été emportée, sûrement car l'identification en ce qui me concerne est impossible. Ni proie, ni victime, je cherchais en vain à quoi/qui me raccrocher. Je crois que celle qui me ressemblait le plus c'est l'amie d'enfance (Victoire), abandonnée par Charlie pour la fascinante Sarah. Mes années de terminale ressemblaient-elles a cela ? Vous citiez Nietzsche en terminale, vous lorsqu'on vous interrogeait sur la passion ? Mes vacances de la Toussaint n'étaient jamais peuplées de bellâtres, d'infusion basilic-abricot, ni de mobile-home en bord de mer. 
Reste que le film est résolument esthétique : l'image est léchée, la réalisation froide, brumeuse, parfois glaciale, parfois à la limite de l'artifice. 
Enfin, peut-être pour en faire un film plus intemporel sur le pervers narcissique (on en parle beaucoup ces dernières années mais ils ont toujours existé), Mélanie Laurent ne "date" jamais son propos. Sommes-nous bien en 2014 ? Ouùsont les iPhones, Twitter et autres Facebooks. A l'heure actuelle quand on sait avec quelle facilité on peut détruire quelqu'un en quelques clics (une vidéo compromettante, des photos, voila une réputation salie), Mélanie Laurent l'oublie (délibérément ?).
Malgré tout, et c'est le point fort du film, brillent deux actrices...

12 novembre 2014

Marie Heurtin

Lovée dans mon grand fauteuil, dans une salle vide (hélas) j'ai apprécié un film tout en pudeur et esthétisme. 
Avec une grâce certaine,  Jean-Pierre AMÉRIS (réalisateur des "émotifs anonymes")  nous raconte une histoire vraie, celle d'une rencontre. Rencontre incroyable entre deux êtres, Marie, une jeune sourde et aveugle et Marguerite, une sœur, à la santé fragile, d'un pensionnat de jeune filles. Nous sommes à la fin du 19ème, Marguerite (parfaite Isabelle Carré) recueille cette gamine dont personne ne veut, indomptable,  sauvageonne, qui ne peut communiquer. À force de patience, de tendresse, de gestes répétées, elle lui apprend à signer des concepts les plus simples aux plus complexes (Dieu, la mort...) mais aussi à vivre en collectivité. Le réalisateur s'attarde sur ces gestes d'une infinie délicatesse entre ces deux êtres, sur la force du lien, sur des caresses pour se connaître, se reconnaître. 
Vraiment beau. 
Une fois n'est pas coutume, c'est foule! (ceci dit, c'est novembre, c'est mercredi, un petit ciné de province...)

9 novembre 2014

Une nouvelle amie

de François Ozon, avec Romain Duris, Anaïs Demoustier, Raphaël Personnaz

J'aurais pu vous mettre la jolie affiche du film, mais je tenais aussi à vous faire partager le charme des cinémas limougeauds pour ce premier vrai et officiel week-end à Limoges:)
















Le film : le dernier de François Ozon, vu dans une salle dont la moyenne d'âge avoisinait les 67 ans (on n'a pas causé "mariage pour tous" à la sortie !)
Le pitch:  Claire et Laura sont deux amies d’enfance, unies à la vie à la mort. Au décès de Laura, Claire a promis, elle veillera sur sa filleule Lucie et le papa David.
Sauf que, Claire découvre que  David s’habille en Laura : "Virginia" voit le jour. Claire aux cotés de cette nouvelle amie, redécouvre sa féminité, son corps et ses désirs. Pulsion, désir enfoui, ambiguïté, sexualité refoulée, le spectateur s’interroge au fur et a mesure que l'attirance grandit entre les deux "femmes". 
Mon avis: chef d’œuvre ou pas qu'importe ! Une chose est certaine, le film questionne et bouscule le spectateur, car tout est troublant* dans ce film, son propos, sa réalisation, son ton et ses acteurs: époustouflants. Duris est incroyable en travesti, plus femme que jamais sous sa perruque blonde, perché sur ses talons et épilé à la cire. "C'est dur d’être une femme", lui balance Claire. A qui le dit-elle.
Anais Demoustier confirme (avait-on encore des doutes ?) qu'elle est une très grande actrice. Elle incarne avec une force incroyable cette Claire, amie de l'ombre, aux désirs enfouis et à la féminité vaguement oubliée. Quant à la réalisation, elle nous emmène au milieu de références cinématographiques que je ne vois en général jamais (je les découvre a posteriori en lisant le critiques) entre Almodovar, Hitchckock, bercée par Nicole Croisille "Et pour la première fois, je me suis enfin sentie : Femme, femme, une femme avec toi. Femme, femme, une femme avec toi.

