29 mai 2019

Les yeux couleurs de pluie

Comme une envie de roman de minette! Celui-ci me faisait de l’œil et j'avais envie de connaître les prémices de l'histoire d'amour entre Matthieu, interne en chir' et la jeune neurologue en devenir, Marie-Lou , rencontrés quelques mois plus tôt dans "Etre mes doigts coule le sable". En avant pour le 1er tome donc ...où tout commence.
On y retrouve les personnages, plus jeunes, plus naïfs, plus culculs aussi : Marie-Lou débarquant en Bretagne (la pluie, les yeux, bref...tu vois le concept) de ses montagnes, en mode Martine ... Marie-Lou découvre les joies de l'internat, Marie-Lou va à son premier  tonus,  Marie-Lou doit dessiner un sexe pour une fresque murale et Marie-Lou enchaîne les nuits de garde. C'est un peu couillon. L'énigmatique Matthieu est on ne peut plus énigmatique:  genre je saute sur tout ce qui bouge mais j'effleure la douce Marie-Lou au 14e rencard.  Leur reniflage de derrières, assaisonné à la crêpe bretonne ça va 5 minutes.  Bref, on accordera la moyenne à ce tout petit roman pour un trajet en train (avec rhume en plus) mais difficile de le recommander sur le plan littéraire...

23 mai 2019

Changer l'eau des fleurs

Une fois de plus sous le charme de l'écriture de Valérie Perrin qui m'avait déjà ravie avec "Les oubliés du dimanche". Bis repetita. 
Il m'aura fallu moins d'une semaine pour terminer les presque 700 pages de "Changer l'eau des fleurs". Pour faire taire d'emblée les amateurs de lectures sibyllines et autres romans tortueux : passez votre chemin, c'est tout sauf prise de tête ! "Feel good book" diront certains: oui et non. Avant de vous expliquer pourquoi, posons les bases... 
Violette Toussaint est garde cimetière (quand on s'appelle Toussaint, ça aide!) : une reconversion professionnelle pour cette ancienne garde barrière (oui, les barrières de passage à niveau c'est plus très à la mode alors que garde cimetière, c'est pérenne comme job). Autour de Violette gravitent des morts (et leur famille) dont elle s'occupe avec un infini respect et surtout des vivants...Philippe, l'ex mari, les fossoyeurs, le Père Cédric, le curé, un avocat tombé du ciel, et des animaux (des chats notamment). Si la vie de cette gardienne de cimetière est désormais agréablement rythmée par les cérémonies, la compilation dans un carnet de chaque enterrement, le nettoyage des tombes, on comprend au fil des pages que le passé n'a pas été simple. Comme dans "Les oubliés du dimanche", le secret pointe son nez et vient donner un vrai rythme à l’histoire avec des retours en arrière, des êtres qui se dévoilent et une vérité parfois dure.
Alors, oui, à plusieurs égards : c'est clairement un roman positif, où se croisent des personnages croqués avec tendresse et des situations peintes avec délicatesse...mais non parce que ce serait réducteur! Chaque personnage laisse au fil des pages, entrevoir un passé plus ou moins complexe, des fêlures et l'espoir d'une incertaine reconstruction (résilience ?) finale,  pas si habituelle dans les classiques "pages turner estivaux".

Enfin, merci à Valérie PERRIN de m'avoir fait redécouvrir un poème de Jacques PREVERT incroyable ... 
Un village écoute désolé Le chant d'un oiseau blessé C'est le seul oiseau du village Et c'est le seul chat du village Qui l'a à moitié dévoré Et l'oiseau cesse de chanter Et le chat cesse de ronronner Et de se lécher le museau Et le village fait à l'oiseau De merveilleuses funérailles Et le chat qui est invité Marche derrière le petit cercueil de paille Où l'oiseau mort est allongé Porté par une petite fille Qui n'arrête pas de pleurer Si j'avais su que cela te fasse tant de peine Lui dit le chat Je l'aurais mangé tout entier Et puis je t'aurais raconté Que je l'avais vu s'envoler S'envoler jusqu'au bout du monde Là-bas où c'est tellement loin Que jamais on n'en revient Tu aurais eu moins de chagrin Simplement de la tristesse et des regrets Il ne faut jamais faire les choses à moitié

23 avril 2019

La chambre des merveilles

Une couverture kitch au possible, une 4e de couverture un poil tire-larmes, et pourtant : un joli moment de lecture...
La critique demain !

