21 novembre 2017

M

C'est lors d'un trajet Montpellier-Limoges à l'aube, le cœur encore un peu ailleurs, que j'ai entendu Sara Forestier présenter son film "M" à ce cher Augustin. Tout me plaisait dans cette histoire, la rencontre entre deux personnages cabossés, la notion de silence amoureux, le fait qu'elle soit librement inspirée de la vie de Sara Forestier et de son histoire d'amour avec un jeune homme analphabète.
C'est donc avec joie que je découvrais que ce film était projeté dans le petit cinéma de mon quartier.
Nous étions 5 dans la salle (oserais-je un "comme d'habitude" ?) et je retrouvais le plaisir de me vautrer dans ses grands sièges rouges.
Le résultat a été à la hauteur de mes espérances, un film puissant, habité,  sans doute très imparfait, et bourré de maladresses mais émouvant.  On y découvre une Sara Forestier sans âge, en ado de 17 ans, qui n'a pas pris l'ombre d'une ride depuis l'Esquive et un Redouanne Harjanne, violent, sauvage et fragile. 
Mention spéciale à la BO et une chanson de Christophe juste parfaite!

15 novembre 2017

Noir dehors

Un livre qui m'a emballée dans sa première moitié puis moins convaincue par la suite devant son caractère hautement "improbable".
C'est l'histoire croisée de 3 personnages, sombres, meurtris dans un New-York paralysé par une panne générale. Il y a Canal, l'enfant abandonné de Chinatown, Simon, l'avocat arrogant et Naomi, la " pute qui n'a jamais vu la lumière du jour" (et sa compagne de toujours Bijou). Si le début est magistral, dans ce  New-York étouffant, et étouffé par une panne générale, la deuxième partie est plus poussive. La rencontre avec les personnages est épatante, enfermés respectivement dans leurs solitudes. On s'attache, on transpire, on s'échappe avec eux jusqu'à Brooklin. Puis, ça patine, on n'y croit moins, devant tant d'improbabilité. On en sort un peu mitigé, mais néanmoins heureux d'avoir croisé  pendant quelques heures, le destin de ces héros malmenés dans une ville que j'aime tant.

5 novembre 2017

Cher lecteur

En ce dimanche soir, à l’heure où Jérôme GARCIN et cie polémiquent sur les ondes de radio France, je laisse la place à mon ami Eric, qui fort enthousiaste après sa lecture, souhaitait la partager et m’offrait ces quelques lignes pour mon blog. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- "Faisant encore une fois la nique à l'utilitarisme ambiant, j'ai passé la majeure partie de ce vendredi allongé sur mon canapé, un plaid sur les genoux - car même s'il ne fait pas encore très froid, le plaid est l'accessoire indispensable à toute lecture automnale qui se respecte - à lire le petit livre (à peine 200 pages) de Georges Picard intitulé "Cher lecteur" (conseil de Jérôme Garcin au dernier Masque et la Plume) paru dernièrement aux éditions Corti et disponible chez votre libraire indépendant préféré pour la modique somme de 17 euros : un foisonnement d'idées, de références (c'est à dire d'envies de lectures prochaines) et des phrases sublimes telles que celle-ci : "Connaître la vie, c'est accepter d'être le nomade impénitent de notre monde intérieur". Vous n'avez certainement pas besoin, lisant le blog d'Hélène, d'être convaincus de la grande nécessité (je n'écris pas "absolue nécessité" bien que j'en sois tenté, car je connais des gens infréquentables qui lisent beaucoup - des universitaires pour la plupart - et d'autres parfaitement fréquentables qui n'ont pas ouvert un roman depuis le lycée - un ami cher et que je considère comme la perle des hommes-) de lire des livres (dans l'idéal pas n'importe lesquels mais c'est un autre débat) pour devenir des êtres humains plus ouverts, tolérants, patients, en deux mots : moins cons. Vous n'avez pas besoin non plus que l'on vous rappelle que la lecture fait de nous, cultivateurs de ces mondes intérieurs que la société marchande tend à détruire, car tel est son intérêt, des êtres humains moins frustrés, capables d'échapper quelques temps par la grâce de la littérature au mouvement de balancier qui nous fait osciller entre l'envie de posséder et l'ennui qui s'installe immanquablement après toute nouvelle acquisition et nous pousse à en désirer une autre. Vous n'avez besoin de personne pour savoir si, comme moi, vous préférez généralement la compagnie des morts à celle des vivants, et redoutez par dessus tout ces "imbéciles qui se croient plus vivants que Proust !". Mais avec ce livre, comme avec tout bon livre (j'entends par bon livre un livre qui nous révèle quelque chose de nous-même : roman, essai, poésie, manuel d'anatomie...), dans lequel Picard nous dit essentiellement, de sa voix chaleureuse, solidaire et intelligente, des choses que nous portons en nous, il s'agit moins d'être convaincu que, très simplement, de se sentir moins seul. Ma lecture achevée, j'ai remis fébrilement "Cher lecteur" dans son emballage en papier kraft et filé jusqu'à la Poste pour l'expédier à un ami, bien vivant et grand lecteur, qui habite à l'autre bout de la France, puis à La Machine à Lire où j'ai acheté, sur les conseils d'un certain Georges, le premier volume des "Papiers collés" de Perros. J'ai commencé à le feuilleter. Je crois que je vais me faire un nouvel ami."

Défaillance de BA Paris

Il y a un an jour pour jour, je me laissais happer par le thriller "Derrière les portes" du même auteur. C’était une lecture fa...