J'aimerais bien vos avis.
* oui, M, "troublant"!


2 novembre 2014

Mommy


De Xavier Dolan: petit prodige du cinéma!
Rares sont les films qui vous font passer par tant d'émotions en l'espace de 2 heures. J'ai chanté sur Céline Dion, pleuré aussi beaucoup sur Vivo per Lei (sic), retenu des larmes d'émotion, ri parfois et en suis sortie totalement chamboulée.
L'histoire est troublante: Diane, une veuve forte, libre et exubérante récupère son fils Steve à l'hôpital psychiatrique.  Elle veut le ramener à la maison, recréer un cocon, élever ce fils hyperactif, à tendances autodestructrices. Pas facile! Entre crises de nerfs, violence, et tension, l'équilibre semble impossible. Puis survient l'énigmatique voisine d'en-face, Kyla, enseignante en congé sabbatique. Dans ce gynécée, ce cocon de mères, Steve va retrouver une forme de stabilité, réapprendre à vivre, en tous les cas, dans un premier temps.   
Pendant tout le film, je me disais "c'est un bijou": tout est admirable entre tension, tendresse et humour. D'abord le jeu des deux actrices Anne Dorval et Suzanne Clément. L'une est épatante en mère épuisée, un peu vulgos mais dont l'amour transpire par tous les pores; l'autre, la voisine est incroyable de sincérité dans son bégayement, sa pudeur, sa timidité. Face à ces deux monstres féminins, chapeau au jeune Antoine-Olivier Pilon qui s'impose.
Et, cette façon de filmer, tellement mature et originale à la fois: chapeau Monsieur Dolan.

La femme parfait est une conasse (tome 2)

Le 1er tome avait eu le mérite de me faire rire; je l'avais même allègrement offert aux copines+collegues ! Voila que les jumelles recidivent avec un tome 2 qui fait du bien un dimanche de pluie...


21 octobre 2014

Le sermon sur la chute de Rome

Merci LB pour ce bien joli cadeau que je n'aurais JAMAIS lu sans TOI! 
C'est un livre au titre un peu repoussant, enfin en ce qui me concerne. La Rome antique, Saint Augustin, la religion, rien qui ne me ferait retourner le livre pour en lire la 4ème de couverture ! Et, surprise, un jour, il arrive, par la Poste, envoyé par une amie chère. Je me jure de le lire, LB me l'a présenté comme un livre fort, un roman de génération, bien écrit. Et, en effet, c'est un vrai grand et beau roman. Un de ceux qui vous prend aux tripes par son sujet, son écriture, ses personnages! Matthieu, Libero, Aurélie, Marcel...tous m'ont embarquée dans leur chute. Le personnage Aurélie, forte et lumineuse sœur, dont l'attachement à la famille est troublant et interroge sur l'éloignement. Seule le dernier chapitre, un peu lourdingue, trop littéraire et pompeux ne m'a pas emballée.