Une folie passagère

Il m'aura fallu moins de 24h pour lire ce sympathique concentré de bonne humeur de Nicolas Robin dont j'avais beaucoup aimé le précédent roman "Roland est mort". Ici adieu caniche et célibataire endurci,  embarquement Porte A avec Bérengère, 40 piges, chignon banane, escarpins cirés et tailleur turquoise. Décollage immédiat avec celle qui (et c'est elle qui le dit), fait du ciel le plus bel endroit de la terre !
Sauf que sa terre à elle est loin d’être un paradis ! Pas d'amant (ou alors, goujats et/ou éphémères), pas d'enfants, une mère insupportable, pas même de chat à qui laisser des messages lorsqu'elle quitte le plancher des vaches.  Dans le ciel c'est aussi compliqué mais elle a l'habitude et dans sa petite robe saillante, elle  enchaîne, jus de tomate, bretzels, sourires, sacs à vomi, re-sourires, mots rassurants, champagne...entourée de collègues en turquoise parfois pénibles. Jusqu'à ce fameux vol raté pour  Cancoon, direction Winnipeg, un bled perdu du Canada avec dans sa micro-valise,  une chemisette et un maillot. C'est le point de chavirement, le looping de sa vie! Adieu bienséances et conventions...Bérengère va enfin cesser d’être une simple passagère dans le Boeing de sa vie.
Au total, une agréable entrée en matière dans un long weekend de Pâques.  Ça se lit comme on mange un petit œuf en chocolat de Pâques, savoureusement et sans culpabilité.

14 avril 2019

Glacé

Un bon thriller francais, qui mêle psychologie, personnages attachants et frissons au cœur des pyrénnées.

Petit pays

Quel roman, quelle œuvre à la fois de restitution historique et politique du conflit tutsi/hutu... et de poésie avec ce regard d’enfant.

31 mars 2019

Les impatients

Reine a 32 ans, un parcours sans fautes, un CV à faire pâlir, un boulot à responsabilités, un mec trié sur le volet, fraîchement cueilli sur un banc d’HEC,  des talons hauts, des blouses en soie ...
Promise à une ascension fulgurante, Reine décide pourtant de tout plaquer. Pour un scientifique docteur es algues bretonnes. La voilà qui se lance dans l’algue et ses vertus bobo-bio-thérapeutiques ! 
Tout est magnifiquement orchestré dans ce roman : une écriture dingue de modernité, de cynisme, un récit troublant, vif, drôle à souhait. Ça va vite, c’est ingénieux, et nous lecteur admiratif on ne peut que se régaler à chaque page. A même pas 40 ans, on envie le talent d’écriture de Maria Pourchet, cette idée fascinante de placer le lecteur en observateur de ses personnages, d’ambitieux millenials. Vous êtes tour à tour, Etienne, Pierre, Reine...vous vous régalerez de leurs travers, leurs contradictions, leurs faiblesses, sous le regard drôle et féroce de la narratrice. On en voudrait 200 pages de plus. A plusieurs reprise, je secouais mon voisin de lecture pour lui lire tout haut des paragraphes mordants tant je voulais partager la puissance du récit. 
Quel roman! Sans doute une de mes plus intrigantes lectures ces derniers mois. 

Le livre des Baltimore

Une fois de plus je ressors d'un roman de Joël Dicker avec une impression mitigée et la certitude que je ne serai pas capable de vous parler de ce livre dans un an!  C'est comme la brasserie de la littérature : honnête, bon rapport qualité/prix mais oubliable et sans originalité. 
Ça se lit tout seul, pas besoin de mobiliser trop de neurones, on s'attache aux personnages et à leurs caractères bien trempés. On retrouve avec plaisir Marcus, l’écrivain dont nous avions fait la connaissance dans  La Vérité sur l'affaire Harry Quebert. Ajoutez à cela un soupçon de nostalgie très personnelle puisque Baltimore et l’hôpital Johns Hopkins rythmèrent mon quotidien pendant un an... Et pourtant, en refermant le livre, pas d'euphorie, pas de quoi crier au génie, ni au chef d’œuvre. Le simple sentiment d'avoir englouti une chronique familiale rondement mené, ou s’entrevoient rivalités fraternelles, jalousies et amours contrariées.


