29 septembre 2012

Les Pays

Quel talent! Marie-Hélène Lafon est décidément un grand écrivain! J'avais déjà dit tout le bien que je pensais d'elle après la lecture de son précédent roman: "l'Annonce". Mais là, c'est confirmé!
Tout est beau dans ce livre, le style, le thème, la poésie,  les odeurs transpercent les pages.
Marie-Hélène Lafon raconte l'histoire de Claire, jeune femme qui quitte son Cantal natal, ses meurs, ses silences, ses hivers,  pour "monter" à Paris, où elle va étudier les Lettres Classiques à La Sorbonne. Claire, c'est elle, Marie-Hélène Lafon (lors de la conférence chez Mollat, où j'ai eu l'immense honneur de me faire dédicacer le livre et de l'entendre en parler, nous en lire des extraits, elle explique sa pudeur de dire "je", préférant se cacher derrière le personnage de Claire...). Sous la forme d'un roman brut, aux mots si "choisis", aux phrases travaillées, elle décrit cet arrachement à sa terre, aux siens. 
Elle nous raconte en trois volets l'histoire, la sienne, étudiante besogneuse plongée en milieu inconnu: Paris! Le livre est empli de métaphores pour illustrer la plongée en ses mondes parfois hostiles, entourée d’étudiants, bourgeois et cultivés, de rencontres d’êtres précieux (Lucie notamment) qui l'initieront à Flaubert, la musique, la peinture. La boursière qu’elle est, va s'employer à tout avec la même assiduité que celle de la traite des vaches pour acquérir cette culture, ces connaissances, s'intégrer. Des cours de grec ancien à son job d'été dans une agence bancaire, elle ne lâche rien.
Elle mettra un an avant d’oser acheter un nouvel habit, presque une folie : un pantalon rouge.  "Elle avait vu ce pantalon en vitrine, dans un magasin du boulevard. Il était à la mode. Les filles dans les rues, certaines filles en cours, plutôt celles qui étudiaient les lettres modernes portaient ce genre de pantalon (..). Pour se récompenser, puisqu'elle était reçue, elle pouvait s'offrir le pantalon rouge, elle avait prévu l'argent pour ça (...).
Petit à petit, elle se familiarise à cette ville, ses odeurs, sa vitesse, ses rites...  et oublie peu à peu d’où elle vient. La distance s’installe. Elle rentre rarement au pays, et la famille vient encore plus rarement la voir. La dernière partie, consacrée à la visite de son père à la capitale est à la fois dure et sublime. Alors qu'il visite le Louvre, le paysan qu'il est, perdu dans ce grand musée et sa pyramide en plexiglas ne cesse de répéter "ils sont beaux les sols, ils sont beaux". 
Jetez-vous dessus, c'est sublime.
François Busnel a aimé aussi, voir sa critique dans l'Express.  http://www.lexpress.fr/culture/livre/francois-busnel-a-lu-les-pays-par-marie-helene-lafon_1162862.html

Le nouvel obs' n'aime pas, pfffff!!

2 commentaires:

  1. Je l'ai bientôt fini et je suis totalement d'accord avec toi ! Formidable écriture ...

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    1. J'aimerais tant ne pas l'avoir fini pour prolonger un peu le bonheur de cette lecture ;)

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