19 octobre 2014

Geronimo

Geronimo c'est le nom d'une éducatrice qui se bat pour maintenir un semblant d'équilibre dans une banlieue que je n'ai jamais réussi à situer. Cet équilibre se rompt lorsque Nil, sublime turque, échappe au mariage qu'on lui impose pour s'enfuir avec un jeune gitan dont elle est éperdument amoureuse. Les deux clans, les deux familles vont alors se déclarer la guerre dans une version moderne, dansante et musicale de Roméo et Juliette. Devant ce pitch plutôt alléchant et des critiques enthousiastes, je fonce. 
Bilan: comme dirait l'autre, je suis passée totalement à côté de ce remake shakespearien. Je me suis profondément ennuyée entre des scènes de combats dansants et les tendres scènes de retrouvailles de notre Juliette turque et son Roméo gitan. 
Reste la prestation de Céline Salette particulièrement sensible. 

15 octobre 2014

Flore

Le contexte est le suivant, mardi soir, 14 octobre, dernier jour à l'affiche, séance à 22 h pas de séance avant si ce n'est à 16 h. Je VEUX le voir, je sens qu'il faut le voir (ce qui explique que je suis allée à la projection de Samba à 19h30 histoire de tenir jusqu'à 22h) et j'ai bien fait. Il y a des œuvres qui retournent, qui vous touchent pour longtemps, vous coupent le souffle, Flore en fait partie. 
Flore c'est un documentaire, sublime et violent de Jean-Albert Lièvre, sur la maladie d'Alzheimer qui raconte l'histoire d'une descente aux enfers puis d'une renaissance. Flore c'est la mère du réalisateur, artiste peintre aux racines corses chez qui l'on diagnostique une maladie d'Alzheimer en 2004. Elle est initialement placée dans une institution dans laquelle elle passe des journées sans repère entre apathie et agressivité, gavée de neuroleptiques et anxiolytiques puis dans une seconde institution, où la descente aux enfers se poursuit: Flore maigrit à vue d’œil, ne marche plus, va mourir. Ses enfants refusent cette mort annoncée et font le choix d’installer leur mère dans sa maison de Lumio, en Corse où Jean-Albert va s’établir entouré d'êtres exceptionnels: l'infirmier, Philippe, la tibétaine Tsomo, le kiné. Et, jour après jour, Flore, remonte la pente, revit, renaît (au sens propre du terme).  Pendant toute la projection j'oscillais entre rire, sourire et larmes, émue par tant d'humanité, de patience et de générosité, fascinée par les massages tibétains de Tsobo (qui sont une autre forme d'expression), les petits plats épicés, les ballades avec Philippe, les odeurs qui transperçaient l'écran : celles de la mer, des châtaigniers, des tubes de peinture.
J'en suis sortie chamboulée avec l'envie de crier "courrez-y" (nous étions 9 dans la salle de 500 places de mon UGC préféré).
La bande-annonce est la.




14 octobre 2014

Samba

Ou "Intouchables 2"
Film à très gros budget/gentillet/politiquement correct/plein de bon sentiments/avec une ribambelle d'acteurs bancable...qui m'a néanmoins fait plutôt marrer!
 

Tu veux ou tu veux pas

Après un dimanche entier à préparer un cours sur les médicaments du SNC (Système Nerveux Central), j'avais besoin de mettre le mien au repos. Nous optons donc pour la nouvelle comédie de Tonie Marshall, comédie sentimentale de barrière que la presse méprise. Je ne m'attends à rien sauf à maudire le corps de rêve de Sophie Marceau.
L'histoire c'est celle de Judith, nymphomane qui se fait embaucher dans un cabinet de thérapie de couple avec pour seul diplôme la hauteur de ses talons et le galbe de ses seins. Elle y travaille aux côtés de Lambert (Patrick Bruel), ex sex-addict en phase d'abstinence inscrit aux Sex addict anonymes, qui lutte au quotidien pour ne pas lui sauter dessus. On sent que ca le travaille pourtant!!
Le résultat est moyennement convaincant, pas franchement hilarant mais moins raté que prévu. Sophie Marceau minaude sur un scénario maigrelet, nous déballant ses jupes crayons, ses chemisiers prets à exploser et ses talons hauts! Oui, elle est sublimement sexy (c'est agacant!). Bruel fait du Bruel, plutôt pas mal d'ailleurs. Francois Morel est encore aller se fourrer dans une étrange galère que je vous laisse découvrir.
Pendant toute la séance, j'ai eu l'impression d'avoir vieilli (grandi??): La boom (opus 1 et 2) sont loin et mon premier concert de Patrick aussi! Reste que je ressortais de la salle plutôt détendue, avec une certitude : il est plus que jamais l'heure que je mette mes talons, c'est diaboliquement glam'. 