16 mars 2019

La mule

Clint Eastwood signe un film élégant, paisible et non dénué d'humour.
Il y incarne Earl, vieil homme aimable, entouré, passionné par les fleurs,  grand-père aimant.
Tout est plus compliqué avec sa femme et sa fille, qui le boudent depuis des années se sentant abandonnées au profit de sa passion horticole. À près de 90 ans, Earl qui se retrouve brutalement à sec, accepte (sans initialement réaliser) de transporter des cargaisons dont il ignore le contenu. Quand il découvre qu'il est un passeur, il poursuit malgré tous ses missions avec son charisme inégalable, ses airs de papy innocent, devenant une mule hors paire. Solitaire dans son pickup, bercé par une musique d'un autre temps, il traverse les Etats-Unis.  Même le (fort) charmant Bradley ­Cooper, l'inspecteur en charge de démanteler le réseau ne parvient pas à déjouer le stratagème. En filigrane, évidemment, des questions...Qu'y a-t-il au bout des kilomètres, de ces nuits de solitude dans des motels impersonnels, ces cafés dans des diners typiques pour notre Clint? La rédemption, la pardon et l'apaisement...
Un plaisir des yeux que ce road movie eastwoodien.

Entre mes doigts coule le sable

Mon premier livre de cette auteur, Sophie Tal Men, fut englouti en 48 heures. Commencé dans le train vers les vacances, il m'a rapidement emporté dans un hôpital breton, au cœur des services de neurochirurgie et de psychiatrie avec Marie-Lou et Matthieu. Ils sont internes, amoureux et exercent une médecine différente.  (NB : Leur externat a fait l'objet du 1er roman de l'auteur, que je n'ai pas lu, "Yeux couleur de pluie").
Marie-Lou est une interne généreuse, altruiste, dévouée à ses patients (sans doute un peu trop). Matthieu, l'interne solitaire vit sur une péniche avec pour compagnon un chien, et traine un passé familial obscur et complexe. Ils s'aiment, s'attirent mais rien n'est simple : peut on s'occuper de la mère de son amoureux, peut-on soigner ses amis ou voisins, ces personnages secondaires attachants.
J'ai aimé la réalisme médical du livre, le ton juste et crédible quand elle décrit les patients, les troubles neurologiques ou psychiatriques. On sent des expériences vécues : alcoolisme, tumeur cérébrale, épilepsie. Pas étonnant, Sophie Tal Men est médecin, neurologue de surcroit. 
Certains (moi la première) diront que c'est un roman facile, sans profondeur, un feelgood book, vite lu vite oublié. C'est indéniable, mais c'est plus agréable à lire que certains Martin Lugand  ou Leidig dont les histoires sont encore plus tartignolles.
Parfait pour quelques heures de vie du rail et une douce entrée dans des vacances !

4 mars 2019

En voiture Simone

Difficile d’être emballée par un livre si léger. Son tort (ou le mien), l'avoir lu après "Fugitive parce reine" qui m'a laissée sans voix, émue par le propos et le style. 
Là, il est question d'une famille, Martine, Jacques et leur 3 fils. Qui dit 3 fils dit 3 belle-filles, aussi différentes qu'insupportables. La végétarienne, la mère poule, la fumeuse. Elles ne sont ceci dit pas épargnées par leur beaux-parents, qui leur mènent la vie dure. C'est plein de bon sentiments, un poil caricatural, pas vraiment drôle et forcement un peu moraliste (aimons-nous, communiquons, tolérons-nous !). Un livre de plage ou de vacances vite lu, vite oublié.  

