8 février 2014

Les rayures du zèbre

Si je m'etais contentée de l'affiche, c'est plutôt le genre de film que je fuis : apparence d'humour lourdingue, un peu raciste, histoire béni-ouioui (pas sûre de l'orthographe). L'histoire c'est celle de José un bon belge, recruteur de jeunes talents du ballon rond africains. L'Afrique il la connaît: comme un blanc, qui recrute. Il s'en moque parfois grassement, collectionne les aventures locales...
Un jour il découvre Yaya, petit génie du foot de 19 ans
"TVA comprise" (comme il dit) et le ramène en Europe. Et voilà la petite comédie qui se teinte de tragédie, Yaya, le garçon des rues qui joue au foot avec des méduses (les chaussures en plastiques pour aller aux crevettes) rentre en belgique, sous la neige. Désillusion te voilà...
Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai  adoré le film mais j'y ai trouvé une lecture fort intéressante des rapports paradoxaux entre l’Afrique et l'occident, les codes sociaux, la morale. 
Plus le film progresse, plus il nous pousse à réfléchir sur ces contrastes, ces dominations parfois ouvertement exprimées, et sur la définition du bonheur et de la réussite. Une scène en est l'illustration parfaite: dans un bâché Gigi, prostituée africaine enceinte de José, traduit à José, les propos d'une voisine de siège à l'air enthousiaste. Jose lui demande pourquoi elle le félicite. Gigi traduit: "elle te félicite d'être un super recruteur": Jose est heureux (enfin). En réalité la femme a félicité Gigi de ce futur enfant. 
Intéressant et emouvant: indubitablement.

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