12 octobre 2014

Sherlock (merci Fabfab)

Dans la famille séries, je suis plutôt branchée "format plutot court", "girly" et "américain". Mes series cultes s'appellent friends, sex and the city, HIMYM, girls, scrubs, new-girl ou les series médicales (d'Urgences à Dr house, en passant par Grey's Anatomy). Autant dire que la serie anglaise, masculine, format 90 min, sans histoire d'amour, c'était risqué! Et pourtant j'ai vraiment accroché! Merci Fabfab pour ce parfait cadeau d'anniversaire. Sherlock c'est moderne, vif, ingénieux et plein d'humour. Les épisodes s'inspirent des aventures de Conan Doyle mais transposées dans un Londres 2014, où agit un Sherlock, égoïste, prétentieux et irrévérencieux) accompagne de son fidèle acolyte (mon chouchou!) Bref, allez-y, c'est fort bien. 
NB : Fabfab, j'ai renoncé à la VO non sous-titrée, il pense trop vite le Sherlock!

11 octobre 2014

Les avis de films à rédiger

je m'y attelle, promis...
  • Gemma Bovery
  • Papa was not a Rolling Stone
  • Elle l'adore

Lou, journal infime

Ajouter une légende
Inspiré d'une BD pour petites filles, c'est l'histoire d'une gamine de 12 ans, qui vit avec sa mère, l'étrange Emma (Ludivine Sagnier) dans un appartement outrageusement kitsch. La jeune Lou se construit au milieu de ses copines, espionne son petit voisin Tristan et rêve d'une rencontre amoureuse pour sa maman lunaire. Voilà que le voisin, guitariste/berger s'installe sur leur pallier... Parfait pour votre petite nièce/cousine/filleule de 7 à 13 ans. Pour les grands, disons que c'est vintage, un peu barré et allègrement coloré. Quant à ma sieste, je vais la mettre sur le compte du décalage horaire.

7 octobre 2014

Complètement cramé

De Gilles Legardinier, l'auteur de "Demain, j'arrête"
C'est une histoire simplette, bienveillante (niaise, diront certains)  parfaite pour un trèèèèèèèèès long trajet en avion. Parce que, même si j'ai soigné mon aérodromphobie, lire pendant le turbulences, faut pas que cela dépasse sujet/verbe/complément.  L'histoire c'est celle du très gentleman Andrew Blake, qui, sur un coup de tête, plaque son Angleterre natale et sa société pour se faire engager incognito comme majordome en France. La-bas, il rencontre Odile, la cuisinière au caractère bien trempé, la jeune Manon, Philippe le régisseur, Mme De Beauvilliers et bien d'autres. Dans ce petit roman, il est question du chat Méphisto (chat thermostaté), d'amitié et de solidarité, de bagnoles réparées et d'aventures humaines un peu à la façon "Barbara Constantine". 
Bref, c'est comme les plateaux repas dans l'avion: ni bon ni franchement mauvais, ça passe le temps et  ça s'oublie vite à l'atterrissage ;)

L'art de perdre

Mais comment avais-je pu passer à côté de ce chef-d’œuvre ? Acheté il y a neuf ans, au moment de sa sortie, il m’était littéralement tombé ...