3 mars 2019

Une intime conviction

Février 2000, Suzanne Viguier disparait. Mort, fuite,  amnésie, crime...Pas de cadavre, pas de trace, pas de mobile non plus. Pourtant son mari Jacques Viguier, professeur de droit à l’université, est accusé du crime parfait, sans preuve.  Il est acquitté à l'issue d'un premier procès mais le parquet fait appel. 
Le film débute avant le procès en appel lorsque  Nora, mère célibataire, chef cuistot, intiment convaincue de l'innocence de Viguier fait appel à Maitre Dupont-Morreti pour défendre Viguier.
Le film est porté par  ses deux grands acteurs : Marina Fois et Olivier Gourmet.
Lui, incarne (et c'est peu de le dire) l'avocat dans toute sa splendeur, orateur hors pair et charismatique. Elle, passionnée se bat, lutte jour et nuit, travaillant sur les écoutes téléphoniques au point d'en oublier sa vie, son fils, son job et jusqu'à se perdre dans sa propre conviction. 
Ils habitent leurs personnages, les scènes de tribunal sont haletantes et parfaitement réalistes, loin des films américains. On y voit des jurés attentifs, des familles meurtries, des juges pas forcement impartiaux, des médias manipulateurs (manipulés?) et des flics sous la coupe de la pression médiatique.
Pendant près de deux heurses, on est totalement happé par ce thriller judiciaire.  Innocent ou coupable la question n'est pas la, la question est celle de la présomption d'innocence et du poids des soupcons et des rumeurs
Un vrai bon film!

24 février 2019

Fugitive parce que reine

Éblouissant!
Comme dirait ma mère: "troublant à quelle point tu peux aimer les romans sur des familles dysnctionnelles "
Oui, surtout quand l'écriture est sublime!

Virus L.V.I3 ou la mort des livres

Une fois de plus, je laisse la parole à C une jeune lectrice passionnée! 

Dans ce livre, vous trouverez peur, angoisse, amour, amitié, tristesse... bref tout mon cours de français quoi! Ce livre est super, il parle d’une écrivaine passionnée de livres... et d’électronique, qui vit dans un monde où la lecture est obligatoire. Les seules personnes qui osent bouder l’heure de la lecture sont les fans d’électronique, ils en arrivent à un tel point qu’ils inventent un virus qui attaquent les livres et les lecteurs ! Le virus fait que vous ne pouvez plus lire normalement, lorsque vous commencer un roman, vous vous retrouvez propulsez DANS le livre, vous êtes le personnage principal. Impossible de lire tranquillement, mais cette chère écrivaine sourde et muette va trouver un moyen de résoudre le problème (et aussi trouvez l’amour de sa vie). J’ai vraiment A-DO-RE ce livre, pourtant je ne suis pas une fan de science fiction, je vous le conseille grandement!!!
À bientôt! C.

27 janvier 2019

Derrière les portes

Un énième retour Montpelliérain, un train d’un autre temps, un compartiment glacial...Voici le décor planté pour attaquer ce roman vivement conseillé par mon amie C. « Tu ne pourras pas le lâcher » me prévient-elle. Et, en effet, dès les premiers chapitres, on est totalement happé par cette histoire conjugale terrifiante. Au fil des pages, on comprend comment le piège s’est refermé sur Grace et on découvre la folie de Jack. "Pervers narcissique" disent certains ...je m'insurge: il est complétement taré ce jeune homme. On assiste impuissant à la captivité forcée, on prie pour que le mari lève la garde ne serait-ce qu’une seconde, on déteste tous leurs amis aveugles et sourds à la détresse de cette femme. Malgré un style classique, un procédé d’écriture ultra conventionnel-alternant passé et présent, des personnages un poil caricaturaux et une histoire parfois un brin rocambolesque, j’ai frémis, à maintes reprises, reposant le livre la peur au ventre. Résultat : 2 jours de frissons, 300 pages dévorées et l’envie de se méfier de ses voisins!

Nos père, nos frères, nos amis. Dans la tête des hommes violents

Je crois que je suis dans une lancée.  Après le livre de Gisèle Pélicot, qui m’a littéralement laissée à terre, j’ai enchaîné avec "Les...